DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Le pouvoir du sourire

 

 

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                        Le sourire est la manifestation sur notre visage, plus ou moins intense et plus ou moins brève, des moments heureux de la vie, insignifiants soient-ils. La joie, qui le provoque également, peut le compléter par le rire. Selon les personnes, le sourire apparaît plus ou moins facilement, plus ou moins spontanément.

Il se visualise par une prise de forme instinctive du visage, faite pour être vue, particulière, universelle et reconnaissable. Certains muscles du visage se contractent, relevant plus ou moins haut les commissures des lèvres, plissant les joues et allant jusqu’à entrouvrir les lèvres pour le plein sourire - c’est l’opposé de la colère.

Le sourire qui fait l’objet de ces lignes est plutôt celui qui laisse les lèvres fermées, c’est-à-dire le sourire naissant, ou le demi-sourire. Entre Joconde et Bouddha.

La personne qui sourit affiche ainsi l’expression d’un bonheur muet, pouvant être le prélude à la parole enjouée, ou au plaisir qu’elle sent possible.

On peut sourire à l’arrivée odorante d’un plat dont la vue suggère le plaisir du goût.

On peut sourire à un enfant, dont le seul fait d’être suffit parfois à nous mettre en joie.

On peut sourire à une personne aimée, dont la présence nous comble.

On peut sourire à un trait d’humour qui, s’il nous ravit de façon irrésistible, est suivi d’un rire instinctif. Rire qui apparaît, comme le sourire, plus ou moins spontanément selon les personnes.

Rire pour un rien ne valorise pas toujours le sujet aux yeux d’autrui. Ne jamais rire non plus.

Il en va un peu différemment du sourire qui, lui, est rarement de trop, alors qu’on peut regretter son absence chez certaines personnes.

On peut sourire au passage d’une personne, femme ou homme, dont la beauté subjective nous interpelle, on peut rendre un sourire à qui nous sourit, nous soit-il inconnu…etc…

Il y a mille occasions de sourire pour certains, qui sont autant d’occasions pour d’autres de ne pas le faire : le sourire est subjectif et ne paraît pas toujours sous les mêmes conditions selon les personnes.

On le voit, le sourire est plutôt une manifestation de sociabilité, une invite à la convivialité, à la cordialité, à l’amitié, voire au prélude amoureux.

 

Le sourire fleurit plus rarement aux lèvres des personnes seules. La solitude y incite généralement peu, excepté peut-être au souvenir fugitif d’un moment du passé heureux. Il est alors plutôt du domaine du rêve éveillé : à quoi, à qui sourit la jeune fille pensive ?

Il peut cependant survenir au terme d’une action solitaire trouvant un heureux dénouement : le musicien qui, répétant inlassablement sa partition, parvient à l’accord parfait, le dessinateur, le peintre d’art, l’écrivain, l’artisan ou le simple bricoleur, satisfaits de leur œuvre, de leur ouvrage, peuvent, prenant un peu de recul, laisser échapper un bref sourire. Dont ils seront peut-être peu conscients - s’il devait exister.

 

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Il est cependant possible de sourire sans cause : avez-vous essayé ?

Vous allez probablement vous demander pour quelle raison se contraindre à sourire sans motif, et d’ailleurs vous n’en avez pas du tout envie en ce moment. Vous vous demandez simplement où vont mener ces lignes - que vous êtes déjà sur le point d’abandonner.

La raison en est la suivante :

Osons, par la pensée, démonter le mécanisme du sourire, qui va de l’élan de bonheur, ou de joie, vers sa manifestation physique sur le visage.

D’un côté nous avons le bonheur, de l’autre le sourire, sans aucun lien de l’un vers l’autre pour le moment, nous venons de le retirer.

Remontons, erreur d’assemblage volontaire, ce mécanisme à l’envers, contraignant ainsi le sourire à s’afficher en premier, et voyons si une trace de bonheur, même infime, surgit à sa suite, en sens contraire de ce que nous connaissons.

Sourions.

Que constatons-nous ?

Nul besoin de hautes études en psychologie pour nous en rendre compte : ça marche, le sourire appelle une sensation heureuse.

À un degré plus ou moins sensible, mais ça marche.

 

Essayons alors de maintenir ce sourire, qui est, nous l’avons dit, un demi-sourire (inutile de le prolonger jusqu’aux oreilles) et essayons de le maintenir le plus longtemps possible. Sans forcer, le reste du corps détendu (nous sommes assis, bureau, cuisine, salon, jardin, automobile, café, transports en commun, banc public, peu importe le lieu). Veillons simplement à n’être pas trop aperçu…

Concentrons-nous, aidons-nous si possible de l’attention à la respiration.

Nous parvenons à prolonger cette agréable sensation : nous nous sentons bien.

Le sourire provoquerait le bonheur.

Les muscles contractés autour de nos lèvres semblent être programmés pour aller de pair avec une sensation heureuse, le sourire passant indifféremment du statut d’effet à celui de cause.

Nous avons interchangé les deux.

Forts de cette connaissance - qui était peut-être déjà vôtre -, il est inutile de préciser que nous l’utiliserons, à l’occasion de quelque état d’âme un peu sombre par exemple.

Pour voir.

Mais nous nous apercevrons que le maintien de ce sourire sans cause, de ce sourire artificiel en quelque sorte, est difficile : il nous échappe et, fait curieux, nous l’oublions et retournons à nos pensées.

Voici qui n’est pas sans rappeler le caractère fugitif de l’observation du souffle lorsque nous méditons, malgré une concentration que nous croyons inébranlable.

Y aurait-il là un lien de parenté avec la spiritualité ?

- Peut-être, en tout cas cela démontre l’inconstance de notre mental, qui, là aussi, n’en fait qu’à sa tête, efface notre sourire de lui-même et nous rappelle à lui. Il a des pensées à nous proposer, qu’elles nous plaisent ou non.

Peut-être s’est-il aperçu que, partis vers un instant présent de quiétude où il n’était pas convié, il était urgent de nous ramener sur le droit chemin qui conduit directement… à lui.

Et à personne d’autre.

On ne lâche pas le mental comme ça.

Le mental dispose d’un ego musclé, et pour nous punir de cet affront, il va, que cela nous plaise ou non, nous injecter des pensées désagréables. Voilà !

Obstinés nous aussi, recommençons à sourire sans cause… cela fonctionne derechef.

 

 

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Mais désormais, même si nous tenons toujours compte de son discours quand il est utile à notre vie (c’est le plus souvent le cas, heureusement), nous ne prenons plus les pensées dont nous afflige le mental avec le même sérieux, nous avons une arme nouvelle : le sourire.

Qui nous ramène à un heureux calme intérieur.

Au nez et à la barbe du mental.

Et nous pourrons désormais inclure, si nous la pratiquons, le sourire à notre méditation. Avantageusement.

 

 

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JCP 03/2020