12 mars 2020

Le pouvoir du sourire

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Le pouvoir du sourire

 

 

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                        Le sourire est la manifestation sur notre visage, plus ou moins intense et plus ou moins brève, des moments heureux de la vie, insignifiants soient-ils. La joie, qui le provoque également, peut le compléter par le rire. Selon les personnes, le sourire apparaît plus ou moins facilement, plus ou moins spontanément.

Il se visualise par une prise de forme instinctive du visage, faite pour être vue, particulière, universelle et reconnaissable. Certains muscles du visage se contractent, relevant plus ou moins haut les commissures des lèvres, plissant les joues et allant jusqu’à entrouvrir les lèvres pour le plein sourire - c’est l’opposé de la colère.

Le sourire qui fait l’objet de ces lignes est plutôt celui qui laisse les lèvres fermées, c’est-à-dire le sourire naissant, ou le demi-sourire. Entre Joconde et Bouddha.

La personne qui sourit affiche ainsi l’expression d’un bonheur muet, pouvant être le prélude à la parole enjouée, ou au plaisir qu’elle sent possible.

On peut sourire à l’arrivée odorante d’un plat dont la vue suggère le plaisir du goût.

On peut sourire à un enfant, dont le seul fait d’être suffit parfois à nous mettre en joie.

On peut sourire à une personne aimée, dont la présence nous comble.

On peut sourire à un trait d’humour qui, s’il nous ravit de façon irrésistible, est suivi d’un rire instinctif. Rire qui apparaît, comme le sourire, plus ou moins spontanément selon les personnes.

Rire pour un rien ne valorise pas toujours le sujet aux yeux d’autrui. Ne jamais rire non plus.

Il en va un peu différemment du sourire qui, lui, est rarement de trop, alors qu’on peut regretter son absence chez certaines personnes.

On peut sourire au passage d’une personne, femme ou homme, dont la beauté subjective nous interpelle, on peut rendre un sourire à qui nous sourit, nous soit-il inconnu…etc…

Il y a mille occasions de sourire pour certains, qui sont autant d’occasions pour d’autres de ne pas le faire : le sourire est subjectif et ne paraît pas toujours sous les mêmes conditions selon les personnes.

On le voit, le sourire est plutôt une manifestation de sociabilité, une invite à la convivialité, à la cordialité, à l’amitié, voire au prélude amoureux.

 

Le sourire fleurit plus rarement aux lèvres des personnes seules. La solitude y incite généralement peu, excepté peut-être au souvenir fugitif d’un moment du passé heureux. Il est alors plutôt du domaine du rêve éveillé : à quoi, à qui sourit la jeune fille pensive ?

Il peut cependant survenir au terme d’une action solitaire trouvant un heureux dénouement : le musicien qui, répétant inlassablement sa partition, parvient à l’accord parfait, le dessinateur, le peintre d’art, l’écrivain, l’artisan ou le simple bricoleur, satisfaits de leur œuvre, de leur ouvrage, peuvent, prenant un peu de recul, laisser échapper un bref sourire. Dont ils seront peut-être peu conscients - s’il devait exister.

 

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Il est cependant possible de sourire sans cause : avez-vous essayé ?

Vous allez probablement vous demander pour quelle raison se contraindre à sourire sans motif, et d’ailleurs vous n’en avez pas du tout envie en ce moment. Vous vous demandez simplement où vont mener ces lignes - que vous êtes déjà sur le point d’abandonner.

La raison en est la suivante :

Osons, par la pensée, démonter le mécanisme du sourire, qui va de l’élan de bonheur, ou de joie, vers sa manifestation physique sur le visage.

D’un côté nous avons le bonheur, de l’autre le sourire, sans aucun lien de l’un vers l’autre pour le moment, nous venons de le retirer.

Remontons, erreur d’assemblage volontaire, ce mécanisme à l’envers, contraignant ainsi le sourire à s’afficher en premier, et voyons si une trace de bonheur, même infime, surgit à sa suite, en sens contraire de ce que nous connaissons.

Sourions.

Que constatons-nous ?

Nul besoin de hautes études en psychologie pour nous en rendre compte : ça marche, le sourire appelle une sensation heureuse.

À un degré plus ou moins sensible, mais ça marche.

 

Essayons alors de maintenir ce sourire, qui est, nous l’avons dit, un demi-sourire (inutile de le prolonger jusqu’aux oreilles) et essayons de le maintenir le plus longtemps possible. Sans forcer, le reste du corps détendu (nous sommes assis, bureau, cuisine, salon, jardin, automobile, café, transports en commun, banc public, peu importe le lieu). Veillons simplement à n’être pas trop aperçu…

Concentrons-nous, aidons-nous si possible de l’attention à la respiration.

Nous parvenons à prolonger cette agréable sensation : nous nous sentons bien.

Le sourire provoquerait le bonheur.

Les muscles contractés autour de nos lèvres semblent être programmés pour aller de pair avec une sensation heureuse, le sourire passant indifféremment du statut d’effet à celui de cause.

Nous avons interchangé les deux.

Forts de cette connaissance - qui était peut-être déjà vôtre -, il est inutile de préciser que nous l’utiliserons, à l’occasion de quelque état d’âme un peu sombre par exemple.

Pour voir.

Mais nous nous apercevrons que le maintien de ce sourire sans cause, de ce sourire artificiel en quelque sorte, est difficile : il nous échappe et, fait curieux, nous l’oublions et retournons à nos pensées.

Voici qui n’est pas sans rappeler le caractère fugitif de l’observation du souffle lorsque nous méditons, malgré une concentration que nous croyons inébranlable.

Y aurait-il là un lien de parenté avec la spiritualité ?

- Peut-être, en tout cas cela démontre l’inconstance de notre mental, qui, là aussi, n’en fait qu’à sa tête, efface notre sourire de lui-même et nous rappelle à lui. Il a des pensées à nous proposer, qu’elles nous plaisent ou non.

Peut-être s’est-il aperçu que, partis vers un instant présent de quiétude où il n’était pas convié, il était urgent de nous ramener sur le droit chemin qui conduit directement… à lui.

Et à personne d’autre.

On ne lâche pas le mental comme ça.

Le mental dispose d’un ego musclé, et pour nous punir de cet affront, il va, que cela nous plaise ou non, nous injecter des pensées désagréables. Voilà !

Obstinés nous aussi, recommençons à sourire sans cause… cela fonctionne derechef.

 

 

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Mais désormais, même si nous tenons toujours compte de son discours quand il est utile à notre vie (c’est le plus souvent le cas, heureusement), nous ne prenons plus les pensées dont nous afflige le mental avec le même sérieux, nous avons une arme nouvelle : le sourire.

Qui nous ramène à un heureux calme intérieur.

Au nez et à la barbe du mental.

Et nous pourrons désormais inclure, si nous la pratiquons, le sourire à notre méditation. Avantageusement.

 

 

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Commencer à méditer :

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JCP 03/2020


07 mars 2020

La méditation : comment commencer

 

MÉDITER

 

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QUI EST LE PLUS HEUREUX ?

 

 

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 MISES À JOUR : 08/03/20, 09/03/20, 19/08/20

 

 

Débuter en méditation

 

La méditation assise (zazen)

 

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Remarques importantes

 

1 : Le plus grand soin a été apporté à la rédaction et à la clarté de ces lignes, cependant : Pénétrer en soi, investiguer son mental de façon mal comprise peut, dans certains cas, s’avérer préjudiciable à des personnes déjà fragilisées, l’enseignement écrit ne pouvant rivaliser avec l’enseignement oral auprès d’un maître authentique, qui saura conseiller.

2 : Privé sur smartphone de son bandeau, son menu et ses deux colonnes latérales, donc de ses commandes et de sa possibilité de navigation, ce blog y devient presque impossible à consulter.

3 : S’agissant de spiritualité, ce mot est, par erreur ou par habitude anciennement imposée, quasi-exclusivement associé à la religion. Le domaine de l’esprit (nommé indifféremment mental ici) n’est pas l’apanage des religions. À l’opposé, la plupart des religions monothéistes écartent la spiritualité de la pratique traditionnelle au profit de la prière, réservant plutôt la vie spirituelle au clergé, aux religieuses et aux moines.

4 : La méditation abordée ici (zazen) est basée sur le bouddhisme zen, simple, proche des origines, très représenté dans notre pays et praticable en groupe au sein de dojos. Le zen, qui ne se réclame d’aucune divinité, peut en outre se superposer à des croyances qui en comportent une sans contradiction.

Les formes de méditation pratiquées dans les autres branches du bouddhisme sont semblables à celle du zen dans leur esprit.

5 : On pourra noter au fil du texte un certain nombre de répétitions, et des phrases de même signification réécrites à peine différemment. Ceci est volontaire. S’agissant d’enseignements écrits, la répétition fait partie du processus d’assimilation.

Il est bien entendu peu approprié de survoler ce texte et, par impatience, de se lancer dans une méditation approchée insuffisamment comprise.

Méditer n’est pas une activité ludique.

6 : Ces lignes, bases minimales pour débuter en méditation, trouveront avantage à être complétées par la lecture attentive (et répétée) des ouvrages suivants, mis à disposition à dessein sur ce même blog :

- Eckhart Tolle : Mettre en pratique le pouvoir du moment présent

- Eckhart Tolle : L’art du calme intérieur

Avec Tich Nhat Hanh, Eckhart Tolle est un auteur spirituel contemporain majeur.

 

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Introduction

 

                              Soit par un phénomène de mode, soit par des résolutions plus profondes venues d’une légitime curiosité, vous êtes décidé.e à pratiquer la méditation.

Vous êtes conscient.e de cette vie intérieure, qui ne se manifeste pas visuellement, mais que l’on peut observer pour peu que l’on y soit attentif. Et vous voudriez la connaître mieux.

Vous êtes conscient.e que le mental, dont nous sommes tous pourvus, outil de réflexion et de résolution formidable à ses heures, nous entraîne parfois vers un cheminement de pensée dont nous nous passerions. Il y a des scories. Et vous vous dites même que, sans ces pensées indésirables qui pénètrent en nous sans y avoir été invitées, nous serions plus sereins, voire plus heureux. D’où viennent-elles d’ailleurs, puisque nous n’en voulons pas, quelle force invisible cherche à nous nuire ? Notre mental, si utile, contrôle-t-il nos humeurs, se change-t-il d’ami en ennemi à son propre gré ? Dans une certaine mesure, oui.

Excepté face à un problème, à une difficulté à résoudre dans l’immédiat, nous ne maîtrisons ni la teneur ni la quantité de nos pensées lorsque nous sommes au repos, seul ou non, dans le silence ou non.

Les pensées prennent naissance en nous, heureuses, joyeuses, neutres, tristes, stressantes, obsessionnelles : le plus souvent nous n’avons pas le choix. Ne vous êtes-vous jamais demandé : « - Comment se fait-il que je pense à ça en ce moment, je croyais avoir oublié ce moment désagréable de ma vie ! ». Et cette pensée, inutile, venue du passé, va s’incruster en nous pour nous déstabiliser, alors que nous étions paisible.

Ou bien des pensées projetées sur un futur proche, autour d’actions à accomplir, d’un rendez-vous vecteur (peut-être) de difficultés, vont nous agresser, nous stresser en nous montrant le côté négatif de ces tranches d’une vie future dont rien n’est certain. Et qui le moment venu, quoi qu’on fasse, se produiront - d’une manière ou d’une autre. Que nous les percevions comme bonnes ou mauvaises, les choses se font. Inexorablement. Et nous ne sommes pas toujours conviés à en changer le cours. Laissons les être. Laissons la vie être.

Le mental nous entraîne donc, le plus souvent, soit vers un passé qui n’est plus, soit vers un futur qui n’est pas encore et qui se réalisera peut être différemment de ce qu’ « on » nous fait penser.

Ces pensées finiront cependant toujours par s’évanouir mais, installées en nous plus ou moins durablement, elles seront parvenues à altérer notre sérénité. Peut-être reviendront-elles même à la charge.

On ne peut, c’est regrettable, leur dire « assez ! » et les voir disparaître d’un claquement de doigts.

Comment faire pour éloigner ces pensées, ou tout au moins s’en protéger ?

- Des expédients existent, ils se nomment hyperactivité, addiction aux sports, aux sports à risque notamment où la pensée n’a pas cours, à l’alcool, aux drogues (remboursées ou non par la sécurité sociale), produits qui, incontestablement, ralentissent le cours de la pensée, voire l’oblitèrent. Le travail excessif pratiqué jusqu’à épuisement, la tabagie, la sexualité obsessionnelle conduisent également à ce ralentissement de la pensée.

Cette atténuation de la pensée, si possible jusqu’au silence mental, semble être très recherchée même si, la plupart du temps, les personnes n’en sont pas conscientes.

Ces expédients-là, il faut le reconnaître, au-delà d’une certaine efficience passagère, ne sont pas la panacée et, insisterons-nous, ne sont pas durables. Ils dégradent notre corps plus ou moins rapidement, sans résoudre nos problèmes intérieurs. Nous les avons simplement écartés pour un moment.

Les moins perspicaces augmenteront les doses, de sport, de travail, d’alcool…etc… Il est inutile de dire jusqu’où cela peut mener.

Il faudrait pouvoir choisir et maîtriser ses pensées. Nous ne laisserions ainsi pénétrer en nous que des pensées positives, agréables, et nous reconduirions gentiment les autres vers la sortie. Sans les froisser (on sait jamais…), comme on reconduit le démarcheur indésirable : - Ne vous épuisez pas davantage, je ne suis pas intéressé !

Ce serait bien.

« Penser moins pour penser mieux ». La formule est plaisante. C’est cela que nous voudrions.

Armés de persévérance, de volonté, de patience et d’attention (retenons ces mots), c’est pour ainsi dire ce que propose d’atteindre la méditation : un peu plus de calme en nous.

 

 

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Méditer, ou demeurer « Simplement assis »

 

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1 – Approcher le calme intérieur

                        

                       Le zen nous dit : méditer c’est s’asseoir. « Simplement assis » est-il dit précisément. On s’attendait à des torrents d’explications, à des phrases complexes, voire obscures ou impénétrables, et voici seulement deux mots dont la banalité déçoit : Simplement Assis.

Ces deux mots (un seul en japonais : « Shantikaza ») disent en effet l’essentiel, étant entendu qu’ils impliquent beaucoup plus que leur simple définition de mots.

Simplement assis : assis et rien d’autre.

Aucune action donc.

Ni action du corps (on est dans une posture fixe et stable). Ni action intérieure (on ne pense pas ou peu, nous verrons par quels artifices).

L’action de respirer demeure fort heureusement autorisée mais, habituellement, elle ne dépend pas de nous. Nous allons laisser la respiration s’établir, un peu plus lente et profonde qu’à l’accoutumée, et, sans la contraindre, nous la laisserons devenir régulière et apaisée. Son rythme peut varier quelque temps, puis se stabiliser.

Simplement assis.

Un rien-faire en quelque sorte, mais un rien-faire attentif.

Attentif à quoi ?

- À notre respiration et à elle seule qui, selon ce que nous avons dit, est la seule chose qui bouge encore en nous. Avec le cœur, dont les battements ne dépendent pas non plus de nous, affairés qu'ils sont à la circulation sanguine.

Corps et respiration stabilisés, observons simplement et uniquement la respiration.

Sans la contraindre ni en changer le rythme, mais en étant conscient en permanence de sa présence, et de tout ce qu’elle implique en nous.

Nous observons l’inspiration, le temps mort qui suit, l’expiration et son temps mort qui nous ramène à l’inspiration et referme le cycle, etc…

Nous laissons travailler la respiration, elle est précieuse. Sans la perturber. Nous ressentons l’air aspiré, puis expiré passer dans nos poumons, notre trachée, d’imperceptibles picotements à l’entrée de nos narines, le thorax et l’abdomen participer à notre maintien en vie par ce souffle vital si bien exploité.

Au fil de cette observation qui, répétons-le, nécessite une grande attention pour se poursuivre, nos pensées vont s’espacer, leur flux se réduire, et nous connaîtrons même des moments de silence mental. Là est la méditation, ancrée dans le moment présent : nous ne pensons à rien, ni au passé ni au futur, seul le présent s’écoule. Sans penser. La respiration. Simplement.

Mais cela ne dure pas !

Le mental, qui n’a pas du tout apprécié cette interruption des communications, nous le fait savoir à grand bruit : il nous injecte de nouvelles pensées qui reviennent à la charge, elles se sont même mises à plusieurs pour nous rappeler à l’ordre qui est : penser, toujours penser. À quoi serviraient-elles sinon ?

« - Comment faut-il te le dire : penser ! » nous hurle le mental, dont la suprématie se trouve menacée. Si on devait ne plus penser, que deviendrait-il ?

Cela semble tourner à un combat incertain. Mais on n’y pense pas, on ne réduit pas le mental en esclave, on peut apprendre à le connaître, connaître ses réactions, ses armes, c’est ce que nous faisons. Sympathiser avec lui ? Non, le mot est trop fort. Composer avec lui peut-être… en tout cas essayer de le comprendre dans son fonctionnement – sans le juger.

Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi ne peut-on persister plus de quelques instants le mental vide ?

- Parce que nous n’avons pas été assez attentifs à notre souffle. Simplement, seulement ça : le souffle !

Il ne reste qu’à reprendre notre processus d’observation de la respiration que le mental, d’autorité, vient d’interrompre. À notre insu complet. Nous étions sur l’expiration (par exemple), et soudain, nous voilà rendus par la pensée en des lieux tout autres, et nous renouons avec nos soucis quotidiens !

On est jamais tranquille !

Reprenons notre observation attentive de la respiration, le nombre de reprises nécessaire jusqu’à parvenir à enchaîner quelques cycles de respiration consécutifs sans penser, mental vide. Peut-être une dizaine, ou moins.

Si compter nous aide, faisons-le mentalement, sur l’expiration de préférence, jusqu’à dix, puis reprenons à un. Ce procédé présente cependant le risque, en comptant mentalement, de nous déconcentrer de l’observation attentionnée du souffle. Le cerveau humain ne fait pas deux choses à la fois, mais balaie sans cesse les deux tâches demandées. À une vitesse folle, certes, mais nous lui faisons courir le risque de s’égarer au cours de cet incessant transfert. Ce qui arrive.

Dès que nous observons la respiration, le plus attentifs possible, nous nous apercevons, étrange phénomène, que les pensées ne demeurent pas : elles pointent le bout de leur nez, et disparaissent d’elles-mêmes sans avoir pu se développer. Notre attention totale n’étant plus dirigée vers elles mais monopolisée sur la respiration, nous ne nous identifions pas à ces pensées, nous ne les faisons pas nôtres et, ne trouvant personne pour les prendre au sérieux et les laisser se développer, elles ne peuvent avoir de prise sur nous. Elles s’évanouissent dès que nous sommes conscients de notre respiration. Entièrement conscients.

Mais attention : à la moindre seconde d’inattention, si nous « lâchons » la respiration (on le fait sans s’en rendre compte, de la même manière qu'on s'endort), les pensées reviennent envahir le mental et se rappellent, impératives, à nous. Il faut alors, rendus à ce point précis, se « raccrocher » sans délai à la respiration, sous peine de nouvelles divagations.

Et il n’est pas rare que, pourtant pleins de bonne volonté, notre attention décroche, et que nous nous apercevions au bout de plusieurs minutes (une éternité !), que nous avons, inconsciemment, sombré dans une nouvelle suite de pensées. Nombreuses, même.

Tout est à reprendre : inspiration, temps mort, expiration…etc.

Il importe de prendre la remarque suivante avec sérieux : ne jugeons en aucun cas ce que nous percevons, nous devons nous comporter en simple spectateur, seulement observer. Rien d’autre. Ne portons aucun jugement sur quoi que ce soit. Juger, conceptualiser ce que nous « voyons » peut nous écarter de la méditation, voire se montrer néfaste.

Dès que nous parviendrons à un résultat significatif (soyons patients, enchaînons les séances de pratique, quotidiennes si possible), ce sera une immense victoire pour nous, et nous nous ouvrirons à la méditation. Peut-être pour toujours, tant le bien-être entrevu nous aura surpris. Notre culture occidentale nous faisant croire que bien-être et bonheur s’achètent - mercantilisme oblige -, découvrir l’existence d’un bonheur sans cause, gratuit de surcroît, peut en effet surprendre. Agréablement s’entend.

Étant bien entendu qu’il est totalement irréaliste d’imaginer un succès immédiat. Il en va du sport intérieur comme du marathon : petitement, modestement d’abord puis, progressivement, de plus en plus loin, de plus en plus vite. Endurance. Patience.

Des « chutes » sont même possibles, c’est-à-dire que, certains jours, la méditation ne portera pas ses fruits. Il est superflu de s’en inquiéter, il en va ainsi. Même pour les grands maîtres de cet art du « penser sans penser » par le « rien-faire attentif ».

 

 

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2 – Le calme physique

 

La pratique intérieure oui. Mais, pendant ce temps, que faire de son corps ?

Ce paragraphe est consacré à la posture qui, fréquemment sous-estimée par les débutants, est des plus importantes, sinon cruciale pour l’approche du calme intérieur, qui est intimement lié à celui du corps.

Avant d’avoir fait son choix définitif en la matière, toute personne qui débute est confrontée aux difficultés de la posture. C’est une réalité. Voire un problème.

Nous devons demeurer parfaitement immobiles vingt à quarante minutes, voire davantage. Inutile de mentir au sujet de la durée des séances de méditation, l’expérience prouve qu’il nous faut de dix minutes à un quart d’heure pour apaiser notre corps. Vingt minutes sont donc un minimum.

Que nous méditions vingt, quarante minutes ou davantage, il est indispensable d’adopter une posture assise parfaitement stable. Nous connaissons la posture du Bouddha, les statuettes sont légion. C’est la posture idéale, à condition d’être physiquement capable de l’adopter. Il y en a, fort heureusement, d’autres.

Quelle que soit la position adoptée, revêtir des vêtements amples et souples (jogging, pyjama…) ne contraignant pas les membres inférieurs ni le thorax (la respiration).

S'il était utile de le préciser, on médite pieds nus ou en chaussettes.

Un lieu calme et peu éclairé s'impose, de préférence face à un mur pour éviter variations de lumière et distractions possibles (voir image ci-dessous).

Avec un peu d'expérience, il est possible de méditer dans la nature. Si le lieu est isolé et paisible, on y trouvera une excellente qualité de concentration. Dans ce cas, préfèrer peut-être un shoggi démontable, aisément logeable dans le sac à dos. Le zafu, lourd, encombrant et salissant se montrant peu adapté - bien que possible. Un tapis de sol peut également être utile selon le lieu.

Quatre positions sont pratiquées :

 

 

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Posture de zazen face au mur (méditation zen) sur zafu

 

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Avec le zafu, il peut être utile de prévoir un rembourrage supplémentaire de Kapok pour le rehausser si nécessaire.

 

1 – Méditer sur zafu (coussin de méditation)

La posture est celle du Bouddha, et se pratique assis sur le coussin traditionnel, le zafu. Ce coussin, rond et épais, permet de croiser les jambes au point de poser chaque cou-de-pied sur la cuisse opposée. Peu de personnes, même jeunes, y parviennent, et s’efforcer de le faire à tout prix n’est pas sans risque pour les articulations.

Sont possibles deux autres positions sur zafu :

- Un seul cou-de-pied posé sur la cuisse opposée, ou sur le mollet opposé. C’est le « demi-lotus ». Cette position, qui demeure encore délicate, conserve néanmoins une bonne stabilité.

- Aucun des deux cous-de-pied n’est posé, les pieds sont contre les cuisses, la position s’approche un peu de l’« assis-tailleur ». Cette position est moins stable que les deux précédentes.

 

Positionner le corps :

S’asseoir d’abord au centre du coussin. Basculer le bassin vers l’avant de manière à venir poser les deux genoux sur le tapis (persan ou Décathlon, pour un minimum de confort un tapis s’impose).

Dans le même temps, le bassin glisse vers l’avant du cousin, ce qui facilite la pose des genoux.

Si l’on ne parvient pas à cette pose des genoux, qui peut se montrer douloureuse, les caler avec deux petits coussins (ou des briques de yoga).

Le dos, tenu droit, se cintre légèrement dans le bas par le basculement du bassin, le cou est droit, le menton légèrement rentré, la langue contre le palais, les yeux sont mi-clos ou fermés, le regard posé à 1,5 mètre devant soi. Concernant les oreilles, rien n'est dit...

Les mains, paumes vers le haut, la gauche posée sur la droite et pouces jointifs par leurs extrémités, sont posées sur le giron. Les auriculaires sont en contact avec le bas-ventre.

Les épaules se détendent, tout le corps se détend.

On peut opérer quelques basculements à gauche et à droite pour bien asseoir sa posture sur le coussin.

On ne bouge plus.

 

 

 

 

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 Posture de zazen (méditation zen) sur shoggi. Noter la position des mains.

 

 

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Un shoggi du commerce, peu confortable et généralement trop bas (voir plus bas pour article consacré).

 

2 – Méditer sur shoggi (mini-tabouret de méditation)

Moins utilisé que le zafu, le shoggi présente cependant de nombreux avantages :

- Excellente stabilité de la posture.

- Immédiateté de l’obtention de la posture, qui ne nécessite aucun apprentissage particulier.

- Absence de douleurs si le shoggi est suffisamment adapté à la morphologie du sujet.

- Incompressibilité, donc posture invariable dans le temps.

- Légèreté.

- Possibilité de l'obtenir démontable (voyage, nature).

La posture est en tout point semblable à celle sur zafu, excepté pour les jambes, qui adoptent une position agenouillée, les genoux étant cependant plus écartés. Augmenter leur écartement favorise le basculement du bassin vers l’avant, offrant ainsi un meilleur contact des genoux au sol (tapis).

Tous les détails concernant le shoggi sont donnés dans cet article du blog même, y compris sa réalisation sur mesure et à faible coût à la portée de tout bricoleur, même peu expérimenté :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/2018/06/12/36480658.html

 

 

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Posture zazen sur chaise (dos décollé du dossier). Noter la position des mains.

 

 

3 – Méditer sur une chaise

Dans le cas où les deux postures précédentes sont impossibles pour le méditant (difficultés dues à une arthrose excessive, séquelles d’accidents, suites d’opérations…), il est possible de méditer sur une chaise. Trop confortable et trop bas d’assise, le fauteuil est exclu.

S’asseoir dos droit et légèrement décollé du dossier afin de faciliter la respiration. Les pieds sont posés à plat. Disposer les mains comme pour la posture sur zafu.

Cette posture, qu’on ne choisira ni par paresse ni par facilité, est à prendre uniquement en cas d'obligation, car elle n’offre qu’une stabilité médiocre.

 

 

4 – Méditer allongé sur le dos

Nous touchons là à une posture que l’on est contraint d’adopter, non par choix, mais pour des raisons liées au handicap, à la maladie, ou à l’âge très avancé. Le philosophe Alexandre Jollien, le moine zen Tich Nhat Hanh, sont tenus de méditer ainsi.

On s’allonge sur le dos sur tapis (lit en dernière extrémité), jambes à peine écartées et bras légèrement décollés du corps.

Les principaux désavantages de cette posture tiennent, d’une part, à la pression appliquée sur le dos ne libérant pas entièrement la cage thoracique pour une respiration optimale, et d’autre part le risque élevé de s’endormir dans une position « trop confortable » - incontournable cependant pour les personnes qui n’ont d’autre choix.

 

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Fin de méditation

 

                              Au terme d’une durée, choisie si l’on médite seul, que nous les ayons tenus mi-clos ou fermés, ouvrons les yeux et retrouvons lentement toutes nos sensations. Demeurons encore quelques minutes immobile avant de nous lever sans précipitation, essayons de maintenir quelque temps encore les effets apaisants de la méditation, puis reprenons une activité normale.

Au cours de la journée, peut-être nous remémorerons-nous ce moment de calme, ce qui nous incitera à une pratique assidue.

Peut-être.

 

 

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 À venir : la méditation informelle.

 

 

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Espérant que ces quelques lignes auront été utiles. (Merci de le signaler si c'était le cas).

JCP 07/03/2020

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01 novembre 2013

Eckhart TOLLE, METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT (4/9)

 

 AVERTISSEMENT : la lecture de ce type d'ouvrage, peut-être mal traduit, peut-être mal assimilé, ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal comprise peut, dans certains cas, s'avérer préjudiciable.

 

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CHAPITRE QUATRE

 

 

ÉLIMINER L'INCONSCIENCE

 

 

Il est donc nécessaire d'introduire dans votre vie plus de conscience dans des situations ordinaires où tout se passe en douceur. Ainsi, vous intensifierez votre capacité à être présent. Cette présence génère en vous et autour de vous un champ énergétique d'une fréquence vibratoire élevée. Aucune inconscience, négativité, discorde, ou violence entrant dans ce champ ne peut y survivre, pas plus que l'obscurité ne peut résister à la lumière.

En apprenant à être le témoin de vos pensées et de vos émotions, ce qui fait essentiellement partie de la capacité à être présent, vous serez peut-être surpris de constater pour la première fois le "parasitage de fond" propre à la conscience ordinaire. Vous serez étonné aussi de noter la rareté des moments - sinon leur totale absence - où vous vous sentez véritablement bien.

Dans vos pensées, vous verrez beaucoup de résistance sous forme de jugement, d'insatisfaction et de projections mentales. Celles-ci vous éloigneront de toutes du présent. Sur le plan émotionnel, il y aura un courant sous-jacent de malaise, de tension, d'ennui ou e nervosité. Ce sont deux des aspects du mental dans son mode de résistance habituel.

 

 

EXERCICE

 

Observez les nombreuses façons dont le malaise, l'insatisfaction et la tension se traduisent chez vous par le jugement inutile, la résistance à ce qui est et la dénégation du présent.

Tout ce qui est inconscient se résorbe lorsque vous envoyez la lumière de la conscience sur tout cela.

 

Quand vous saurez comment faire disparaître l'inconscience ordinaire, la lumière de votre présence brillera plus vivement et il vous sera beaucoup plus facile de faire face à l'inconscience profonde lorsque vous sentirez qu'elle vous happe. Toutefois, l'inconscience ordinaire peut ne pas être facile à détecter au départ, tant elle est normale.

 

 

EXERCICE

 

Prenez l'habitude de suivre de près votre mental émotionnel en vous observant. Il est bon de vous demander : "Suis-je à l'aise, en ce moment ?" Ou bien "Qu'est-ce qui se passe en moi en ce moment ?"

 

Soyez au moins aussi intéressé par ce qui se passe en vous que par ce qui se passe à l'extérieur. Si vous saisissez bien l'intérieur, tout ira bien à l'extérieur. La réalité première est à l'intérieur, et la réalité secondaire, à l'extérieur.

 

 

EXERCICE

 

Mais ne vous précipitez pas pour répondre à ces questions. Dirigez votre attention vers l'intérieur. Jetez un coup d'œil en vous.

Quel genre de pensées votre mental est-il en train de produire ? Que ressentez-vous ?

Tournez votre attention vers le corps. Y a-t-il des tensions ? Une fois que vous avez déterminé qu'il y a effectivement en vous un certain degré de malaise, ce "parasitage de fond", essayez de trouver de quelle manière vous évitez ou niez la vie, ou y résistez. C'est à dire comment vous reniez le présent.

 

Les gens utilisent bien des façons de résister au moment présent. Je vais vous en donner quelques exemples. La pratique vous permettra d'aiguiser votre capacité à vous observer, à surveiller votre état intérieur.

 

Où que vous soyez, soyez-y totalement

 

Êtes-vous stressé ? Êtes-vous si pressé d'arriver au futur que le présent n'est plus qu'une étape ? Le stress est provoqué par le fait que l'on soit "ici" tout en voulant être "là", ou que l'on soit dans le présent tout en voulant être dans le futur. C'est une division qui vous déchire intérieurement.

Le passé retient-il une grande partie de votre attention ? Vous arrive-t-il souvent d'en parler et d'y penser, en bien et en mal ? S'agit-il des grandes choses que vous avez accomplies, de vos aventures ou de vos expériences ? Ressassez-vous votre passé de victime et les affreuses choses que l'on vous a faites ou que vous avez faites à quelqu'un?

Vos mécanismes mentaux sont-ils en train d'engendrer de la culpabilité, de l'orgueil, du ressentiment, de la colère, du regret ou de l'apitoiement sur vous-même ? Alors, non seulement vous renforcez un faux sentiment de moi, mais vous accélérez également le processus de vieillissement de votre corps en provoquant une accumulation de passé dans votre psyché. Vérifiez cela en observant autour de vous ceux qui ont une forte tendance à s'accrocher au passé.

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

 

Laissez mourir le passé à chaque instant.

Vous n'en avez pas besoin. N'y faites référence lorsque c'est absolument de mise pour le présent. Ressentez le pouvoir de cet instant et la plénitude de l'Être.

Sentez votre présence.

 

Êtes-vous inquiet ? Avez-vous souvent des pensées anticipatoires ? Dans ce cas, vous vous identifiez à votre mental, qui se projette dans une situation future imaginaire et crée de la peur. Il n'y a aucun moyen de faire face à cette situation, car elle n'existe pas. C'est un ectoplasme mental.

Vous pouvez mettre fin à cette folie corrosive qui sape votre santé et votre vie : il vous suffit d'appréhender l'instant présent.

 

 

EXERCICE

 

Prenez conscience de votre respiration. Sentez le mouvement de l'air qui entre et sort de vos poumons. Ressentez le champ énergétique en vous. Tout ce que vous aurez jamais à affronter et à envisager dans la vie réelle, c'est à cet instant. Alors que vous ne pouvez le faire dans le cas de projections mentales imaginaires.

Demandez-vous quel "problème" vous avez à l'instant, et non celui que vous aurez l'an prochain, demain ou dans cinq minutes. Qu'est-ce qui ne va pas en ce moment ?

 

Vous pouvez toujours composer avec le présent, mais vous ne pourrez jamais composer avec le futur. Et vous n'avez pas à le faire. La réponse, la force, l'action ou la ressource juste se présenteront lorsque vous en aurez besoin. Ni avant ni après.

Êtes-vous quelqu'un qui attend généralement ? Quel pourcentage de votre vie passez-vous à attendre ? Ce que j'appelle "l'attente à petite échelle", c'est faire la queue au bureau de poste, être pris dans un bouchon de circulation, ou à l'aéroport. Ou encore anticiper l'arrivée de quelqu'un, la fin d'une journée de travail, etc. "L'attente à grande échelle", c'est espérer les prochaines vacances, un meilleur emploi, le succès, l'argent, le prestige, l'illumination. C'est attendre que les enfants grandissent et qu'une personne vraiment importante arrive dans votre vie. Il n'est pas rare que des gens passent leur vie à attendre pour commencer à vivre.

Attendre est un état d'esprit. En résumé, vous voulez le futur, mais non le présent. Vous ne voulez pas de ce que vous avez et désirez ce que vous n'avez pas. Avec l'attente, peu importe sa forme, vous suscitez inconsciemment un conflit intérieur entre votre ici-maintenant, où vous ne voulez pas être, et le futur projeté que vous convoitez. Cela réduit grandement la qualité de votre vie en vous faisant perdre le présent.

Par exemple, bien des gens attendent que la prospérité vienne. Mais celle-ci ne peut arriver dans le futur Lorsque vous honorez, reconnaissez et acceptez pleinement votre réalité présente et ce que vous avez - c'est à dire le lieu où vous êtes, ce que vous êtes et ce que vous faites dans le moment -, vous éprouvez de la reconnaissance pour ce que vous avez, pour ce qui est, pour le fait d'Être. La gratitude envers le moment présent et la plénitude de la vie présente, voilà ce qu'est la vraie prospérité. Celle-ci ne peut survenir dans le futur. Alors, avec le temps, cette prospérité se manifeste pour vous de différentes façons.

Si vous êtes insatisfait de ce que vous avez, ou même frustré ou en colère face à un manque actuel, cela peut vous motiver à devenir riche. Mais même avec des millions, vous continuerez à éprouver intérieurement un manque et, en profondeur, l'insatisfaction sera toujours là. Vous avez peut-être vécu de nombreuses expériences passionnantes qui peuvent s'acheter, mais elles sont éphémères et vous laissent toujours un sentiment de vide et le besoin d'une plus grande gratification physique ou psychologique. Vous ne vivez donc pas dans l'Être et, par conséquent, ne sentez pas la plénitude de la vie maintenant, qui est la seule véritable prospérité.

 

 

EXERCICE

 

Cessez d'attendre, n'en faites plus un état d'esprit. Lorsque vous vous surprenez à glisser vers cet état d'esprit, secouez-vous. Revenez au moment présent. Contentez-vous d'être et dégustez ce fait d'être. Si vous êtes présent, vous n'avez jamais besoin d'attendre quoi que ce soit. Ainsi donc, la prochaine fois que quelqu'un vous dira : Désolé de vous faire attendre", vous pourrez répondre ; "Ça va. Je n'attendais pas. J'étais tout simplement là, à m'amuser !"

 

Voilà seulement quelques-unes des stratégies habituelles qui font partie de l'inconscience ordinaire et que le mental utilise pour nier le moment présent. Elles font tellement partie de la vie normale, du "parasitage de fond", qu'il est facile de les ignorer. Mais plus on surveille son état mental et émotionnel intérieur, plus il est facile de savoir quand on s'est fait prendre au piège du passé et du futur. Plus il est facile de se rendre compte qu'on a été inconscient et de sortir du rêve du temps pour revenir au présent.

Mais attention : le faux-moi, tourmenté et fondé sur l'identification au mental vit du temps. Il sait que le moment présent signe son arrêt de mort et se sent de ce fait très menacé par lui. Il fera tout ce qu'il pourra pour vous en éloigner. Il essaiera de vous maintenir à tout prix dans le temps.

 

 

 

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Dans un certain sens, l'état de présence peut se comparer à de l'attente. Il existe une autre sorte d'attente dont la qualité est très différente et qui exige de votre part une vigilance totale. Quelque chose pourrait se manifester à tout moment, si vous n'êtes pas totalement éveillé, totalement immobile, vous passerez à côté. Dans cet état, toute votre attention se trouve dans le présent. Il n'en reste rien pour rêvasser, penser, se souvenir et anticiper l'avenir. Il n'y a là aucune tension ni aucune peur : seulement une présence vigilante. Vous êtes présent à tout votre être, à chaque cellule de votre corps.

Dans cet état, le "vous" qui a un passé et un futur, la personnalité si vous voulez, n'est quasiment plus là. Et pourtant, rien de significatif n'est perdu. Vous êtes encore essentiellement vous-même. En fait, vous êtes plus totalement vous-même que vous ne l'avez jamais été, ou plutôt ce n'est que dans le "maintenant" que vous êtes véritablement vous-même.

 

 

Le passé ne peut survivre en votre présence

 

Tout ce que vous avez besoin de savoir au sujet de votre passé inconscient, les défis du présent vous l'apporteront. Si vous commencez à fouiller votre passé, ce sera un trou sans fond, car vous trouverez toujours autre chose. Vous croyez peut-être qu'il vous faudra plus de temps pour comprendre le passé ou vous en libérer, donc que le futur finira par vous en délivrer. C'est là une illusion. Seul le présent peut vous amener à cela. Vous ne pouvez vous défaire du temps en y mettant du temps.

SACHEZ ACCÉDER AU POUVOIR DE L'INSTANT PRÉSENT. C'EST LA CLÉ. CE N'EST RIEN D'AUTRE QUE LE POUVOIR DE VOTRE PRÉSENCE, DE VOTRE CONSCIENCE LIBÉRÉE DES FORMES-PENSÉES.

Alors, faites face au passé à partir du présent. Plus vous accordez d'attention au passé, plus vous lui donnez d'énergie et plus vous êtes susceptible d'en faire un "moi". Ne vous méprenez pas : il est essentiel d'être attentif, mais pas au passé en tant que tel. Accordez de l'attention au présent : à votre comportement, à vos réactions, à vos humeurs, à vos pensées, à vos émotions, à vos peurs et à vos désirs à mesure qu'ils se présentent dans l'instant présent. C'est cela votre passé. Si vous pouvez être suffisamment présent pour observer toutes ces choses, non pas avec un regard critique ou analytique, mais sans les juger, alors vous faites face au passé et le dissipez par le pouvoir de votre présence.

VOUS NE POUVEZ VOUS TROUVER EN RETOURNANT DANS LE PASSÉ, MAIS C'EST POSSIBLE EN REVENANT DANS LE PRÉSENT.

 

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 FIN DU CHAPITRE 4

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Eckhart TOLLE, METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT (5/9)

 

AVERTISSEMENT : la lecture de ce type d'ouvrage, peut-être mal traduit, peut-être mal assimilé, ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal comprise peut, dans certains cas, s'avérer préjudiciable.

 

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 SUITE DU CHAPITRE 4

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CHAPITRE CINQ

 

 

LA BEAUTÉ NAÎT DANS LE CALME DE LA PRÉSENCE

 

 

Il faut une certaine présence pour avoir conscience de la beauté, de la majestuosité et du sacré de la nature. Vous est-il jamais arrivé, par une belle nuit, de vous perdre du regard dans l'infini de l'espace et d'être ému par son immobilité absolue et son inconcevable immensité ? Avez-vous déjà écouté le murmure d'un torrent alpin dans la forêt ? Ou encore, le chant d'un merle en plein été, au crépuscule ?

Pour prendre conscience de telles choses, il faut que le mental se soit tu. Vous devez mettre momentanément de côté votre fardeau de problèmes, votre charge de passé et de futur, ainsi que toutes vos connaissances. Sinon, vous verrez, mais sans vraiment voir, vous entendrez sans vraiment entendre. Vous devez être totalement présent.

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

 

Au delà de la beauté des formes extérieures, il y a plus. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui n'a pas de nom. Il y a une essence intérieure, profonde et sacrée. Là où il y a de la beauté, cette essence transparaît d'une façon ou d'une autre. Elle ne vous est révélée que si vous êtes présent.

Serait-il possible que cette essence indicible et votre présence soient une seule et même chose ?

Cette essence indescriptible serait-elle là sans votre présence ? Sondez-la en profondeur et découvrez la réponse.

 

Atteindre la conscience pure

Chaque fois que vous observez le mental, vous dégagez votre conscience des formes du mental et celle-ci devient alors ce qu'on appelle l'observateur ou encore le témoin. Par conséquent, le témoin - conscience pure au delà de toute forme - se renforce et les élaborations du mental faiblissent. En agissant de la sorte, vous personnalisez un évènement qui a vraiment une portée cosmique : à travers vous, la conscience sort de son rêve d'identification à la forme et se dissocie d'elle. Ceci laisse présager un évènement, déjà commencé en partie, mais encore dans le lointain futur du temps-horloge : LA FIN DU MONDE TEL QU'ON LE CONNAÎT

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

 

Pour rester présent dans la vie quotidienne, il faut être bien ancré en soi, bien enraciné. Sinon, le mental vous entraînera dans son flot comme une rivière en furie, car son mouvement d'entraînement est incroyable.

Je veux dire habiter votre corps totalement. Avoir constamment votre attention en partie fixée sur le champ énergétique de votre corps. Sentir votre corps de l'intérieur, pour ainsi dire. La conscience du corps vous fait rester présent et vous ancre dans le présent.

 

Le corps visible et tangible ne peut vous amener à l'Être. Ce n'est qu'une enveloppe, ou plutôt une perception limitée et déformée d'une réalité plus profonde. Dans votre état naturel de rapport intime avec l'Être, cette réalité plus profonde est ressentie à chaque instant : c'est le corps subtil et invisible, la présence qui vous anime. Alors, "habiter son corps", c'est sentir le corps de l'intérieur, sentir la vie en vous et, par conséquent, découvrir que vous êtes autre chose au delà de la forme extérieure.

Tant que votre mental accapare toute votre attention, vous êtes coupé de votre Être. Lorsque c'est le cas - et pour la plupart des gens ça l'est continuellement -, vous n'êtes pas dans votre corps. Le mental absorbe toute votre conscience et la transforme en "balivernes mentales". Vous ne pouvez cesser de penser.

Pour devenir conscient de l'Être, vous devez vous réapproprier votre conscience, au détriment du mental. C'est l'une des tâches les plus fondamentales de votre voyage spirituel. Ceci démobilisera toute la conscience auparavant mobilisée par la pensée compulsive et inutile. Une façon très efficace de le faire consiste tout simplement à détourner votre attention de la pensée pour la diriger vers le corps, là où vous pouvez d'emblée sentir l'Être sous la forme du champ énergétique invisible qui donne vie à ce que l'on perçoit comme le corps physique.

 

Comment entrer en contact avec votre corps subtil

Essayez tout de suite, s'il vous plaît. Fermez les yeux : cela pourra peut-être vous aider. Plus tard, quand il vous sera devenu facile et naturel d'être dans le corps, ceci ne sera plus nécessaire.

 

 

EXERCICE

 

Dirigez votre attention sur le corps. Sentez- le de l'intérieur. Est-il vivant ? Sentez-vous la vitalité dans vos mains, vos bras, vos jambes, vos pieds, votre abdomen, votre poitrine ?

Sentez-vous le subtil champ énergétique qui infuse tout votre corps et vitalise chaque organe et chaque cellule ? Le sentez-vous simultanément dans toutes les parties du corps comme un seul et unique champ énergétique ?

Maintenez votre attention sur votre corps subtil pendant quelques instants. Ne vous mettez pas à y penser. Sentez-le seulement.

 

Plus vous y accordez d'attention, plus la sensation se clarifie et s'intensifie. Vous aurez l'impression que chacune de vos cellules se vivifie, et, si vous êtes très visuel, il se peut que vous perceviez votre corps sous la forme d'une image lumineuse.

Même si une telle image peut temporairement vous aider, accordez davantage d'attention à la sensation qu'à toute image pouvant se présenter. Peu importe sa beauté ou sa force, une image a déjà une forme définie. Elle empêche donc la sensation de s'approfondir.

 

 

Habiter pleinement son corps

Faites en une méditation. Cela n'a pas besoin d'être long. Dix à quinze minutes suffisent. Assurez-vous tout d'abord qu'aucune distraction extérieure - le téléphone - ou des gens, ne viendra vous déranger.

 

 

EXERCICE

 

Installez-vous sur une chaise sans vous renverser vers l’arrière. Gardez la colonne vertébrale bien droite. Ceci vous aidera à rester alerte. Ou bien alors, adoptez votre position préférée de méditation.

Assurez-vous que votre corps est détendu. Fermez les yeux et prenez quelques respirations profondes. Sentez-vous respirer dans la partie basse de l'abdomen, pour ainsi dire. Observez les légères expansion et contraction qui se produisent à l'inspiration et à l'expiration.

Puis prenez conscience du champ énergétique du corps tout entier. Ne réfléchissez pas à ce qui se passe ; ressentez-le plutôt. De cette manière, vous ne laissez pas le mental s'approprier votre conscience. Si cela peut vous être utile, servez-vous de la méditation de la lumière dont j'ai déjà parlé.

Quand vous arrivez à clairement sentir le corps subtil comme un seul champ énergétique, laissez aller, si c'est possible, toute image pour vous concentrer exclusivement sur la sensation. Si c'est possible aussi, abandonnez toute image mentale que vous pouvez encore avoir du corps physique. Ce qui reste alors, c'est une sensation de présence ou "d'être" qui englobe tout et l'impression que me corps énergétique n'a pas de frontière.

Puis concentrez votre attention encore plus profondément sur cette sensation. Ne faites plus qu'un avec elle, fusionnez avec votre champ énergétique afin d''éliminer toute dualité perceptuelle observateur-observé entre vous et votre corps. La distinction entre l'intérieur et l'extérieur se dissipe ; dorénavant, il n'y a plus de corps énergétique. En descendant profondément dans le corps, vous l'avez transcendé. Restez dans ce royaume de pur Être aussi longtemps que vous êtes à l'aise. Puis, reprenez conscience de votre corps physique, de votre respiration et de vos sens, et ouvrez les yeux.

Pendant quelques minutes, regardez autour de vous de façon méditative, c'est è dire sans étiquetage mental, tout en continuant à sentir votre corps énergétique.

 

Lorsque vous avez accès à ce royaume dépourvu de formes, vous êtes vraiment libéré du lien avec la forme et de toute identification à celle-ci. Il s'agit de la vie sous son aspect non particularisé, telle qu'elle existe avant sa fragmentation en la multiplicité. On pourrait l'appeler le non-manifeste, la source invisible de toutes choses. L'Être à l'intérieur de tous les êtres. C'est un royaume d'immobilité et de paix profonde, mais aussi de grande joie et d'intense vitalité. Chaque fois que vous faites preuve de présence, vous devenez dans une certaine mesure perméable à la lumière, à la conscience pure qui émane de cette source. Vous prenez également conscience que cette lumière n'est pas dissociée de ce que vous êtes et qu'elle constitue au contraire votre essence même.

Lorsque votre conscience est dirigée vers l'extérieur, le monde et le mental voient le jour. Lorsqu'elle est dirigée vers l'intérieur, elle actualise sa propre source et retourne à sa demeure originelle dans le non-manifeste.

Puis, quand votre conscience revient vers le monde manifeste, vous retrouvez l'identité de la forme que vous avez temporairement délaissée. De nouveau, vous avez un nom, un passé, des conditions de vie, un futur. Mais, essentiellement, vous n'êtes plus la même personne, car vous avez fugitivement eu un aperçu d'une réalité en vous qui n'est pas "de ce monde", bien qu'elle n'en soit pas dissociée, tout comme elle n'est pas dissociée de vous.

Laissez votre pratique spirituelle être la suivante :

 

 

EXERCICE

 

Quand vous vaquez à vos occupations, n'accordez pas toute votre attention au monde extérieur et à votre mental. Maintenez-en une partie vers l'intérieur. Il a déjà été question de cela précédemment.

Sentez votre corps subtil même quand vous êtes occupé par vos activités quotidiennes, en particulier dans le cadre de vos relations ou quand vous vous trouvez dans la nature. Sentez l'immobilité au plus profond de vous. Maintenez cette porte d'accès ouverte.

Il est tout à fait possible d'être conscient du non-manifeste dans votre vie. Il se présente comme une sensation profonde de paix à l'arrière-plan, une tranquillité qui ne vous quitte jamais, peu importe ce qui se produit dans le monde extérieur. Vous devenez un pont entre le non-manifeste et le manifeste, entre Dieu et le monde.

Ceci est l'état de rapport intime avec la source que nous appelons illumination.

 

 

Créez en vous de profondes racines

La clé, c'est d'être en contact permanent avec votre corps subtil, de le sentir en tout temps. Ceci approfondira et transformera rapidement votre vie. Plus vous dirigez votre conscience sur le corps énergétique, plus la fréquence de ses vibrations s'amplifie, un peu comme augmente l'intensité d'une ampoule quand vous tournez le rhéostat. À ce niveau vibratoire plus élevé, la négativité ne peut plus vous perturber et vous tendez naturellement à vous attirer des situations nouvelles qui reflètent cette fréquence vibratoire.

Si vous maintenez le plus possible votre attention sur votre corps énergétique, vous serez ancré dans le présent et ne vous égarerez ni dans le monde extérieur ni dans le mental. Les pensées et les émotions, les peurs et les désirs, seront dans une certaine mesure encore présents, mais du moins, ils ne prendront pas le dessus.

 

 

EXERCICE

Veuillez s'il vous plaît observer ce vers quoi est dirigée votre attention en ce moment. Vous êtes en train de m'écouter ou de me lire. C'est le point de mire de votre attention. Vous avez aussi une conscience périphérique du lieu où vous vous trouvez, des personnes qui vous entourent, etc. Il se peut en outre qu'une certaine activité mentale se joue autour de ce que vous entendez ou lisez, que votre mental émette des commentaires.

Il n'est cependant pas nécessaire que rien de ceci retienne toute votre attention; Voyez si vous pouvez en même temps être en contact avec votre corps subtil. Maintenez une partie de votre attention vers l'intérieur. Ne la laissez pas se tourner entièrement vers l'extérieur. Sentez votre corps entier de l'intérieur, comme un seul et unique champ énergétique. Comme si vous écoutiez ou lisiez avec tout votre corps. Exercez-vous à cela au cours des jours ou des semaines à venir.

N'accordez pas la totalité de votre attention au mental et au monde extérieur. Concentrez-vous sur ce que vous faites, bien sûr, mais sentez en même temps votre corps énergétique aussi souvent que possible. Restez en contact avec vos racines intérieures. Surveillez ensuite comment ceci modifie l'état de votre conscience et la qualité de ce que vous faites.

S'il vous plaît, n'acceptez pas simplement ce que je vous dis. Faites en l'essai vous même.

 

 

Comment renforcer le système immunitaire

Il existe une méditation simple mais puissante d'auto-guérison que vous pouvez faire à tout moment, quand vous sentez le besoin de renforcer votre système immunitaire. Elle s'avère particulièrement efficace si vous la pratiquez quand vous sentez les premiers symptômes d'une maladie. Mais elle fonctionne également dans le cas de maladies déjà installées si vous vous y adonnez à intervalles réguliers et avec intensité. Elle viendra aussi neutraliser toute perturbation occasionnée à votre champ énergétique par une quelconque forme de négativité. Cela ne remplace cependant pas la pratique, instant après instant, de la présence au corps. Sinon, cette méditation n'aura que des effets temporaires. Voici la méditation ou, si vous voulez, l'exercice :

 

 

EXERCICE

 

Quand vous avez quelques minutes de libre, particulièrement le soir juste avant de vous endormir et le matin juste après vous être réveillé et avant de vous lever, inondez votre corps de conscience.

Fermez les yeux. Étendez vous à plat dos. Choisissez différentes parties de votre corps pour tout d'abord y centre brièvement voter attention : les mains, les pieds, les bras, les jambes, l'abdomen, la poitrine, la tête, etc. Aussi intensément que vous le pouvez, sentez d'abord l'énergie vitale dans ces parties du corps, en restant environ quinze secondes sur chacune d'elles.

Puis, laissez votre attention parcourir à quelques reprises tout votre corps à la manière d'une vague, des pieds à la tête, et vice-versa. Cela ne prendra qu'une minute environ. Sentez ensuite votre corps énergétique dans sa totalité, comme un champ énergétique unique. Maintenez votre attention sur cette sensation durant quelques minutes.

Pendant toute la durée de l'exercice, soyez intensément présent dans chaque cellule de votre corps.

Ne vous inquiétez pas si le mental réussit de temps en temps à attirer votre attention sur autre chose que le corps et si vous vous perdez un peu dans vos pensées. Dès que vous le remarquez, dirigez de nouveau votre attention sur le corps énergétique.

 

 

Utilisation créative du mental

Si vous devez recourir à votre mental pour atteindre un objectif précis, faites-le de concert avec votre corps énergétique. C'est seulement quand vous êtes capable d'être conscient sans penser, que vous pouvez employer votre mental de façon créative. Et la manière la plus simple de se retrouver dans cet état-là, c'est de passer par le corps.

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

 

Chaque fois que vous avez besoin d'une réponse, d'une solution ou d'une idée originale, arrêtez-vous de penser pendant quelques instants en concentrant votre attention sur votre champ énergétique. Prenez conscience de votre calme intérieur. Lorsque vous reviendrez à la pensée, celle-ci sera fraîche et créative. Dans n'importe quelle activité intellectuelle, prenez l'habitude d'aller et de venir toutes les quelques minutes entre la pensée et l'écoute intérieure, le calme intérieur.

On pourrait dire aussi : ne pensez pas seulement avec votre tête, pensez avec tout votre corps.

 

 

Laissez la respiration vous amener dans le corps

Si, à n'importe quel moment, vous éprouvez de la difficulté à entrer en contact avec le corps énergétique, il est habituellement plus facile de vous concentrer en premier lieu sur la respiration. La respiration consciente, qui est une méditation puissante en elle-même, vous remettra graduellement en contact avec le corps.

 

 

EXERCICE

 

Suivez votre respiration en maintenant votre attention sur l'inspiration et l'expiration.

Respirez dans le corps et, à chaque inspiration, sentez comment votre abdomen se détend et se contracte légèrement.

Si vous avez de la difficulté à visualiser, fermez les yeux et imaginez-vous entouré de lumière ou immergé dans une substance lumineuse, dans une mer de conscience.

Puis, respirez cette lumière. Sentez cette substance lumineuse emplir votre corps et le rendre également lumineux. Vous êtes maintenant dans votre corps. Vous avez accédé au pouvoir du moment présent.

 

 FIN DU CHAPITRE 5

 SUITE

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Eckhart TOLLE, METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT (6/9)

 

AVERTISSEMENT : la lecture de ce type d'ouvrage, peut-être mal traduit, peut-être mal assimilé, ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal comprise peut, dans certains cas, s'avérer préjudiciable.

 

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 SUITE DU CHAPITRE 5

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DEUXIÈME PARTIE

 

LES RELATIONS

EN TANT QUE PRATIQUE

SPIRITUELLE

 

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L'amour est un état.

L'amour n'est pas à l'extérieur

mais au plus profond de vous.

Il est en vous et indissociable de vous à tout jamais.

Il ne dépend pas de quelqu'un d'autre,

d'une forme extérieure.

 

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CHAPITRE SIX

 

DISSIPER LE CORPS DE SOUFFRANCE

 

La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l'inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.

La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est.

Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel, c'est une forme de négativité. L'intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d'identification au mental. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s'en échapper.

Autrement dit, plus on est identifié à son mental, plus on souffre. On peut également l'énoncer ainsi : PLUS ON EST A MÊME DE RESPECTER ET D'ACCEPTER LE MOMENT PRÉSENT, PLUS ON EST LIBÉRÉ DE LA DOULEUR, DE LA SOUFFRANCE ET DU MENTAL.

D'après certains enseignements spirituels, toute souffrance est en définitive une illusion, et c'est juste. Mais est-ce vrai pour vous ? Le simple fait d'y croire n'en fait pas une vérité. Voulez-vous éprouver de la souffrance pour le reste de votre vie en continuant de prétendre qu'elle est illusoire ? Cela vous libère-t-il de la souffrance ? Ce qui nous préoccupe ici, c'est comment actualiser cette vérité, c'est à dire comment en faire une réalité dans la vie.

 

 

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La douleur et la souffrance sont inévitables tant et aussi longtemps que vous êtes identifié à votre mental, c'est à dire inconscient spirituellement parlant. Je fais ici surtout référence à la souffrance émotionnelle, également la principale cause de la souffrance et des maladies corporelles. Le ressentiment, la haine, l'apitoiement sur soi, la culpabilité, la colère, la dépression, la jalousie, ou même la plus petite irritation sont sans exception des formes de souffrance. Et tout plaisir ou toute exaltation émotionnelle comportent en eux le germe de la souffrance, leur inséparable opposé, qui se manifestera à un moment donné.

N'importe qui ayant déjà pris de la drogue pour "décoller" sait très bien que le "planage" se traduit forcément par un "atterrissage", que le plaisir se transforme d'une manière ou d'une autre en souffrance. Beaucoup de gens savent aussi d'expérience avec quelle facilité et rapidité une relation intime peut devenir une source de souffrance après avoir été une source de plaisir. Si on considère ces polarités négative et positive en fonction d'une perspective supérieure, on constate qu'elles sont les deux faces d'une même pièce, qu'elles appartiennent toutes deux à la souffrance sous-jacente à l'état de conscience dit de l'ego, à l'identification au mental, et que cette souffrance est indissociable de cet état.

Il existe deux types de souffrance : celle que vous créez maintenant et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre esprit. Maintenant, j'aimerais vous expliquer comment cesser d'en créer dans le présent et comment dissoudre celle issue du passé.

Tant que vous êtes incapable d'accéder au pouvoir de l'instant présent, chaque souffrance émotionnelle que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu. Celui-ci fusionne avec la douleur du passé, qui était déjà là, et se loge dans votre mental et votre corps. Bien sûr, cette souffrance comprend celle que vous avez éprouvée enfant, causée par l'inconscience du monde dans lequel vous êtes né.

Cette souffrance accumulée est un champ d'énergie négative qui habite votre corps et votre mental. Si vous la considérez comme une entité invisible à part entière, vous n'êtes pas loin de la vérité. Il s'agit du corps de souffrance émotionnel.

Il a deux modes d'être : latent et actif. Un corps de souffrance peut être latent quatre-vingt-dix pour cent du temps. Chez une personne profondément malheureuse, cependant, il peut être actif tout le temps. Certaines personnes vivent presque entièrement dans leur corps de souffrance, tandis que d'autres ne le ressentent que dans certaines situations, par exemple dans les relations intimes ou les situations rappelant une perte ou un abandon survenu dans leur passé, au moment d'une blessure physique ou émotionnelle.

N'importe quoi peut servir de déclencheur, surtout ce qui fait écho à un scénario douloureux de votre passé. Lorsque le corps de souffrance est prêt à sortir de son état latent, une simple pensée ou une remarque innocente d'un proche peuvent l'activer.

 

 

Briser l'identification au corps de souffrance

 

LECTURE MÉDITATIVE

En somme, le corps de souffrance ne désire pas que vous l'observiez directement parce que ainsi vous le voyez tel qu'il est. En fait, dès que vous ressentez son champ énergétique et que vous lui accordez votre attention, l'identification est rompue. Et une dimension supérieure de la conscience entre en jeu. Je l'appelle la présence. Vous êtes dorénavant le témoin du corps de souffrance. Cela signifie qu'il ne peut plus vous utiliser en se faisant passer pour vous et qu'il ne peut plus se régénérer à travers vous. Vous avez découvert votre propre force intérieure.

 

Plusieurs corps de souffrance sont exécrables mais relativement inoffensifs, comme c'est le cas chez un enfant qui ne cesse de se plaindre. D'autres sont des monstres vicieux et destructeurs, de véritables démons. Certains sont physiquement violents, alors que beaucoup d'autres le sont sur le plan émotionnel. Ils peuvent attaquer les membres de leur entourage ou leurs proches, tandis que d'autres préfèrent assaillir leur hôte, c'est à dire vous-même. Les pensées et les sentiments que vous entretenez à l'égard de votre vie deviennent alors profondément négatifs et autodestructeurs. C'est ainsi que les maladies et les accidents sont souvent générés. Certains corps de souffrance mènent leur hôte au suicide.

Si vous pensiez connaître une personne, ce sera tout un choc pour vous que d'être soudainement confronté pour la première fois à cette créature étrangère et méchante. Il est cependant plus important de surveiller le corps de souffrance chez vous que chez quelqu'un d'autre.

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

Remarquez donc tout signe de morosité, peu importe la forme qu'elle peut prendre. Ceci peut annoncer le réveil du corps de souffrance, celui-ci pouvant se manifester sous forme d'irritation, d'impatience, d'humeur sombre, d'un désir de blesser, de colère, de fureur, de dépression, d'un besoin de mélodrame dans vos relations, et ainsi de suite. Saisissez-le au vol dès qu'il sort de son état latent.

 

Le corps de souffrance veut survivre, tout comme n'importe quelle autre entité qui existe, et ne peut y arriver que s'il vous amène à vous identifier inconsciemment à lui. Il peut alors s'imposer, s'emparer de vous, "devenir vous" et vivre par vous.

Il a besoin de vous pour "se nourrir". En  fait, il puisera à même toute expérience entrant en résonance avec sa propre énergie, dans tout ce qui crée davantage de douleur sous quelque forme que ce soit : la colère, un penchant destructeur, la haine, la peine, un climat de crise émotionnelle, la violence et même la maladie. Ainsi, lorsqu'il vous aura envahi, le corps de souffrance créera dans votre vie une situation qui reflètera sa propre fréquence énergétique, afin de s'en abreuver. La souffrance ne peut soutenir qu'elle-même. Elle ne peut se nourrir de la joie, qu'elle trouve vraiment indigeste.

Lorsque le corps de souffrance s'empare de vous, vous en redemandez. Soit vous êtes la victime, soit le bourreau. Vous voulez infliger de la souffrance ou vous voulez en subir, ou bien les deux. Il n'y a pas grande différence. Vous n'en êtes pas conscient, bien entendu, et vous soutenez avec véhémence que vous ne voulez pas de cette souffrance. Mais si vous regardez attentivement, vous découvrez que votre façon de penser et votre comportement font en sorte d'entretenir la souffrance, la vôtre et celle des autres. Si vous en étiez vraiment conscient, le scénario disparaîtrait de lui-même, car c'est folie pure que de vouloir souffrir davantage et personne ne peut être conscient et fou en même temps.

En fait, le corps de souffrance, qui est l'ombre de l'ego, craint la lumière de votre conscience. Il a peur d'être dévoilé. Sa survie dépend de votre identification inconsciente à celui-ci et de votre peur inconsciente d'affronter la douleur qui vit en vous. Mais si vous ne vous mesurez pas à elle, si vous ne lui accordez pas la lumière de votre conscience, vous serez obligé de la revivre sans arrêt. Le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre que vous ne pouvez supporter de regarder, mais je vous assure que c'est un fantôme minable qui ne fait pas le poids face au pouvoir de votre présence.

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

Lorsque vous commencerez à vous désidentifier et à devenir l'observateur, le corps de souffrance continuera de fonctionner un certain temps et tentera de vous amener, par la ruse, à vous identifier de nouveau à lui. Même si la non-identification ne l'énergise plus, il gardera un certain élan, comme la roue de la bicyclette continue à tourner même si vous ne pédalez plus. A ce stade, il peur également créer des maux et des douleurs physiques dans diverses parties du corps, mais celles-ci ne dureront pas.

Restez présent, restez conscient? Soyez en permanence le vigilant gardien de votre espace intérieur. Il vous faut être suffisamment présent pour pouvoir observer directement le corps de souffrance et sentir son énergie. Ainsi, il ne peut plus contrôler votre pensée.

 

Dès que votre pensée se met au diapason du champ énergétique de votre corps de souffrance, vous y êtes identifié et vous le nourrissez à nouveau de vos pensées.

Par exemple, si la colère en est la vibration énergétique prédominante et que vous avez des pensées de colère, que vous ruminez ce que quelqu'un vous a fait ou que vous allez lui faire, vous voilà devenu inconscient et le corps de souffrance est dorénavant "vous-même". La colère cache toujours de la souffrance.

Lorsqu'une humeur sombre vous vient et que vous amorcez un scénario mental négatif en vous disant combien votre vie est affreuse, votre pensée s'est mise au diapason de ce corps et vous êtes alors inconscient et ouvert à ses attaques.

Le mot "inconscient" tel que je l'entends ici, veut dire être identifié à un scénario mental ou émotionnel. Il implique une absence complète de l'observateur.

 

 

 

Transformer la souffrance en conscience

L'attention consciente soutenue rompt le lien entre le corps de souffrance et les processus de la pensée. C'est ce qui amène la métamorphose. Comme si la souffrance alimentait la flamme de votre conscience qui, ensuite, brille par conséquent d'une lueur plus vive.

Voilà la signification ésotérique de l'art ancien de l'alchimie : la transmutation du vil métal en or, de la souffrance en conscience. La division intérieure est résorbée et vous redevenez entier. Il vous incombe alors de ne plus créer de souffrance.

 

 

EXERCICE

Concentrez votre attention sur le sentiment qui vous habite. Sachez qu'il s'agit du corps de souffrance. Acceptez le fait qu'il soit là. N'y pensez pas. Ne transformez pas le sentiment en pensée. Ne le jugez pas. Ne l'analysez pas. Ne vous identifiez pas à lui. Restez présent et continuez d'être le témoin de ce qui se passe en vous.

Devenez conscient non seulement de la souffrance émotionnelle, mais aussi de "celui qui observe", de l'observateur silencieux. Voici ce qu'est le pouvoir de l'instant présent, le pouvoir de votre propre présence consciente. Ensuite, voyez ce qui se passe.

 

 

Identification de l'ego au corps de souffrance

Le processus que je viens de décrire est profondément puissant mais simple. On pourrait l'enseigner à un enfant, et espérons qu'un jour ce sera l'une des premières choses que les enfants apprendront à l'école. Lorsque vous aurez compris le principe fondamental de la présence, en tant qu'observateur, de ce qui se passe en vous,- et que vous le "comprendrez" par l'expérience -, vous aurez à votre disposition le plus puissant des outils de transformation.

Ne nions pas le fait que vous rencontrerez peut-être une très grande résistance intérieure intense* à vous désidentifier de votre souffrance. Ce sera particulièrement le cas si vous avez vécu étroitement identifié à votre corps de souffrance la plus grande partie de votre vie et que le sens de votre identité personnelle y est totalement ou partiellement investi. Cela signifie que vous avez fait de votre corps de souffrance un moi malheureux et que vous croyez être cette fiction créée par votre mental. Dans ce cas, la peur inconsciente de perdre votre identité entraînera une forte résistance à toute désidentification. Autrement dit, vous préfèreriez souffrir, c'est à dire être dans le corps de souffrance, plutôt que de faire un saut dans l'inconnu et de risquer de perdre ce moi malheureux mais familier.

 

* Traduire plutôt par "très grande et intense résistance intérieure".

 

 

 

 EXERCICE

Examinez cette résistance. Regardez de près l'attachement à votre souffrance. Soyez très vigilant. Observez le plaisir curieux que vous tirez de votre tourment, la compulsion que vous avez d'en parler ou d'y penser. La résistance cessera si vous la rendez consciente. Vous pourrez alors accorder votre attention au corps de souffrance, rester présent en tant que témoin et ainsi amorcer la transmutation.

 

Vous seul pouvez le faire. Personne ne peut y arriver à votre place. Mais si vous avez la chance de trouver quelqu'un d'intensément conscient, si vous pouvez vous joindre à cette personne dans l'état de présence, cela pourra accélérer les choses. Ainsi, votre propre lumière s'intensifiera rapidement.

Lorsqu'une bûche qui commence à peine à brûler est placée juste à côté d'une autre qui flambe ardemment et qu'au bout d'un certain temps elles sont séparées, la première chauffera avec beaucoup plus d'ardeur qu'au début. Après tout, il s'agit du même feu. Jouer le rôle du feu, c'est l'une des fonctions du maître spirituel. Certains thérapeutes peuvent également remplir cette fonction, pourvu qu'ils aient dépassé le plan mental et qu'ils soient à même de créer et de soutenir un état intense de présence pendant qu'ils s'occupent de vous.

La première chose à ne pas oublier est la suivante : TANT ET AUSSI LONGTEMPS QUE VOUS VOUS CRÉEREZ UNE IDENTITÉ QUELCONQUE A PARTIR DE LA SOUFFRANCE, IL VOUS SERA IMPOSSIBLE DE VOUS EN LIBÉRER. Tant et aussi longtemps que le sens de votre identité sera investi dans la souffrance émotionnelle, vous saboterez inconsciemment toute tentative faite dans le sens de guérir cette souffrance ou y résisterez d'une manière quelconque. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous voulez rester intact et que la souffrance est fondamentalement devenue une partie de vous. Il s'agit là d'un processus inconscient, et la seule façon de le dépasser est de le rendre conscient.

 

 

LECTURE MÉDITATIVE

Réaliser soudainement que vous êtes ou avez été attaché à votre souffrance peut être la cause d'un grand choc. Mais dès l'instant où cette prise de conscience a lieu, l'attachement est rompu.

 

Un peu comme une entité, le corps de souffrance est un champ énergétique qui se loge temporairement à l'intérieur de vous. C'est de l'énergie vitale qui est prise au piège et ne circule plus.

Bien entendu, le corps de souffrance existe en raison de certaines choses qui se sont produites dans le passé. C'est le passé qui vit en vous, et si vous vous identifiez au corps de souffrance, vous vous identifiez par la même occasion au passé. L'identité de victime est fondée sur la croyance que le passé est plus puissant que le présent, ce qui est contraire à la vérité. Que les autres et ce qu'ils vous ont fait sont responsables de ce que vous êtes maintenant, de votre souffrance émotionnelle ou de votre incapacité à être vraiment vous-même.

La vérité, c'est que le seul pouvoir qui existe est celui propre à l'instant présent : c'est le pouvoir de votre présence à ce qui est. Une fois que vous savez cela, vous réalisez également que vous-même et personne d'autre êtes maintenant responsable de votre vie intérieure et que le passé ne peut pas l'emporter sur le pouvoir de l'instant présent.

L'inconscience le crée, la conscience le métamorphose. Saint Paul a exprimé ce principe universel de façon magnifique : "On peut tout dévoiler en l'exposant à la lumière, et tout ce qui est ainsi exposé devient lui-même lumière." Tout comme vous ne pouvez vous battre contre l'obscurité, vous ne pouvez pas non plus vous battre contre le corps de souffrance.

Essayer de le faire créerait un conflit intérieur et, par conséquent, davantage de souffrance. Il suffit de l'observer et cela suppose l'accepter comme une partie de ce qui est en ce moment.

 

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FIN DU CHAPITRE 6

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Eckhart TOLLE, L'ART DU CALME INTÉRIEUR (2/10)

 

 AVERTISSEMENT : la lecture de ce type d'ouvrage (peut-être mal traduit, peut-être mal compris) ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal comprise peut, dans certains cas, s'avérer néfaste.

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 SUITE DU CHAPITRE 1 (CHAPITRE 2/10)

 

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La prochaine étape

de l'évolution humaine

consistera à transcender la pensée.

 

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Chapitre 2

 

Au delà du mental

 

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15 ◄ ►

La condition humaine, c'est d'être immergé dans la pensée.

La plupart des gens restent toute leur vie prisonniers des limites de leurs pensées. Ils ne dépassent jamais un sentiment de soi personnalisé, construit par le mental et conditionné par le passé.

Tout comme en chaque être humain, votre conscience comporte  une dimension beaucoup plus profonde que la pensée. C'est votre essence même. On peut l'appeler présence, attention, conscience inconditionnée. Dans les enseignements anciens, c'est le christ intérieur, votre nature de Bouddha.

Découvrir cette dimension vous libère, ainsi que le monde, de la souffrance que vous vous infligez, de même qu'aux autres, lorsque le "petit moi" définit tout votre bagage et mène votre vie. L'amour, la joie, l'expansion créatrice et la paix intérieure durable ne peuvent pénétrer dans votre vie qu'à travers cette dimension inconditionnée de la conscience.

Si vous reconnaissez, même par instants, que les pensées traversant votre esprit ne sont que des pensées, si vous observez vos schémas réactionnels à mesure qu'ils se produisent, alors cette dimension émerge déjà en vous : c'est la conscience dans laquelle surviennent les pensées et les émotions, c'est l'espace intérieur intemporel où se déploie le contenu de votre vie.

 

16 ◄ ►

Le flux de la pensée a une force énorme qui peut aisément vous emporter. Chaque pensée se donne tellement d'importance ! Elle veut attirer toute votre attention.

Voici une nouvelle pratique spirituelle à votre intention : ne prenez pas vos pensées trop au sérieux.

 

17 ◄ ►

Comme il est facile de se prendre au piège de ses propres prisons conceptuelles !

Le mental humain, dans son désir de connaître,  de comprendre et de contrôler, prend ses opinions et points de vue pour la vérité. Il dit : "c'est ainsi que cela fonctionne". Vous devez dépasser la pensée pour vous apercevoir que, peu importe comment vous interprétez "votre vie", celle d'un autre ou son comportement, et peu importe le jugement que vous portez sur une condition, ce n'est qu'un point  de vue parmi maintes possibilités. Ce n'est qu'un amas de pensées.

Mais la réalité est un ensemble unifié dans lequel tout est entrelacé, où rien n'existe en soi ni isolément. La pensée fait éclater la réalité ; elle la découpe en fragments conceptuels.

Le mental, cet instrument utile et puissant, devient fort contraignant s'il s'empare totalement de votre vie, si vous ne voyez pas qu'il constitue un aspect négligeable de la conscience que vous êtes.

 

18 ◄ ►

La sagesse n'est pas un produit de la pensée. La profonde certitude qu'est la sagesse naît d'un simple geste, celui d'accorder toute votre attention à un être. L'attention, c'est l'intelligence primordiale, la conscience même. Elle dissout les barrières de la pensée conceptuelle et s'accompagne de la reconnaissance que rien n'existe en soi ni séparément. Elle fond le sujet et l'objet de la perception en un champ de conscience unifié. Elle guérit la séparation.

Chaque fois que vous êtes plongé dans la pensée compulsive, vous évitez ce qui est. Vous ne voulez pas être là où vous êtes. Ici et maintenant.

 

19 ◄ ►

Les dogmes - religieux, politiques, scientifiques - naissent de la croyance erronée selon laquelle la pensée peut englober la réalité ou la vérité. Ils sont des prisons conceptuelles collectives. Le plus curieux, c'est que les gens adorent leur cellule, car elle leur donne un sentiment de sécurité et la fausse impression de savoir.

Rien n'a infligé à l'humanité plus de souffrance que ses dogmes. Tout dogme finit tôt ou tard par s'effondrer, oui, car la réalité finit par révéler sa fausseté ; mais si l'on n'en voit pas l'illusion fondamentale, il sera remplacé par d'autres.

Quelle est cette illusion fondamentale ? L'identification à la pensée.

 

20 ◄ ►

S'éveiller sur le plan spirituel, c'est s'éveiller du rêve de la pensée.

Le domaine de la conscience est trop vaste pour être saisi par la pensée. Lorsque vous ne croyez plus tout ce que vous pensez, vous sortez de la pensée pour voir clairement que le penseur n'est pas votre être essentiel.

 

21 ◄ ►

Comme le mental dépend de l'insuffisance, il est toujours avide d'avoir davantage. En vous identifiant au mental, vous tombez très facilement dans l'ennui et l'agitation. L'ennui signifie que le mental a faim de stimuli, de stimulations intellectuelles, et que son appétit n'est pas satisfait.

Lorsque vous vous ennuyez, vous pouvez satisfaire la faim du mental en ouvrant un magazine, en faisant un appel téléphonique, en allumant votre téléviseur, en navigant sur le web, en vous rendant dans une boutique ou - ce qui n'est pas rare - en transférant sur le corps cette impression mentale de manque et ce besoin d'avoir plus, que vous comblez brièvement par l'ingestion d'aliments.

Vous pouvez rester dans l'ennui et l'impatience, tout en observant ce sentiment d'ennui et d'impatience. Lorsque vous portez votre conscience sur ce sentiment, il s'entoure soudainement d'espace et de calme, pour ainsi dire. D'abord un peu, puis, à mesure que grandit ce sentiment d'espace intérieur, l'ennui diminue en importance et en intensité. Ainsi, même l'ennui peut vous enseigner qui vous êtes et qui vous n'êtes pas.

Vous découvrez que "cette personne qui s'ennuie" n'est pas votre nature essentielle. L'ennui n'est qu'un mouvement conditionné qui vous habite. Vous n'êtes pas non plus cette personne en colère, triste ou craintive. L'ennui, la tristesse, la colère ou la peur ne sont pas "à vous" ; ils n'ont rien de personnel. Ce sont des états d'esprit, ils vont et viennent.

Rien de ce qui va et vient n'est vous.

"je m'ennuie." Qui sait cela ?

"je suis en colère, je suis triste, j'ai peur." Qui sait cela ?

Vous êtes le fait de connaître et non l'état connu.

 

22 ◄ ►

Tout préjugé indique l'identification au mental. Il signifie que vous ne voyez plus l'autre humain, mais seulement l'idée que vous en avez. Ramener à un concept la vitalité d'un autre humain constitue déjà une forme de violence.

Si elle n'est pas enracinée dans la conscience, la pensée devient égoïste et dysfonctionnelle. L'ingéniosité dépourvue de sagesse est extrêmement dangereuse et destructrice. C'est l'état actuel de la majeure partie de l'humanité. L'amplification de la pensée par la science et la technologie, ni bonne ni mauvaise en soi, est elle aussi devenue destructrice car, souvent, la pensée initiale n'est pas enracinée dans la conscience.

La prochaine étape de l'évolution humaine consistera à transcender la pensée. C'est notre tâche urgente. Cela ne veut pas dire cesser de penser, mais tout simplement ne pas être identifié à la pensée, ni possédé par elle.

 

23 ◄ ►

Sentez l'énergie de votre corps intérieur. Le bruit du mental ralentit alors ou cesse immédiatement. Sentez-la dans vos mains, vos pieds, votre abdomen, votre poitrine. Sentez la vie que vous êtes, la vie qui anime ce corps.

Ce corps devient alors une ouverture, en quelque sorte : il donne accès à un sentiment plus profond de vitalité, sous les émotions fluctuantes et l'activité mentale.

Il y a en vous une vitalité que vous pouvez sentir de tout votre Être et non uniquement dans la tête. Chaque cellule vit dans cette présence qui vous dispense de penser. Cet état n'exclut pas la pensée si elle est nécessaire à des fins pratiques. Le mental fonctionne encore, et d'une façon magnifique, quand l'intelligence supérieure que vous êtes l'utilise et s'exprime par lui.

 

24 ◄ ►

Vous ne l'avez peut-être pas remarqué, mais de brèves périodes de "conscience sans pensée" se produisent déjà d'une manière naturelle et spontanée dans votre vie. En vous livrant à une activité manuelle, en traversant une pièce, en attendant au comptoir de la ligne aérienne, vous pouvez être si complètement présent que les parasites mentaux habituels se calment pour laisser place à une présence consciente. Vous pouvez aussi regarder le ciel ou écouter quelqu'un sans faire de commentaire mental intérieur. Vos perceptions deviennent claires comme du cristal, limpides et dépourvues de pensée.

Pour le mental, cela ne compte pas, car il a d'autres chats à fouetter. De plus, comme ce ne sont pas des moments mémorables, vous ne les avez pas remarqués.

En réalité, c'est ce qui vous arrive de plus important. C'est le début du passage de la pensée à la présence consciente.

 

25 ◄ ►

Acclimatez-vous avec aisance à l'état de "non-savoir". Il vous permet de dépasser le mental, qui essaie toujours de conclure et d'interpréter, craignant de ne pas savoir. Ainsi, lorsque vous êtes à l'aise dans le non-savoir, vous dépassez déjà le mental. De cet état surgit alors une certitude plus profonde, non conceptuelle.

 

26 ◄ ►

La création artistique, le sport, la danse, l'enseignement, l'aide aux personnes : la maîtrise de n'importe quel champ d'activité implique que le mental n'est plus engagé ou, du moins, qu'il occupe une place secondaire. Il devient une force et une intelligence plus grandes que vous, et pourtant essentiellement unies à vous. Il n'y a plus de processus décisionnel ; la bonne action s'exerce spontanément, sans que "vous" en soyez l'acteur.

La maîtrise de la vie est le contraire du contrôle. Vous vous alignez sur la conscience supérieure, qui agit, parle, effectue le travail.

 

27 ◄ ►

Un instant de danger peut susciter une cessation temporaire du flux de la pensée et, ainsi, vous donner un aperçu de ce que veulent dire la présence, l'éveil, ou la conscience.

 

28 ◄ ►

La Vérité dépasse largement ce que le mental peut comprendre. Nulle pensée n'englobe la Vérité. Au mieux, elle peut l'indiquer. Par exemple celle-ci : "Toutes choses sont intrinsèquement Une". C'est là une indication, non une explication. Comprendre ces paroles, c'est sentir au fond de vous la Vérité qu'elles indiquent.

 

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FIN DU CHAPITRE 2

SUITE

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Méditation zen (zazen) à Toulouse :

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Eckhart TOLLE, l'ART DU CALME INTÉRIEUR (8/10)

 

 Mise en garde : la lecture de ce type d'ouvrage (peut-être mal traduit, peut-être mal compris) ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal assimilée peut, dans certains cas, s'avérer néfaste.

 

 Ces écrits, qui ne sont pas une initiation à la méditation, s'adressent plutôt à des personnes ayant déjà fait connaissance, au moins superficiellement, avec le mental, cet inlassable phonographe trop souvent dispensateur de pensées indésirables.

 

 

 

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Suite du chapitre 7

 

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C'est merveilleux de dépasser le désir

et la peur dans les relations !

L'amour ne veut ni ne craint rien.

 

 

Chapitre 8

 

Les relations

 

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91 ◄ ►

Comme nous sommes prompts à former une opinion sur une personne, à la juger ! Il est satisfaisant pour le mental égoïque de classer un être humain, de lui accoler une identité conceptuelle, de prononcer un jugement vertueux.

Chaque être humain est conditionné à penser et à se comporter de certaines façons - généralement par des expériences vécues dans l'enfance et par son environnement culturel.

Vous ne voyez pas l'essence de cette personne, mais son apparence. En jugeant quelqu'un, vous confondez sa nature avec ces schémas mentaux conditionnés. Cette attitude est en soi un schéma profondément conditionné et inconscient. Vous lui attribuez une identité conceptuelle fausse qui devient une prison non seulement pour lui, mais aussi pour vous-même.

Ne plus juger une personne, ce n'est pas ne pas voir ses gestes. C'est reconnaître que son comportement correspond à une forme de conditionnement et que vous la voyez et l'acceptez ainsi. Ce n'est pas lui fabriquer une identité.

Cela vous libère, de même que l'autre, de l'identification au conditionnement, à la forme, au mental. Ainsi, l'ego ne dirige plus vos relations.

 

92 ◄ ►

Tant que l'égo dirige votre vie, la plupart de vos pensées, de vos émotions et de vos gestes émanent du désir et de la peur. Alors, dans les relations, vous désirez ou craignez quelque chose de l'autre.

Ce que vous voulez de lui, ce peut être le plaisir ou le gain matériel, la reconnaissance, des louanges ou de l'attention, ou un renforcement de votre sentiment de soi par la comparaison et l'affirmation que vous êtes supérieur à lui, du point de vue de l'être, de l'avoir ou des connaissances. Ce que vous craignez c'est le contraire : qu'il puisse, d'une façon ou d'une autre, diminuer votre sentiment de soi.

Lorsque vous focalisez votre attention sur le moment présent - au lieu d'en faire usage comme d'un simple moyen -, vous dépassez l'ego et l'impulsion inconsciente d'utiliser les gens pour vous mettre en valeur à leurs dépens. En accordant toute votre attention à votre interlocuteur, vous écartez de la relation le passé et le futur, sauf pour des questions pratiques. En étant pleinement présent à votre interlocuteur, vous renoncez à l'identité conceptuelle que vous lui avez fabriquée - votre interprétation de son identité et de son passé - et pouvez interagir sans les impulsions égoïques du désir et de la peur. La clé, c'est l'attention, qui est la quiétude éveillée.

Comme c'est merveilleux de dépasser le désir et la peur dans les relations ! L'amour ne veut ni ne craint rien.

 

93 ◄ ►

Si son passé était le vôtre, sa douleur la vôtre, son niveau de conscience le vôtre, vous penseriez exactement comme lui. Avec cette prise de conscience viennent le pardon, la compassion, la paix.

L'ego n'aime pas entendre cela, car s'il ne peut plus être réactif et vertueux, il perd de sa force.

 

94 ◄ ►

Lorsque vous recevez comme un noble invité quiconque entre dans l'espace du Présent, et que vous laissez cette personne être soi, elle commence à changer.

Pour connaître un autre humain dans son essence, vous n'avez pas vraiment besoin de connaissance sur lui - son passé, son histoire. Nous confondons la connaissance superficielle avec une connaissance profonde, qui n'est pas conceptuelle. Ce sont là deux modalités complètement différentes. L'une se préoccupe de la forme, l'autre de ce qui n'en a pas. L'une procède de la pensée, l'autre du calme.

La connaissance superficielle est utile à des fins pratiques. Sur ce plan, nous ne pouvons nous en passer. Mais lorsque c'est le plan prédominant de la relation, elle devient fort contraignante et même destructrice. Les pensées et concepts engendrent une barrière artificielle, une séparation entre les humains.

Alors, vos interactions ne sont pas enracinées dans l'Être, mais basées sur le mental. Sans les barrières conceptuelles, l'amour est naturellement présent dans toutes les interactions humaines.

 

95 ◄ ►

La plupart des interactions humaines se limitent à l'échange verbal - le domaine de la pensée. Il est essentiel d'apporter du calme, surtout dans vos relations intimes.

Aucune relation ne peut s'épanouir sans le sentiment d'ampleur qui accompagne le calme. Méditez, ou passez du temps ensemble en silence dans la nature. En vous promenant, ou assis dans la voiture ou à la maison, coulez-vous dans votre calme commun. Ce dernier ne peut et ne doit pas être créé. Il suffit d'être réceptif au calme déjà présent, mais généralement couvert par le bruit mental.

Sans ce calme spacieux, la relation sera dominée par le mental et aisément envahie par les problèmes et les conflits. Le calme, lui, peut tout contenir.

 

96 ◄ ►

L'écoute véritable est un autre moyen d'apporter le calme dans la relation. Lorsque vous écoutez vraiment, la dimension du calme émerge, devenant un aspect essentiel de la relation. Mais l'écoute véritable est un talent rare. Habituellement, une personne accorde une grande part de son attention à sa pensée. Au mieux, elle peut évaluer vos paroles ou préparer son prochain propos. Ou elle n'écoute peut-être pas du tout, perdue dans ses propres pensées.

L'écoute véritable dépasse largement la perception auditive. C'est l'attention éveillée, un espace de présence dans lequel les paroles sont reçues. Celles-ci deviennent alors secondaires, pouvant ou non avoir un sens. Ce qui compte, bien plus que ce que vous écoutez, c'est l'écoute même ; l'espace de présence consciente se manifeste dans votre écoute. Cet espace est un champ de conscience homogène dans lequel vous rencontrez l'autre sans les barrières créées par la pensée conceptuelle. Ainsi, cette personne n'est plus "autre". Dans cet espace, vous êtes tous deux reliés en une seule conscience.

 

97 ◄ ►

Vivez-vous des drames fréquents et répétitifs dans vos relations intimes ? Des désagréments relativement insignifiants déclenchent-ils souvent des discussions violentes et une douleur émotionnelle ?

Cela repose sur les schémas égoïques de base, soit le besoin d'avoir raison et, bien sûr, de donner tort à l'autre. En somme, sur l'identification à des positions mentales, il y a aussi le besoin de l'ego d'être en conflit périodique avec une chose ou une personne afin de renforcer son sentiment de séparation entre "moi" et "l'autre", condition essentielle à sa survie.

S'y ajoute l'accumulation de la douleur émotionnelle antérieure que vous portez, comme tout être humain, celle de votre passé personnel et de la douleur collective de l'humanité, fort ancienne. Ce "corps de souffrance" est un champ d'énergie intérieur qui s'empare sporadiquement de vous, par besoin de ressentir une plus grande douleur émotionnelle, pour s'en nourrir et se reconstituer. Il tente de contrôler vôtre pensée et de la rendre profondément négative. En réalité, il adore vos pensées négatives. Comme il résonne à leur fréquence, il peut s'en nourrir aussi. Il provoque également des réactions émotionnelles négatives chez vos proches, surtout votre partenaire, pour se repaître du drame et de la douleur émotionnelle qui s'ensuivent.

Comment vous libérer de cette inconsciente et profonde identification à la douleur qui engendre tant de malheur dans votre vie ?

Prenez-en conscience. Voyez que ce n'est pas votre nature et reconnaissez-la pour ce qu'elle est : une douleur passée. Observez-la chez votre partenaire et chez vous même. Lorsqu'elle est rompue, lorsque vous pouvez l'observer en vous, vous ne l'alimentez plus et elle perd graduellement sa charge énergétique.

 

98 ◄ ►

L'interaction humaine peut être un enfer. Ou une grande pratique spirituelle.

Si, en considérant un autre humain, vous ressentez beaucoup d'amour à son égard, ou si, en contemplant la beauté de la nature, quelque chose en vous réagit profondément, fermez un instant les yeux et ressentez en vous l'essence de cet amour ou de cette beauté, essence inséparable de qui vous êtes, de votre nature véritable. La forme extérieure est un reflet temporaire de votre nature intérieure, de votre essence. C'est pourquoi l'amour et la beauté ne vous quitteront jamais, contrairement à toutes les formes extérieures.

 

99 ◄ ►

Quelle est votre relation au monde des objets, aux innombrables choses qui vous entourent et que vous manipulez quotidiennement ? Ce fauteuil, ce stylo, cette voiture, cette tasse ? Sont-ils pour vous de simples moyens, ou vous arrive-t-il parfois de reconnaître leur existence, leur être, ne serait-ce que brièvement, en les remarquent et en leur accordant votre attention ?

Lorsque vous vous attachez aux objets, que vous les utilisez pour rehausser votre valeur à vos propres yeux et à ceux des autres, les préoccupations matérielles peuvent facilement s'emparer de votre vie. En vous identifiant aux choses, vous ne les appréciez pas pour ce qu'elles sont, car vous vous cherchez en elles.

Si vous appréciez un objet pour ce qu'il est, si vous reconnaissez son être sans projection mentale, vous ne pouvez qu'être reconnaissant de son existence. Vous pouvez également sentir qu'il n'est pas vraiment inanimé, que ce n'est qu'apparence des sens. En effet, les physiciens confirmeront que, sur un plan moléculaire, tout objet constitue un champ d'énergie en pulsation.

Grâce à votre appréciation désintéressée du domaine des objets, le monde qui vous entoure prendra vie de bien des façons dont votre mental n'a pas la moindre idée.

 

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Lorsque vous rencontrez quelqu'un, ne serait-ce que brièvement, reconnaissez-vous son être en lui accordant toute votre attention ou bien le réduisez-vous à un simple moyen, à une fonction ou un rôle ?

Quelle est la qualité de votre relation avec la caissière du supermarché, le préposé au stationnement, le réparateur, le "client" ?

Un moment d'attention suffit. Lorsque vous regardez ou écoutez cette personne, un calme éveillé se produit -  de deux ou trois secondes, peut-être d'une durée plus longue. Cela suffit pour qu'émerge quelque chose de plus réel que les rôles habituels auxquels nous nous identifions. Tous les rôles font partie de la conscience conditionnée qu'est le mental humain. Ce qui se révèle par le geste attentif, c'est l'inconditionné - votre nature essentielle, derrière votre nom et votre forme. Vous n'êtes plus en train de jouer un scénario ; vous devenez réel. Lorsque cette dimension monte au fond de vous, elle l'attire aussi chez l'autre.

En définitive, il n'y a bien entendu personne d'autre ; c'est toujours vous-même que vous rencontrez.

 

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FIN DU CHAPITRE 8

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Eckhart TOLLE, l'ART DU CALME INTÉRIEUR (9/10)

 

 Mise en garde : la lecture de ce type d'ouvrage (peut-être mal traduit, peut-être mal compris) ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal assimilée peut, dans certains cas, s'avérer néfaste.

 

 Ces écrits, qui ne sont pas une initiation à la méditation, s'adressent plutôt à des personnes ayant déjà fait connaissance, au moins superficiellement, avec le mental, cet inlassable phonographe trop souvent dispensateur de pensées indésirables.

 

 

 

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Suite du chapitre 8

 

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La vie est éternelle.

 

 

Chapitre 9

 

La mort et l'éternel

 

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En marchant dans une forêt qui n'a été ni domestiquée ni dérangée par l'homme, non seulement vous verrez une vie abondante tout autour de vous, mais vous rencontrerez aussi, à chaque pas, des arbres tombés, des troncs et des feuilles en train de pourrir et de la matière décomposée. Partout où vous regarderez, vous trouverez aussi bien la vie que la mort.

En y regardant de plus près, toutefois, vous découvrirez que le tronc et les feuilles en décomposition non seulement donnent naissance à une nouvelle vie, mais sont eux-mêmes pleins de vie puisque des micro-organismes y travaillent, des molécules se réorganisent. La mort ne se trouve donc nulle part, il n'y a que la métamorphose des formes de vie. Quelle leçon pouvez-vous en tirer ?

La mort n'est pas le contraire de la vie. La vie n'a pas de contraire. Le contraire de la mort est la naissance. La vie est éternelle.

 

102 ◄ ►

De tout temps, les sages et les poètes ont reconnu le caractère onirique de l'existence humaine - en apparence et si réelle, mais en fait si fugace qu'elle pourrait se dissoudre à tout moment.

A l'instant de la mort, en effet, l'histoire de votre vie peut apparaître comme un rêve tirant à sa fin. Mais même un rêve doit avoir une essence réelle. Il doit se concrétiser dans une conscience ; autrement, il ne serait pas.

Cette conscience est-elle crée par le corps ou crée t'elle le rêve du corps ou de quelqu'un?

Pourquoi la plupart de ceux qui ont survécu à la mort ne craignent-ils plus la mort ? Réfléchissez à cela.

 

103 ◄ ►

Vous savez, bien sûr, que vous allez mourir, mais cela demeure un simple concept mental jusqu'à votre première rencontre "personnelle" avec la mort : une grave maladie ou un accident qui vous arrive ou afflige un proche, ou le décès d'un être aimé. La mort entre alors dans votre vie en tant que conscience de votre propre mortalité.

La plupart des gens s'en détournent par peur, mais si vous ne bronchez pas et affrontez la fugacité de votre corps qui pourrait se dissoudre à tout moment, vous parvenez à un certain degré de désidentification, même léger, de votre forme physique et psychologique, le "moi". Lorsque vous voyez et acceptez la nature transitoire de toutes formes de vie, un étrange sentiment de paix s'installe en vous.

En affrontant la mort, votre conscience se libère dans une certaine mesure de l'identification à la forme. C'est pourquoi, dans les traditions bouddhistes, les moines visitent régulièrement la morgue pour méditer parmi les dépouilles.

La culture occidentale entretient un déni généralisé de la mort. Même les gens âgés tentent de ne pas en parler ni d'y penser, et l'on cache les cadavres. Une culture qui nie la mort finit par devenir superficielle, préoccupée uniquement par la forme extérieure des choses. Lorsqu'on nie la mort, la vie perd de sa profondeur. La possibilité de savoir qui nous sommes par-delà le nom et la forme, soit d'accéder à la dimension du transcendant, disparaît de notre vie, puisque la mort est la porte d'entrée de cette dimension.

 

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Les gens ont tendance à vivre une fin avec un malaise, car toute fin est une petite mort. C'est pourquoi, dans bien des langues,  l'expression employée lorsqu'on se quitte signifie "au revoir".

Chaque fois qu'une expérience tire à sa fin - une réunion d'amis, un congé, le départ des enfants -, on vit une petite mort. Une "forme" que cette expérience a fait apparaître dans votre conscience, se dissout, et cela laisse un sentiment de vide que la plupart des gens s'efforcent de ne pas ressentir, de ne pas affronter.

Si vous apprenez à accepter et même à accueillir la fin dans votre vie, vous découvrirez peut-être que le sentiment de vide, qui paraissait inconfortable au début, prend une ampleur profondément paisible.

En apprenant ainsi à mourir au quotidien, vous vous ouvrez à la vie.

 

105 ◄ ►

La plupart des gens ont l'impression que leur identité, leur sentiment de soi, est une chose extrêmement précieuse qu'il ne faut pas perdre. C'est la raison pour laquelle ils ont si peur de la mort.

Il semble inimaginable et effrayant que "je" puisse cesser d'exister. Mais vous confondez ce précieux "je" avec votre nom, votre forme et l'histoire qui y est associée. Ce "je" n'est qu'une création temporaire dans le champ de la conscience.

Tant que votre connaissance se résume à cette identité formelle, vous n'êtes pas conscient du fait que ce caractère précieux est votre propre essence, votre sentiment le plus intime du "Je Suis", qui est la conscience même. C'est l'éternel en vous - et la seule chose que vous ne pouvez perdre.

 

106 ◄ ►

Chaque fois qu'une perte profonde survient dans votre vie - celle de vos biens, de votre maison, d'une relation intime ; ou celle de votre réputation, de votre travail ou de vos capacités physiques, -, quelque chose meurt en vous. Vous vous sentez diminué dans votre sentiment d'identité. Vous pouvez également ressentir une certaine désorientation : "Sans cela ... qui suis-je ?"

Lorsqu'une forme que vous aviez inconsciemment identifiée à une partie de vous-même vous quitte ou se dissout, ce peut être extrêmement pénible. Elle laisse un trou, pour ainsi dire, dans le tissu de votre existence.

Dans ce cas, ne niez pas et n'ignorez pas votre douleur ni votre tristesse. Acceptez leur présence. Méfiez-vous de la tendance de votre mental à élaborer autour de cette perte une histoire dans laquelle vous vous donnez le rôle de victime. La peur, la colère, le ressentiment ou l'apitoiement sur soi sont les émotions qui accompagnent ce rôle. Puis, prenez conscience de ce que cachent ces émotions et cette construction du mental : ce trou, cet espace vide. Pouvez-vous affronter et accepter cet étrange sentiment de vide ? Le cas échéant, vous découvrirez peut-être que cet espace n'est pas si terrifiant. Vous aurez peut-être la surprise de constater qu'une paix en émane.

Chaque fois que la mort survient, qu'une forme de vie se dissout, Dieu, l'informe et le non-manifesté, rayonne par l'ouverture laissée par la forme en dissolution. Voilà pourquoi la mort est ce qu'il y a de plus sacré dans la vie. Voilà pourquoi la paix de Dieu peut vous parvenir par la contemplation et l'acceptation de la mort.

 

107 ◄ ►

Comme chaque expérience humaine est éphémère, comme nos vies sont fugaces ! Y-a-t-il quelque chose qui ne soit pas sujet à la naissance t à la mort, quelque chose d'éternel ?

Réfléchissez : s'il n'y avait qu'une seule couleur, disons le bleu, et que le monde entier, avec tout ce qu'il comprend, était bleu, il n'y aurait pas de bleu. Pour que l'on puisse reconnaître le bleu, il doit y avoir quelque chose qui ne l'est pas ; autrement, il ne "ressortirait pas", il n'existerait pas.

De même, ne faut-il pas quelque chose qui n'est ni fugace ni transitoire pour que soit reconnue la fugacité de toutes choses ? Autrement dit, si tout était transitoire, y compris vous-même, le sauriez-vous ? Puisque vous avez conscience de la nature éphémère de toutes les formes, y compris la vôtre, et que vous pouvez l'observer, n'est-ce pas un signe que quelque chose en vous n'est pas sujet à la décomposition ?

A vingt ans, vous avez conscience de la force et de la vigueur de votre corps ; soixante ans plus tard, vous avez conscience de sa vieillesse et de sa faiblesse. Votre pensée a peut-être changé, elle aussi, depuis vos vingt ans, mais la conscience de la jeunesse ou de la vieillesse du corps, ou du changement de votre pensée n'a subi, elle, aucune modification. Cette conscience, c'est l'éternel en vous - la conscience même. C'est la Vie Une et sans forme. Pouvez-vous la perdre ? Non, car C'est ce que vous êtes.

Juste avant de mourir, certaines personnes deviennent profondément paisibles et presque lumineuses, comme si quelque chose luisait à travers la forme en dissolution.

Il arrive parfois que des gens très malades ou vieux deviennent en quelque sorte presque transparents au cours des ultimes semaines, mois ou même années de leur vie. Lorsqu'ils vous regardent, vous voyez une lueur dans leurs yeux. La souffrance psychologique a disparu. Comme ils ont lâché prise, la personne, ce "moi" égoïque construit par le mental, s'est déjà dissoute. Ils sont "morts avant de mourir" et ont trouvé une paix intérieure profonde, soit la conscience de leur part immortelle.

 

108 ◄ ►

Pour chaque accident et désastre, il existe une dimension de rédemption potentielle dont nous ne sommes habituellement pas conscients.

L'immense choc de la mort imminente et tout à fait inattendue peut subitement sortir  votre conscience de l'identification à la forme. Aux derniers instants avant la mort physique, et au moment de celle-ci, vous avez l'impression d'être une conscience libérée de la forme. Soudain, plus de peur, seulement la paix et la certitude que "tout va bien" et que la mort n'est que la dissolution d'une forme. La mort est alors perçue, en fin de compte, comme une illusion - tout comme la forme à laquelle vous vous étiez identifié.

 

109 ◄ ►

La mort n'est pas une anomalie ni l'évènement le plus terrible de tous, comme la culture moderne voudrait nous le faire croire, mais la chose la plus naturelle du monde, inséparable de son autre polarité, la naissance, tout aussi naturelle. Rappelez-vous de cela lorsque vous accompagnerez un mourant.

C'est un grand privilège et un geste sacré que d'assister à la mort de quelqu'un, en tant que témoin et compagnon.

Lorsque vous accompagnez un mourant, ne niez aucun aspect de cette expérience. Ne niez pas ce qui est en train de se passer, ni vos sentiments. Reconnaître que vous ne pouvez rien faire peut vous donner un sentiment de désespoir, de tristesse ou de colère. Acceptez ce que vous ressentez. Puis, faites un pas de plus : acceptez votre impuissance, acceptez-la complètement. Vous ne dominez pas la situation. Abandonnez-vous à chaque aspect de cette expérience, à vos sentiments, de même qu'à toute la douleur ou l'inconfort du mourant. Votre conscience en lâcher-prise et le calme qui l'accompagne aideront grandement le mourant et faciliteront sa transition. S'il convient de prononcer quelques paroles, elles jailliront de votre calme intérieur, mais seront en somme secondaires.

Avec le calme vient la bénédiction : la paix.

 

 

 

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FIN DU CHAPITRE 9

SUITE & FIN

 

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