PICASSO

 

Péninsule accostée aux laves enflammées,

Nébuleuse de blanc de la conscience pure,

Qui du crayon jaillie débâtit la prison

D’une âme qui s’enivre à son tout premier bal !

 

De l’effrayant fouillis aux couleurs surannées

Où rien ne transparaît, la puissance d’esprit

Qui déblaie le chemin réunit un à un

Mille et un sentiments et les fond au creuset.

 

Paysage éclaté, où l’essentiel demeure

Plus fort en vérités que la vie que la mort,

Visages déchirés par la joie par la peur

Où toute une émotion se chiffre en un seul trait !

 

D’un halo invisible, où l’œuvre disparaît,

S’exhale l’expression de la toile achevée,

Sensation épurée où la pensée se tait,

Et la conscience boit au seul dire du peintre.

 

 

JCP, 05/2021