Ce sonnet, qui s'est vu attribuer le troisième prix du concours de poésie 2021 "POETIKA"  (13 pays participants), valait peut-être une brève remontée en "tête de gondole".

Ceci malgré qu'une certaine modestie s'y oppose - modestie insuffisante pour s'y opposer vraiment... tout arrangeur de mots cherche à être lu.

Par égard envers les mots, l'image d'illustration de la première édition n'a pas été jointe.

 

http://www.poetika17.com/listelaureats.html

 

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Bois flotté

 

Aux sables en repos que la marée délaisse,

Vient mourir sur la grève une pièce de bois,

Venue peut-être là de la nef d’un grand roi,

Comme d’un frêle esquif accablé de vieillesse.

 

- Que tu sois d’un vaisseau de tant et tant de pièces

Ou du pauvre canot d’un vieux pêcheur d’anchois,

Que la poudre ou l’écueil aient eu raison de toi,

Qui saura les émois de ta prime jeunesse ?

 

Déjà le flot grondeur, sous les vents revenus,

Ramenait la marée aux grands espaces nus,

Lorsqu’une faible voix déclarait en substance :

 

- Sachez que je ne fus coque d’aucun vaisseau,

Mais qu’à ces reliquats jadis pendaient des os,

Dit le morceau de bois, - ainsi, je fus potence.

 

 

 

 

 

JCP Août 2010, revu et corrigé Décembre 2019

JCP, Novembre 2015, pour Les Impromptus Littéraires :

 http://impromptuslitteraires.blogspot.fr/2015/10/jcp-une-photographie.html 

 Ce poème a été inspiré par la côte sauvage d'Oléron.