25 décembre 2020

Musique (1223)

 

 

 

Musique

                    

Au concert quelquefois

les belles écouteuses

ont l’oreille voyeuse

 

 

JCP 07/2020

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22 décembre 2020

Citation, Laurence Equilbey

 

 

« La musique est une clé qui ouvre les portes de l’inexprimable ».

 

Laurence Equilbey, directrice d'orchestre

 

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21 décembre 2020

Sur la neige (1289)

 

 

 

Sur la neige

 

Bouton blanc qui manquait

Au vaste manteau blanc,

Le flocon blanc se pose

Et se fond dans le blanc,

Page blanche encre blanche

Où ne se lit que blanc.

 

 

 

11-12/2020

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18 décembre 2020

La mort du miroir (1294)

 

 

 

 

La mort du miroir

 

Comme une outre percée d’où couleraient des larmes,

Le miroir s’est vidé de ses anciens reflets,

Et la flamme qui court à son tain fissuré

Dessine un arc-en-ciel de poussières d’images.

 

À sa surface lisse où le noir s’établit

Luit un dernier éclair, révélant les abysses

D’une mémoire morte : le miroir suicidé

Ne reflètera plus ce monde de laideur.

 

 

JCP, 12/2020

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16 décembre 2020

Senderos que se bifurcan (1295)

 

 

 

 

Senderos que se bifurcan*

 

                                                        À Jorge Luís Borges

 

Aux lueurs affaiblies d’un passé révolu,

Parfois s’éclaire en nous le sentier qui bifurque -

Et qu’on n’emprunta pas. Et serpente en nôtre âme

La voie d’une autre vie qui mourut avant d’être.

 

Ainsi qu’au coffret clos, dont l’imagination

Voit immense et précieux ce qu’il ne contient pas,

Comme elle eût été belle, emplie de tant de joies,

De bonheur et d’amour, la vie que l’on n’eut pas !

 

Écartées à jamais de notre connaissance,

Qui dira si ces voies ne forment près de nous

- En réseau parallèle à notre destinée -

Des rails immaculés où nous pourrions rouler…

 

 

 

* Sentiers qui bifurquent

D’après le titre original du recueil de nouvelles de Jorge Luís Borges (Argentine, 1899-1983) « Le jardin aux sentiers qui bifurquent ».

Augmenté du recueil « Artifices » et édité sous le titre « Fictions » (Folio, Gallimard).

Grand classique de la littérature sud-américaine, fréquemment étudié en classes de lettres.

 

JCP, 12/2020


15 décembre 2020

Patti Smith : "Just kids"

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Patti Smith : "Just kids"

 

            Si vous n’êtes ni punk ni rock, ni poésie ni photo d’art, peinture dessin ou compositions artistiques, ou si même vous lisez peu ou n’écoutez pas de musique, peut-être alors, malgré ces restrictions (que vous n’avez pas toutes !), devriez-vous lire cet ouvrage de Patti Smith, « Just kids » - même si vous n’avez jamais entendu parler d’elle.

Née à Chicago en 1946, Patti Smith se fit connaître chez nous comme chanteuse rock-punk, un mouvement qu’elle a, associée à d’autres, initié en tant que femme (Nina Hagen vint après elle). L’album 33 tours (on disait aussi microsillon mais jamais « vinyle ») « Horses » (1975) rencontra un succès notable de ce côté de l’Atlantique (bien que je le trouve inécoutable, cette musique exige tant d’indulgence dans ses approximations délibérées pour satisfaire à l’attitude marginale et provocatrice affichée qu’il est bien difficile, même par protection affective, de l’apprécier comme telle.)

Garçon manqué très peu soigneuse de sa personne, gamine elle se disait général de son quartier, dirigeant jeux et loisirs des enfants de son âge d’une main de fer… avant de se lancer seule à la conquête - rien de moins - de New York, au risque d’y éprouver l’échec et la misère, ce qui ne manqua pas d’arriver les premiers temps. (Elle naquit dans un milieu modeste).

Patti, qui est aussi bonne écrivaine, peintre et dessinatrice, s’est beaucoup intéressée à la poésie, et, grande admiratrice de Rimbaud et de Walt Whitman, elle en a écrit toute sa vie. Avec comme lieu inspirant préféré la table de bistrot. (Comme l’auteur de ces lignes - la comparaison s’arrêtant là).

Ayant vécu, comme beaucoup d’artistes, cinéastes, musiciens, peintres et écrivains d’alors (la liste est interminable et les noms connus), au mythique Chelsea hôtel de New York (inscrit aujourd’hui au « National Register of Historic Places ») avec Robert Mapplethorpe, artiste et photographe underground, c’est dans ce creuset de l’art qu’elle a développé ses multiples talents, au gré des influences rencontrées. Avec comme cadre les bas-fonds de New York, y côtoyant le milieu des junkies, des homosexuels et des prostitués des deux sexes, comme de personnes influentes ou peu respectables - voire dangereuses.

C’est dans ce cadre que « Just kids », écrit en 2010, témoigne de sa jeunesse et de ses débuts dans l’affiche, la peinture, le dessin, la photographie, la musique, le chant, la composition musicale, la poésie, l’écriture. Elle nous dit ses combats, ses peines, ses joies, en compagnie des hommes qui vécurent avec elle et près d’elle, qui la soutinrent et la stimulèrent dans son parcours.

On le voit, 2010, Patti s’est mise « sur le tard » à écrire le roman de sa vie (notant de longue date les évènements significatifs traversés, elle disposait de volumineux cahiers).

Il ne sera donné ici ni résumé notable ni critique de cet ouvrage, quantité de sites littéraires le font. Cette petite merveille (où tout n’est pas merveilleux !) vous sera laissée vierge de tout dire ; ne gâchons pas le plaisir de lire cette vertigineuse plongée dans les abysses du milieu underground du New York des années 1960-70. Haut lieu de la création artistique mondiale, que traversèrent une myriade d’étoiles - filantes ou non -, aujourd’hui respectées. Et dont les noms sont gravés sur des plaques commémoratives à l’entrée du Chelsea Hôtel.

Cet ouvrage a été primé - et le mérite, tant il représente un des plus précieux témoignages du passé artistique récent des États-Unis - et par extension du monde civilisé, où tout n’était pas si mal, même si ça n’était pas parfait.

 

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Rêve d'une vie entière et de nombreuses fois visitée, Patti Smith a pu enfin acquérir la maison d'Arthur Rimbaud, pour lequel elle affichait une authentique vénération, maison où il écrivit notamment Le bateau ivre et Les illuminations, en 2016, la sauvant d'une lente agonie. À la grande satisfaction des gestionnaires du musée Rimbaud de Charleville-Mézières, heureux d'avoir trouvé en elle une protectrice passionnée, par ailleurs déjà marraine du musée.

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JCP, 31/12/2020

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Deux de ses albums musicaux

 

 

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Avec Robert Mapplethorpe, et lors d'une entrevue avec Lou Doillon à l'occasion de la réédition de "Just kids" avec les dessins de Lou.

JCP, 31/12/2020

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14 décembre 2020

Percevoir (Quatrains, 1215)

 

 

Percevoir

                                                    À François Cheng

 
 

Les lèvres se sont tues sans dire la beauté,

Et paraît le néant où jaillit du silence

L’inconscient révélé, creuset des perceptions

Où le beau donne sens aux peines de la vie.

 

 

JCP 07/2020

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13 décembre 2020

Cris annonciateurs (1011)

 

 

 

Cris annonciateurs

 

       Au roucoulement aigu qui se perd dans la vallée, chant de métal déchiré d’où s’exhale encore une onde fugitive, se lit l’indice du haut prix de relations perdues, où plane encore la trace d’un remords de faveur.

       Les eaux se précipitent et seul l’arbre juché survit, alors que voient le jour des limons millénaires déversés dans les fleuves.

        Les sommets ont tremblé sous les ouragans de glace et le soleil, qui persiste au cours lent de sa vie, émousse ses rayons aux tranchants de cristal d’un sommeil chimérique.

        Aux vastes champs éblouis se tisse en fils éclatants une prodigieuse lumière, où ne se perçoit plus qu’amas d’étincelles. Et la journée s’achève sur cette impression d’une perpétuelle renaissance où l’œil - vision fugitive ou rêverie singulière - croit percevoir les dissemblables incidents de la vie en marche.

 

 

 

JCP 03/2019 – 10/2020

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Grain de vie (Quatrains, 1286)

 

 

Grain de vie

 

 

                                                          Aux arbres

 

Les petits pieds de l’eau ont quitté le ruisseau,

Et d’un orteil agile ont soulevé la graine,

Qu’ils emportent rieurs sur le flot qui voyage,

Perpétuant la forêt vers un lointain ailleurs.

 

 

 

11/2020

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12 décembre 2020

Le grand peintre (Quatrains, 1290)

 

 

 

Le grand peintre

 

Le vent plein de malice a poussé les pions blancs

Sur l’échiquier du ciel, ternissant les couleurs

Que peignait le soleil. Mais tout nuage passe,

Et le soleil patient reprendra son tableau.

 

 

 

11/2020

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