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                                                                                                                      Toulouse, place du Capitole

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                                                   La complainte s’adresse plutôt à l’espace intérieur des cafés, dans la litanie des commandes, la vapeur et le cri du percolateur.

 

 

Mes cafés !

 

Qu’êtes-vous devenus mes cafés toulousains,

En moi toujours vivants - aujourd’hui si lointains ;

Voyage au vent de soi où germe le mystère,

Singulier d’un commun au bonheur éphémère ;

 

Temps perdu si précieux sans lequel on n’est rien,

Étrangeté de l’heure où naît un lendemain

À la promesse folle, espace sans limite

Et pourtant exigu où le temps va si vite !

 

Carrefour du possible où des projets nouveaux,

Des mondes jamais vus naissent à chaque mot ;

Où le discours s’envole au gré d’une parole

Au ton inusité qui veut jouer son rôle,

Où l’idée inspirée qui court sur le papier

Aux plus grands du passé n’a rien à envier !

 

Et puis prendre congé des amis disparates

Qu’on ne reverra pas pour rentrer à la hâte,

Car on s’est attardé, savourant à son aise

Un présent merveilleux où la pensée s’apaise.

 

Demain après-demain se fondre encore au rite,

Retrouver cet ailleurs si loin de son chez-soi

Et si proche pourtant : - Vaste cocon de soie,

Seras-tu bien le même après la pandémie ?

 

 

06-07/2020