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La Chanson Grise
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2 novembre 2018

Clavecin (0771)

 

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L'orchestre de chambre de Toulouse à St. Pierre des Cuisines. Direction Gilles Colliard, clavecin Samuel Crowther, violoncelle Anne Gaurier

 

Clavecin

 

Cliquetis vif, son de rideau de perles,

Aigus déclics qui sous la main déferlent,

Ondée de sable ou bien mouche au carreau,

Piaillement de volée de moineaux.

- Faible instrument, le dernier rang te voit,

Doux clavecin, mais il ne t’entend pas.*

 

 

* Dans le cas présenté (image), clavecin non soliste dans une salle de 500 spectateurs.

JCP 12 / 2016 – 11 /2018

 

Sonates de Scarlatti par le regretté Scott Ross (1951-1989) :

https://www.youtube.com/watch?v=9pUftGTLRnQ&list=RD9pUftGTLRnQ&start_radio=1&t=21

 

Toccatas_Danses

 

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13 décembre 2017

Des difficultés de la méditation (1)

DU CÔTÉ DU ZEN

 

 sépar 75 k copie

Les plus grands maîtres, eux-mêmes en vérité, sont soumis aux agissements d'un mental parfois inamical...

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Image JCP d'après celle de la statue de Taisen Deshimaru (1914-1982), grand maître du Zen soto, jardin japonais de Toulouse.

(Certaines & certains auront reconnu les lunettes animées d'Alice au Pays des merveilles de Walt Disney)

17 mars 2018

Au bord du souvenir (0868)

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                                                                                                                                                                          Un certain Noël 1965, non loin d'Albi

 

Au bord du souvenir

 

Du souvenir perdu s’élève une fumée :

On voit parmi la cendre des pantins animés  7-6 corriger

Dont les mains me font signe et qui crient à tue-tête.

Ce grand charivari ressemble à une fête,

Où mes amis d’alors, certains perdus de vue,

D’autres perdus de vie, crèvent le temps perdu.

 

Les vins blancs trafiqués, les fumées du tabac,

Les alcools bon marché aigrissaient l’estomac,

Qui d’humeur vengeresse exigeait les toilettes,

Sous l’œil trop indécis des futures conquêtes.

 

Le mental timoré aux volontés du corps,

Parfois la main, le pied, plutôt qu’un mot retors,

Exprimaient sous la table un geste qu’on repousse,

Cul de sac d’un langage que le penchant émousse,  7-6

Présumant d’un futur parfois passé présent,

Parfois dissuadé sur un retour violent.

 

Des sens qui s’éveillaient, auteurs du léger crime,

Nulle ne se plaignait, flattée plus que blessée :

Une main repoussée, une main acceptée ;

Il n’était là qu’un jeu aux atteintes minimes,

Le grand jeu de la vie, qui dit-on rend heureux,

Passe par ces épreuves et s’aventure à deux.

 

La vie qui joue aux dés éloigne ou bien rapproche,

Laisse en vie longuement ou dit à la mort : fauche !

Sentence du hasard qui nous fait ressentir

Ce qu’il faut de présent pour faire un avenir.

 

 

JCP  16-17 03 18

13 août 2014

Le dictionnaire éventuel : 48 xénophobie

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Xénophobie : Crainte pathologique du xenon, affection aussi rare que ce gaz - au demeurant incolore

 

 

►◄

 QU'EST-CE QUE LE DICTIONNAIRE ÉVENTUEL ? :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/2014/07/08/30215092.html

 FEUILLETER LE DICTIONNAIRE ÉVENTUEL :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/le_dictionnaire_eventuel/index.html

7 septembre 2015

718 Temps contraires

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Temps contraires

 

                                                     Un à un la rose reprend ses pétales fanés tombés à terre, se recoiffe, ravive ses couleurs et lentement se referme en bouton alors que le feuillage, qui décroît, rougit et se contracte en bourgeons minuscules.

Dans un tourbillon, le vent ramène les feuilles sèches qu'il a dispersées, les rend au peuplier satisfait qui les replace coquet, les ranime et les reverdit ; son tronc a minci, et le bois mort retrouve son écorce. Le feu qui ravageait la pinède quitte lentement la ramure, caresse les troncs et disparaît dans l'herbe noire qui verdit à vue d'œil.

Sous l'orage qui menace il n'y a plus un souffle de vent, alors que le jour et la nuit alternent à une vitesse folle. L'épais rideau de pluie aspire maintenant ses flaques, s'élève et disparaît avec elles ; les nuages courent en tous sens, et se heurtent dans le froissement des dessous de satin.

Le berceau se vide et se fond au gravillon du grand parc, alors que celle qui fut mère repart en sautillant, sa poupée retrouvée dans les bras. L'homme assis sur le banc au bois neuf est tombé : il n'y a plus de banc.

Dans la rue sombre, en un éclair le poignard quitte la plaie qui se referme, et disparaît ; l'homme se relève et ferme son blouson devenu trop grand ; sa calvitie fait place à son ancienne chevelure.

Et, si ce n'était le soleil assombri, où s'élargissent jour après jour de larges taches noires sous un grondement lointain, tout aurait pu continuer ainsi.

Peut-être.

 

 

JCP 07-09 2015

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21 juillet 2013

Coupable

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 Chaire

 

 

Coupable

 

Rendu hier à l'église en toute aménité,

J'y appris fort surpris ma culpabilité ;

On n'y disait de quoi, mais j'étais fort blâmable,

Et tous avions commis la faute lamentable.

 

A genoux tête basse, il fallait implorer

Je ne sais quel pardon sur des textes sacrés,

Et n'eus été surpris qu'au sortir de la messe

On donnât du fouet sur nos coupables fesses.

 

Pour l'homme costumé, une obscure notion

Qu'il baptisait péché, interdisait l'action

Qui se fût opposée à une loi si triste

Qu'elle omettait "bonheur" en sa trop courte liste.

 

Je ne me savais pas si pauvre et malheureux,

Mais je devais pourtant, ignorant de la joie,

Accourir en ces lieux la puiser dans la foi,

Ou bien périr aux flammes d'un invisible Dieu.

 

Ainsi, tels des moutons conduits au pâturage,

Il nous fallait brouter l'herbe unique du lieu,

Promettant de rester docile au Berger-Dieu,

Et suivre le troupeau sans éprouver de rage.

 

Ne sentant vocation aux troupes d'ovidés,

Portant plus haut que tout la joie la liberté,

Échappé du procès plus loin que tous mes pas,

Je jurai sur ma vie qu'on ne m'y prendrait pas.

 

 

JCP 10 02 - 09 05 / 2013

12 septembre 2015

Maudite parure

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Maudite parure

 

1

                                          Tout au fond de la vaste remise au sol de terre battue, une moue à la lèvre, l'antiquaire évaluait le mobilier qu'il venait d'acquérir pour un coup de chapeau, meubles misérables pour la plupart, d'où se détachait pourtant la commode aux poignées argentées, sans style, mais qui avait motivé son obole à des héritiers ignoblement pressés.

Il en retira les deux tiroirs supérieurs alors que celui du bas, demeurant bloqué, montrait par les ouvertures un empilage de vieux linge jauni, qu'il extirpa pour découvrir trois banals portraits de femmes montés en sous-verre, les deux premiers notablement anciens, le troisième plutôt récent. Il les déposa verticalement sur le dessus de la commode, adossés au mur, les observa un moment et s'en fut porter la brassée de sous-vêtements féminins - dont le contact soyeux l'émut un moment et ralentit son pas - au container des déchets du fond de la pièce.

 

 

2

A peine l'homme en eut-il laissé retomber le grand couvercle, qu'il crut discerner des chuchotements paraissant venir de l'autre bout de la remise déserte.

Suspectant des indésirables à cette heure tardive, voire des cambrioleurs, celui-ci s'avança de quelques pas silencieux pour se dissimuler derrière une armoire. On ne voyait rien ni personne mais on pouvait entendre, tout à fait distinctement maintenant, les voix de plusieurs femmes en grande conversation sur la mode, la parure et la beauté, alors que la source de ces voix semblait se confondre avec la nouvelle commode - auprès de laquelle on ne constatait aucune présence...

Peu porté sur les croyances et les voix tombées du ciel, l'antiquaire s'approcha sans bruit du meuble où trônaient les trois portraits, et ce qu'il entendit fit chanceler ses incrédulités comme ses jambes :

- Pour moi, amies très chères, déclarait la voix jaillie du premier portrait sans doute plus que séculaire, tout est dans le chapeau - où l'artiste amoncelle pour nous mille mignardises -, et que l'on élève en miroir aux alouettes, que dis-je, en phare rayonnant sur l'océan des hommes, phare qui retourne autant la jalousie des rivales que l'œil échauffé du galant : rien ne vaut croyez-moi le chapeau, qui flatte notre image à l'esprit masculin - si facile à tromper comme vous le savez.

Et, il me faut le dire, mariée contre mon gré à un gros imbécile rougeaud bien que fortuné, je ne dénombre plus les hommages rendus à mes chapeaux, prétexte pour en faire sans tarder de plus intimes à ma propre personne.

Je tire voyez-vous mes amants - pour ainsi dire - du chapeau.

Le chapeau c'est épatant ! 

- Ho la mémé, fit la seconde, blonde vaporeuse hollywoodienne, un chapeau, douze jupons enfilés l'un sur l'autre et ta triste chemise boutonnée ras du cou, c'est les cagots que tu vas piéger - et encore si ces tartuffes-là s'en vont pas après la messe retrouver quelque danseuse incognito !

Tu te goures, le gugus, qu'est-ce qu'y veut ? - De la blonde à cheveux longs, de la cuisse résillée, un bon petit joufflu à la fesse et du mammaire en expo ; tout ça noyé au patchouli. Je vais te dire, t'y connais que dalle aux mecs, y a pas de sexe au chapeau, ça se saurait ; ouais ! 

- Ben... fit la troisième, brunette effrontée dégraissée jusqu'à l'os aux régimes minceur, moi, j'ai pas de recette comme vous, là... avec les hommes je reste nature : pantalon de cuir noir bien moulant (ça les rend fous, ça), bustier juste assez décolleté pour pas faire pute, cheveu ni trop long ni trop blond, coiffure soignée mais décontract', le bijou sobre, un peu de trompe-couillon aux yeux - c'est tout !

Et pour moi, ça marche tout à fait bien, je les secoue un peu de la parole et du geste, ils aiment ça je vous le dis, pas besoin d'artifices - si, d'accord, un parfum plutôt classe mais discret - moi c'est Chanel - voilà tout.

 

  

3

Soufflé par le prodige, Édouard l'antiquaire voulut s'approcher, mais le seul bruit de ses pas mit fin à l'incroyable entretien : il n'était pas vu, mais on l'entendait.

Il avait tout capté sans perdre un mot, et avait même cru voir bouger tour à tour les lèvres de carton glacé sur chacun des trois portraits. Quel était ce prodige ? cela laissait rêveur... allait-il à terme, en se faisant discret, apprendre tous les secrets de la femme ?...

Le monde vertigineux d'un savoir neuf - et tellement précieux ! - s'ouvrait à lui.

Ce fut un tonitruant : "- A ce soir chéri, ne m'attends pas pour te coucher !" qui le tira de ses spéculations.

Comme tous les jeudis, Henriette rejoignait ses amies pour une soirée "Entre femmes" qui lui laissait, il faut le dire, l'opportunité d'aller "Refaire le monde devant quelques bières" avec ses propres amis au très chaleureux pub "Le Dublin" du centre ville.

  

4

Mais ce soir, bizarrement, ce n'était pas tout à fait la même Henriette qui s'éloignait en faisant tinter à la main les clés de son auto :

Visiblement jaillie du coiffeur avec une teinture blonde-platine inusitée celle-ci, pour la première fois, portait un superbe chapeau rouge à faveurs noires retombantes - qu'elle avait dû sans doute lui cacher. Sa tenue se complétait d'un tout nouveau bustier décolleté à provoquer l'émeute, d'un pantalon de cuir noir moulant fesse et jambe dans un galbe jamais vu de lui, et, alors qu'elle s'éloignait dans le nuage d'un parfum capiteux qu'Édouard ne reconnaissait pas, son visage, complètement transfiguré, était outrancièrement maquillé !...

 

 

JCP 09 2015 Pour Les Impromptus Littéraires (trois portraits de femme)

 

30 janvier 2019

Citation : Gaston Bachelard

 

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 Gaston Bachelard (1884-1962)

 Philosophe français

 

"Il y aura toujours plus de choses dans un coffret fermé que dans un coffret ouvert. La vérification fait mourir les images. Toujours, imaginer sera plus grand que vivre."

("La poétique de l'espace").

 

Ouvrages principaux : La psychanalyse du feu, L'eau et les rêves, L'intuition de l'instant, La flamme d'une chandelle, La poétique de la rêverie, La Terre et les rêveries de la volonté.

30 septembre 2015

Das Auto !

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Das Auto !*

 

 

5 Avril 1975, journal télévisé de 20 H., TF1 :

"- La crise est là, certes, les prix s'envolent, le prix du baril de pétrole flambe mais, heureusement, un nouveau type de moteur, jusqu'ici réservé aux poids lourds et aux navires de haute mer est enfin disponible sur nos automobiles : le moteur diesel.

Cette motorisation révolutionnaire, venue à point nommé en ces temps difficiles, réunit en effet d'immenses avantages : faible coût du carburant et consommation basse, puissance à bas régime pour une usure mécanique réduite, ajoutés au taux de pollution le plus bas jamais obtenu sur un moteur automobile.

L'avenir est dans le diesel : luttons tous contre la crise en roulant diesel !"

 

23 Septembre 2013, journal de 20 heures, France 2 :

"- La vérité sur le diesel nous est enfin révélée : ces moteurs affichent - les derniers tests sont accablants -, un taux de pollution inacceptable pour l'homme et l'environnement.

Mais, fort heureusement, les constructeurs l'affirment et c'est une excellente nouvelle, les filtres à particules qui équipent les nouveaux modèles réduisent à néant ce qui n'était qu'un défaut de conception : Nous pouvons continuer à rouler - économiquement et proprement - avec les nouveaux véhicules diesel !"

  

18 Avril 2015, info en continu, BFMTV :

"- La vérité sur le diesel nous est enfin révélée : les filtres à particules ne tiennent pas leurs promesses : des tests d'un type nouveau montrent clairement qu'ils sont inopérants.

Mais les constructeurs, qui ne sont pas restés inactifs, nous proposent de nouvelles motorisations essence qui, elles, offrent enfin toutes les garanties.

Il est donc de notre devoir envers la planète et les générations futures de rouler avec ces véhicules de dernière génération qui - on nous l'assure -, sont les plus économiques et les moins polluants jamais conçus !"

 

Ajouté en janvier 2019 : les filtres à particules ont fait de tels progrès que le moteur diesel est incontestablement devenu le moins polluant. Cependant, ces progrès sont tus soigneusement, et les constructeurs ne s'en plaignent pas, car les gogos, convaincus du contraire, se débarrrassent de leur diesel au profit d'une auto flambant neuve à essence dans le souci d'être "dans le coup" et d'en mettre plein la vue à son prochain.

Comme on fait, singeant les USA et soutenus par les médias, d'excellents et dociles moutons dans notre pays ! À quand la lobotomie complète et le "gogo-conso" absolu ?

Décembre 2020 : Ne parlons pas de l'engouement provoqué par les médias pour la voiture électrique, environ deux fois plus polluante pour la planète qu'essence et diesel, chose qu'on nous cache avec le plus grand soin ! Sans parler non plus du redoutable recyclage des millards de batteries dont on ne sait quoi faire, et des populations soumises au cancer et à l'exode par l'expoitation des matériaux rares... La messe est dite.

 

* "Das Auto" : slogan publicitaire adopté par "certain" constructeur allemand

 

  

JCP 09 15 Pour les Impromptus Littéraires (sujet : "Un beau salopard")

1 avril 2014

L'AUTOROUTE GRATOS !

Y en a marre de raquer que je vous dis, on nous prend pour des pigeons, il suffit !

Passez gratos tous les péages d'autoroute, halte à l'arnaque : les autoroutes vendues par l'état à des sociétés privées, alors que, par nos impôts, nous les avions déjà payées, n'est-ce pas un scandale ?!

Ce n'est pas un délit que de passer sans payer, c'est justice !

Grâce à ce minuscule émetteur, ressemblant à s'y méprendre à une télécommande de porte de garage, ouvrez-vous grandes les barrières impies - je ne vous fais pas un dessin...

(Il faut que ce soit nos amis Anglais qui s'occupent de nous...)

275 Livres seulement - amorti en un seul été, vive les vacances en France !

Testé pour vous : ça marche !

HIGHROAD FREDRIVE-ONE-20140401-211848aaaaa

 

JCP

16 mai 2018

O.B.N.I. ou : Le Zazen du bois (0864)

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Portrait d'un O.B.N.I. (l'OBNI, d'humeur quantique, se dérobe au gros plan)

 

 

O.B.N.I.*

Ou : Le Zazen du bois

                                         Dédié à V. et à J.M.

 

 

Fait du bois le plus noble et d’un poli parfait,

Il avait tout pour plaire, mais nul ne parvenait

A percevoir l’usage de cet objet bizarre :

Un plateau, deux montants emprisonnant deux barres.

 

Ainsi le Grand Koan**, l’article de Paris,

L’appareil de science et mille théories,

Tout fut envisagé ; on le retourna même,

Et l’on trouva pour lui tous les noms de baptême.

 

Mais du fond de la salle une voix s’éleva :

- Tout l’esprit de Zazen est dans cette machine,

Il convient de l'asseoir aux côtés du Bouddha :

Le Rien-Faire-Attentif qui nous vient de la Chine

Est semblable au repos de l’objet sans emploi,

Qui nous montre l’exemple de sa fibre de bois !

 

 

(Publié à l'origine en Mars 2018)

 * Inspiré par un « Objet de Bois Non Identifié » hautement commenté à certain Dojo Zen après Zazen*.

** Koan : énigme en usage dans le Bouddhisme Zen, plus particulièrement le Zen Rinzaï.

* Zazen : méditation assise du Bouddhisme Zen.

JCP 09 03 2018

1 juillet 2015

704 Plume aux vents

 

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Plume aux vents

 

                                                       Il était une plume à la main rageuse d'un poseur de mots sans talent qui, se croyant écrivain, écrivait, mais n'écrivait que des écrits vains que nul autre que lui ne lisait.

Inlassable malgré son pauvre trait, celui-ci griffonnait des mots enfiévrés qu'il biffait aussitôt ; et la plume au supplice se rappelait l'aile des oies, le vertige des airs et le souffle des vents qu'elle connut autrefois.

Et sous la triste poussière du bureau sans luxe, la souillure du flot noir et l'incessante flexion de sa pointe sous le doigt brutal, la malheureuse diluait de ses pleurs une encre toujours plus claire - que le traceur impénitent renouvelait surpris.

Un jour par la fenêtre ouverte, saisi de pitié, un vent de sud qui passait l'emmena compatissant vers les contrées bénies où, dit-on, les mots ne s'écrivent pas ; et la plume, enfin apaisée, connut le bonheur à jamais.

Aussi vous qui voyez, baignant à l'encre immonde ou sur le trottoir des villes abandonnée une plume pleurer, d'une main généreuse et délicate, déposez-la sur l'aile du vent.

 

JCP 06 15  Pour les Impromptus Littéraires :

http://impromptuslitteraires.blogspot.fr/2015/07/jcp-ecrire.html

 

1 mai 2015

Chez l'antique hère (669)

ANTIC

 

Chez l'antique hère

 

On voyait chez Li Wan

antique vieux forban

parmi tant de broutilles :

un poêle et des lentilles,

un vieux croûton rongé

et des chevau-légers,

un bonheur commencé

des idées mal pensées,

deux dimanches-matin

et trois lundis éteints.

 

Un bon kilo d'oignons

parmi les porte-avions

et chose des plus rares :

un grand seau de curare.

 

Un peu d'air comprimé

qu'on avait libéré

un lit trois matelas

sur un chariot à bras,

un litre de virgules

et quelques pédoncules.

 

Le vieux trou d'une poupe

un peu de bonne soupe ;

devant l'armoire à glace

un mort de guerre lasse

et deux aviateurs

à voile et à vapeur.

 

Bric-à-brac infernal,

un thermomètre anal

un gros tuyau de gaz -

et même Yvon Gattaz.

 

Enfin les trois lutins

s'étaient levés matin

pour nous dire qu'on sorte

en refermant la porte.

 

JCP 05 15 Pour les Impromptus Littéraires : "Inventaire farfelu".

Dans son contexte :

http://impromptuslitteraires.blogspot.fr/2015/05/jcp-linventaire-farfelu.html

1 octobre 2020

Drame céleste (1264)

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Drame céleste

 

Au concours sans départ du grand flux des étoiles,

Des soleils moribonds ont le rêve d’audace

Où se consent le jour aux archipels de nuit.

Et les rayons brisés de ces lumières mortes

Se fondent lentement au creux des transparences,

Cadavres de lueurs où des dieux* qui méditent

Songent avec tristesse à un monde meilleur.

 

 

 

* Terme générique relatif à l’inexpliqué.

 

JCP 09/2020

23 janvier 2020

La Bibliothèque s'accroît : RAMUZ

 

 Trois nouveaux ouvrages en Bibliothèque :

 

Charles-Ferdinand RAMUZ

 

 

Aline

 

Si le soleil ne revenait pas

 

 Adam et Ève

 

Ces textes sont libres de droits

 

UN LIVRE PAPIER C'EST TELLEMENT MIEUX !

 

◄►

 

Charles Ferdinand Ramuz, né à Lausanne le 24 septembre 1878 et mort à Pully le 23 mai 1947, est un écrivain et poète suisse. Son œuvre comprend des romans, des essais et des poèmes où figurent au premier plan les espoirs et les désirs de l'être humain. Ramuz s'est inspiré d'autres formes d'art (notamment la peinture et le cinéma) pour contribuer à la redéfinition du roman.

 

L’essentiel de son œuvre :

  • 1905 Aline
  • 1907 Les Circonstances de la vie
  • 1908 Le Village dans la montagne
  • 1908 Jean-Luc persécuté
  • 1910 Nouvelles et Morceaux
  • 1911 Aimé Pache, peintre vaudois
  • 1913 Vie de Samuel Belet1914 :
  • 1915 La Guerre dans le Haut-Pays
  • 1917 :
    • Le Règne de l'esprit malin
    • La Guérison des maladies
  • 1919 Les Signes parmi nous1920 :
  • 1921 :
    • Terre du ciel
  • 1922 :
    • Présence de la mort
    • La Séparation des races
  • 1923 Passage du poète
  • 1925 :
    • L'Amour du monde
    • 1925/1926
    • La Grande Peur dans la montagne
  • 1927 :
    • La Beauté sur la terre
    • Vendanges
  • 1932 :
    • Farinet ou la Fausse Monnaie
    • Adam et Ève, Lausanne : Mermod (Aujourd'hui).
  • 1933 :
    • Taille de l’homme
  • 1934 Derborence
  • 1936 :
    • La Suisse romande
    • Le Garçon savoyard
  • 1937 :
    • Si le soleil ne revenait pas
  • 1938 :
  • 1942 La Guerre aux papiers
  • 1943 :
    • avec Igor Strawinski : Noces et autres histoires russesPays de Vaud, Lausanne : Jean Marguerat.
    • René Auberjonois, Lausanne : Mermod.
  • 1944 Nouvelles
  • 1945 Vers

 

Postérité :

Prix et distinctions

 

Portrait de Ramuz, au recto du billet de 200 francs.

  • 1912 : prix Rambert pour Aimé Pache, peintre vaudois.
  • 1923 : prix Rambert pour Passage du poète.
  • 1943 et 1944 : la Société des écrivains suisses propose le nom de Charles Ferdinand Ramuz pour l'attribution du prix Nobel de Littérature. Ces deux candidatures seront des échecs.
  • 1972 : la Poste suisse émet un timbre d'une valeur faciale de 0,20 CHF représentant le portrait de l'écrivain vaudois accompagné de sa signature autographe
  • 1997 - 2018 : La Banque nationale suisse décide de consacrer à Charles Ferdinand Ramuz son billet de 200 francs suisses.
  • Plusieurs lieux de la région portent son nom : une avenue à Pully, un collège à Lausanne, ainsi que la médiathèque d'Évian-les-Bains.

 

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6 juin 2020

Plus loin (1189)

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                                                                               Edvard Munch

 

 

Plus loin

 

 

 

                       I

 

Soudain la voile enflée

Ouvre un sillage neuf,

Et les points cardinaux

Ne sont plus que chimères.

 

 

                    II

 

- Chemins de la pensée

Qui ne portez de nom

Que celui qu’on vous donne,

Faites-moi voir un monde

Où la raison s’égare !

 

- Où des arbres dormeurs

Sont porteurs au matin

De grands fruits de lumière ;

 

- Où la lente agonie

De mornes arcs-en-ciel

Mêle des larmes noires

Aux cadavres d’aurores ;

 

- Où de jeunes étoiles

Qui n’eurent pas de nom

Enflent de leur chagrin

Des fleuves de cristal ;

 

- Où l’horizon brisé

Laisse saigner le bleu

De cieux à peine nés ;

 

- Où l’herbe pousse au jour

Pour mourir à la nuit,

Et recroît dissemblable

À chaque aube nouvelle ;

 

- Où l’ombre et la lumière,

Étroitement mêlées,

Se moquent des frontières

Que voudrait la couleur ;

 

- Où des hordes riantes,

Faisant compte d’étoiles

Sous les nuages bleus

Qui caressent leur front,

Complètent le chaos

D’un tableau qui s’ignore.

 

 

                III

 

Le rêve a son éveil,

Et voyager sa fin ;

L’irrégulier retourne

À sa morne droiture…

Et je revis sans joie

Le port du vieux pays

Qu’il faut nommer Raison.

 

 

 

JCP 03-06/2020 

8 mai 2018

Jour de pluie (0908)

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Jour de pluie

 

Un matin noir de pluie,

le rêve à la fenêtre renaît des anciens jours.

Sur la vitre embuée se dessinent du doigt

les motifs enfantins d’une jeunesse enfuie,

nostalgie de la pluie à l’éternel carreau.

 

Élargi de la main, le hublot un peu flou

ne laisse de beautés que d’un monde choisi,

et la pluie qui les hache

vient étoiler la vitre d’éclats de souvenirs.

 

La vision monotone embrasse un pays vague

dont l’image diffuse déroute la pensée,

et dans cet heureux vide

s’infuse à la buée une part de bonheur.

 

 

JCP 05 05 18

7 juillet 2015

AIDONS LES NÉPALAIS

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Aidons les Népalais

                                                     Oublié le cataclysme qui frappa le Népal, malgré l'aide qu'il nécessite toujours : tellement plus préoccupants pour les médias sont la météo, le lit des présidents ou le dernier nichon-chantant !

Ami d'enfance, Alain Fabre, résidant à St Juéry (Tarn), grand parcoureur des montagnes de ce pays, offre depuis trois ans déjà son aide bénévole à un orphelinat de Kathmandou.

Bouleversé par le séisme du mois d'avril - et par la perte de ceux qui étaient devenus ses amis -, celui-ci résolut d'ajuster son aide à l'ampleur du besoin, fondant l'association : "Solu Child Orphanage", tant venir en aide aux orphelins, certains estropiés, était urgent.

Ceci lui a permis l'achat d'un terrain et le démarrage des travaux pour un nouvel orphelinat à Kathmandou même.

Seuls 8.000 € font défaut aujourd'hui à l'association pour mener le projet à terme.

Si un peu de compassion vous anime, vous pouvez participer en déposant aussi votre don, ou en faisant connaître "Solu Child Orphanage" au plus grand nombre :

 

Virement au Crédit Agricole : Assos Solu Child Orphanage
IBAN: FR76 1120 6200 2490 0132 9389 372
Ou envoyer un chèque à : Solu Child Orphanage , 6 rue du Bac 
81160 Saint-Juéry

0563 451453, 0676 766685              


soluchild@orange.fr 

http://soluchild.wix.com/kathmandu

 

 https://www.facebook.com/pages/Solu-Schild-Orphanage/2418...

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Ci-dessous :

- L'appel lancé par Alain Fabre.

- Son compte-rendu

 

JCP

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Bonjour , Pour info

Le 25 avril, le Népal subit un terrible tremblement de terre. Très attaché à ce pays où je me suis rendu 5 fois pour effectuer des treks  en montagne et depuis 3 ans aider un orphelinat de Kathmmandu, je suis traumatisé par ce qui arrive à ce pays si pauvre avec ses habitants d'une si grande gentillesse

Nous rentrons avec mon épouse de Kathmandu

compte rendu de notre périple  à Kathmandu sur mon Blog:

 

http://tremblementdeterrenepal2015.blogs.nouvelobs.com/

 faites suivre 

merci

Alain Fabre, 6 rue du Bac, 81160 Saint-Juéry, 0563 451453, 0676 766685

Correspondant bénévole pour l'hebdomadaire le Tarn Libre.

Il y a ceux qui possédent sans travailler et ceux qui travaillent sans posséder (Ferdinad Buisson Prix Nobel de la Paix 1927)

Quand le sage montre la lune, le sot regarde le bout du doigt

Choisis le travail qui te plait et tu seras en vacances toute ta vie (Confucius)

 

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                                                       Le 25 avril, le Népal subit un terrible tremblement de terre. Très attaché à ce pays où je me suis rendu 5 fois pour effectuer des treks  en montagne et depuis 3 ans aider un orphelinat de Kathmmandu, je suis traumatisé par ce qui arrive à ce pays si pauvre avec ses habitants d'une si grande gentillesse. Après 3 jours d'appels infructueux, je réussi à joindre l'orphelinat. Kame Magar, son directeur me dit sa détresse. Pas de blessés mais des enfants traumatisés qui ne veulent et ne peuvent plus dormir dans cette maison qui a subit des dégâts suite au tremblement de terre; maison qu'ils vont devoir quitter car devenue dangereuse, mais aller où? A kathmandu, on ne trouve rien à louer. Je  constaterai sur place que la moitié des maisons ou immeubles sont à rénover ou à détruire avant reconstruction. Je dois aider l'orphelinat au travers de l'association que j'ai créé il y a 3 ans. Je lance un appel sur les réseaux sociaux, à plusieurs centaines de mes contacts et dans la presse locale. Je dis à mon épouse : "je rêve, mais si on a 5000€, je vais à kTM en payant moi même le billet d'avion". Il est bien sûr hors de question que l'argent récolté serve entre autre à payer l'avion ou quoi que ce soit. Quinze jours après, les résultats sont au delà de nos espérances 5000€;  mon épouse Yoyo me dit: "je viens avec toi". Elle a déjà partagé du temps avec les enfants à 2 reprises à KTM. Nous achetons les billets d'avion et le départ est fixé au 21 mai. Arrivés à KTM le 22 au matin, nous constatons que le tarmac de l'aéroport est encombré d'un grand nombre de containers de matériel et de nourriture pour l'humanitaire. Un nombre incalculable d'hélicoptères sont sur le tarmac et font des rotations ininterrompues. Quantité d'avions cargo sont présents et nous verrons durant nos 5 jours sur place un grand nombre d'avions cargo atterrir et décoller. Kamé nous attend à l'aéroport. Nous traversons la ville pour nous rendre à Jorpati, un quartier de KTM se trouvant à proximité de Bobnath. KTM vit à son rythme habituel, on ne dirait pas qu'il y a eu un tremblement de terre "hearquaque" en anglais, les népalais parlant en grande majorité anglais. Par moment des visions apocalyptiques, des immeubles par terre, d'autres qui sont tombés mais soutenus par celui d'à côté. Ce n'est plus du cinéma, ce n'est pas un film catastrophe et je peux vous dire que ça vous tord les tripes et vous donne envie de pleurer. C'est inimaginable, on se rendra compte plus tard que tout est à reconstruire. Nous arrivons à l'orphelinat et sommes accueillis en sauveurs. L'orphelinat n'est pas détruit mais fendu, il penche de quelques centimètres. Les enfants dorment sous la tente. La mousson arrive, le gouvernement népalais demande aux habitants de construire des maisons en bambou, comme au Japon, Laos, Thailande, etc.et veut construire un orphelinat en bambou, car il loue cet appartement sur 2 niveaux 220€ par mois. Nous devons aller voir un terrain l'après midi même.  Nous recevons le traditionnel Khata (foulard que kamé nous met autour du cou). Nous remettons aux enfants 20kg de vêtements que l'on nous a donné en France, ainsi que de nombreux stylos, trousses pour l'école et double décimètres offert par le Carrefour Market de Saint-Juéry. Au repas de midi où nous apprécions notre premier dal bath (riz avec une sauce au lentilles) kamé me dit : "Les enfants ont changé depuis votre arrivée, la joie illumine leurs yeux." Nous retrouvons Rozina 10 ans, elle est méconnaissable, si triste il y a 2 ans, elle rayonne de bonheur, il lui manque l'avant bras droit; il y aussi Passon, un petit garçon de 7 ans qui saute à mon cou et me fait de nombreux bisous.

Après le repas, nous allons voir le terrain qui se trouve à coté d'une école construite entièrement en Bambou, une vingtaine de classes, crépies à l'intérieur. Nous partons en ville et là c'est l'apocalypse: Ce n'était pas un film catastrophe, mais la réalité qui dépasse l'entendement et cette réalité fait mal. A la télé nous en voyons tant de catastrophes!!! Mais là nous sommes dans le réel, le temps présent et c'est beaucoup plus que ce que l'on peut imaginer. Des rues entière dévastées. Aucune sécurité, on peut approcher les ruines. Des maisons qui s'appuient sur d'autres, des gens à l'intérieur récupèrent ce qu'ils peuvent, des meubles, des briques et des matériaux pour reconstruire. 
KTM est devenue une ville de tentes, des milliers poussent en ville. Des immenses terrains en sont recouverts installées par les ONG du monde entier. Tout est très bien cadré, les stocks de nourritures sont gardés par l'armée; la distribution étant organisée par les ONG. Sur les trottoirs, dans les ronds points, des bâches tendues par 4 bambous font office de tente.
En fin d'après midi, nous avons rencontré karma Lama le Directeur de l'agence de voyages de KTM avec qui nous effectuons nos treks et Chantal son épouse. Nous avons dialogué prés de 2 h; ils nous ont raconté le terrible moment. La maison qui bouge, ils vont vite dans la rue mais il leur est très difficile de marcher car la terre est en perpétuel mouvement. Depuis la 2e secousse du 12 mai les népalais sont traumatisés.
Chantal nous a confié que chez elle, elle voit encore sa maison qui bouge. Ils dorment à la maison depuis le 20 mai, mais sont sur le qui vive. Ils attendaient ce tremblement de terre depuis 10 ans, les étrangers le savaient. Les népalais ne s'en préoccupaient pas. Karma a prêté toutes ses tentes qu'il a installé sur un terrain pour ses voisins. Avec Chantal, ils aident un petit village à construire des abris avant la mousson. Les népalais, ce peuple si chaleureux est en train de vivre un grand moment de solidarité.

Les treks étant annulés, seule ressource pour Kamé avec très peu d'aide du gouvernement, il se demandait comment il allait pouvoir continuer:

Nous avions 7000€ de disponible, nous leur avons acheté:

Beaucoup de vaisselle, il leur manquait de tout: Verres, tasses, bols, assiettes, casseroles, plats, mixer, bouilloire, thermos, 40m2 de tapis qui fait fonction de matelas, etc. Des jouets pour les enfants, ils n'ont rien, Othelo, le monopoly, des voitures, des perles pour les filles, des légos etc. Pour 6 mois de nourriture avec entre autre: 25 sacs de riz de 30kg, 4 sacs de lentilles de 30kg, 5 sacs de sucre de 40 kg, 240 litres d'huile, 5 bouteilles de gaz, 300kg de pomme de terre, etc. La nourriture pour 1900€ environ. Cela représente 315 € par mois pour nourrir plus de 25 personnes, soit 10€ par jour pour 25 à 30 personnes. Pour l'école: nous avons acheté 175 pièces pour 975€ : Pantalons, chemises, robes, vestes, chaussures, cravates, ceintures et pour 700€ de livres et cahiers.

Samedi 22h40, tout le monde est couché. Je regarde un film sur ma tablette numérique, je n'ai rien entendu mais j'ai senti de fortes vibrations. Les enfants pour la 1er nuit depuis le tremblement de terre dormaient tous dans la maison entassés au Rdc, car il y avait eu un fort orage l'après midi. En 2 secondes, tout le monde était debout et sortait précipitamment. La secousse était faible, mais assez forte pour (panique à bord). Avec ce qu'ils ont subi on peut comprendre. Tout le voisinage est sorti simultanément. Nous sommes restés une vingtaine de minutes à l'extérieur avant de rentrer, les enfants retrouvant leurs tentes. Nous avons dormi tout habillés en prévision de nouvelles secousses, il n'en fut rien. Dimanche matin, 5h30 tout est calme, il fait beau.

Vers 8h un journaliste de la télévision népalaise vient m'interviewer ainsi qu'à mon épouse.

Ne pouvant pas rester dans le bâtiment actuel qui doit être réhabilité, quand? Impossible de trouver une location sur le secteur. La solution est d'acheter un terrain que Kamé après maintes recherches a trouvé. Lundi matin, 3h de discussions avec le propriétaire du terrain. Incroyable ! le terrain coûte 5 fois plus cher que le bâtiment. 16 000€ le terrain, 3 000€ le bâtiment.

Le terrain fait 4 Anna, un Anna = 31 m2, il faut 3 Anna minimum pour construire. J'ai téléphoné à 2 connaissances à KTM qui m'ont confirmé que les prix des terrains sont devenus fous depuis quelques années. 125m2 en ville 16 000€!!! quand un ouvrier gagne 70€ par mois!!! J'ai dis au vendeur que nous n'avions pas cette somme et qu'il nous était dans l'impossibilité de payer et nous n'avons que 4000 € . Il me répond qu'avec 4000 euros, il pouvait faire les travaux. Pour la suite ce n'était pas urgent. Après 3 heures de dialogue, j'ai négocié le prix à 15 000 euros tout compris avec le bâtiment; en lui spécifiant qu'il n'avait pas de promesse d'être payé. Il est ok, car pas facile de vendre des terrains à ce prix. On peut comprendre tous ces terrains en friche en ville.
90 personnes ont déjà donné et nous les remercions infiniment; il n'y a pas de petit don, nous en avons eu de 5 à 1000 euros par un lycée de Millau, Lycée qui  est en relation avec l'orphelinat au travers de l'association. Mardi matin nous devons aller payer une tente et en louer 4 autres; le temps passe. A midi, Kamé arrive tout heureux et nous annonce: "On a 2 tentes": Incroyable!!! Pascal et Oriana de SOS Attitude Grenoble accompagnés de Bayrik un népalais viennent d'installer 2 tentes de 12 places à côté de l'orphelinat. Nous n'aurons pas à en acheter. C'est une chance inouïe, les ONG font un formidable travail.

Nous ne savons pas la chance que nous avons de vivre dans les pays du nord à côté des pays du sud qui vivent dans la misère. Comme dit mon ami français Henri Sigayret qui vit depuis plus de 25 ans au Népal (vainqueur de l'Annapurna en 1978) et marié à une népalaise: "La misère au Népal n'a rien à voir avec la misère en occident; les nécessiteux en occident sont riches par rapport au Népal, ils sont aidés, nourris et soignés".

Nous venons de vivre 5 jours exceptionnels, nous avons vécu avec eux, mangé avec eux, dormi avec eux à même le sol sur un matelas de quelques centimètres, dur comme le ciment. Je sais qu'en allant faire les achats de vaisselle, ils se sont fait plaisir. Ils n'avaient rien, on leur a permis d'acheter ce dont ils avaient besoin, ce dont il rêvaient et qu'ils ne pouvaient se payer. Nous étions heureux pour eux, nous avons triplé leur vaisselle et matériel de cuisine. Ils manquaient de tout, ils n'avaient pas de verres etc. Pour la nourriture ils se sont fait plaisir aussi. Mais que c'est bon de pouvoir donner, de pouvoir faire du bien. Il fallait voir la joie des enfants petits et grands, que du bonheur!!!

Il nous manque prés de 12 000 euros pour que l'orphelinat continue à exister. Sans cette somme, l'orphelinat ne pourra survivre faute de local et ce serait dramatique. Je lance cet appel à  la France entière, si 200 personnes envoient 60€ à  l'association, elles auront une déduction fiscale de 39.6 euros et donneront en réalité 20.4 euros et notre pari sera gagné.

Merci pour les enfants.

Alain Fabre, Président de Solu Child Orphanage.

²Virement au Crédit Agricole: Assos Solu Child Orphanage
IBAN: FR76 1120 6200 2490 0132 9389 372
Ou envoyer un chèque à : Solu Child Orphanage , 6 rue du Bac 
81160 Saint-Juéry: 0563 451453, 0676 766685
soluchild@orange.frhttp://soluchild.wix.com/kathmandu

 

 https://www.facebook.com/pages/Solu-Schild-Orphanage/2418...

 

 

Alain Fabre, 6 rue du Bac, 81160 Saint-Juéry,

05 63 45 14 53, 06 76 76 66 85

Correspondant bénévole pour l'hebdomadaire le Tarn Libre

 

       

JCP 07 15 

18 février 2019

Himalaya (0966)

 

9307801

 

Himalaya

 

À toute couleur de corde et de soie,

oriflammes qui battent au vent des cimes,

se lit l’essence indiscrète

des destinées qui se veulent plus belles.

 

Venus de lointains horizons

que peuple une herbe rase,

hommes et bêtes convergent lentement

vers ce lieu de fête célébrée par le vent,

et l’on entend le souffle lent de la montagne,

qui porte en lui le parfum rare des fleurs de mélancolie.

 

La lumière des hauteurs plisse les yeux,

mais les regards partout s’égarent

aux tourbillons de tissus colorés,

de perles aux cheveux tressés,

aux sourires timides qui ne disent pas tout.

 

Ce soir peut-être,

sur les hauteurs de ce monde que la lumière inonde,

verra-t-on fleurir de ces fleurs si belles,

que l’on dit éternelles,

et qui naissent au fond des cœurs.

 

 

 

Jyssépé  01-02 / 2019

14 avril 2019

L'ombre de Sisyphe (0980, "Monde Neuf")

 

Comme apparue du fond des âges,

la pierre toujours dévalée qu’un même effort remonte

brûle son lent volume d’une érosion de parade,

et rien ne paraît vouloir changer.

Le rocher redescend et les pôles demeurent :

Impérieuse gravité que l’homme laborieux apprend encore à vaincre.

 

Avenir mal bâti d’une brique friable,

tu étais pourtant beau,

déposé sur la table à la lueur des lampes !

 

Mais tant d’écrits de l’homme s’érigent en vanité

qu’aux méandres de l’esprit la pensée peut grandir,

mais l’ombre de la main qui parcourt l’escalier

n’en balaiera jamais un seul grain de poussière.

 

 

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Jyssépé  01-03 / 2019

21 janvier 2019

Citation

 

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Frank Zappa  (1940-1993)

"On ne leur apprend pas la beauté, on leur apprend le juste nécessaire pour gagner de l'argent en travaillant pour acheter ce que d'autres fabriquent.

L'art, la pensée, ne sont pas la préoccupation de ce gouvernement facho-religieux."

(Prononcé aux États-Unis lors d'une interview, sous la présidence du Très-chrétien Jimmy Carter,).

 

15 juin 2015

689 Incertitudes aériennes

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Image : JCP réalisée sans truquage

 

Incertitudes aériennes

(et baudelairiennes)

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Délaissent à loisir pour un temps le voyage,

Et chassent en buvant leurs peines leurs tourments,

Les commandes de vol oubliées un moment.

 

Alors dans la cabine on déploie les lampions,

On danse on chante on rit, on laisse aller l'avion,

Libre de ses ébats aux traces incertaines :

Qu'importe le trajet, Dunkerque ou mer Caspienne...

 

Vous qui ne doutez pas du sérieux des pilotes,

Tous passagers heureux parvenus à bon port

Au terme d'un parcours que vous croyez sans faute,

Sachez qu'à votre insu on rit de votre sort.

 

 

JCP 05 2015 (premier vers emprunté bien sûr à "l'albatros" - de qui vous savez)

20 mai 2015

Fin de nuit sous la pluie

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                                    Toulouse, rue du May (im. JCP)

 

 

Fin de nuit sous la pluie

 

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1

 

                                                         Au terme de trois accidents de réverbère - mal disposés sur un trottoir onduleux -, je finis par trouver la rue.

Ma rue.

Et la porte vitrée du petit commun.

Celui où j'habite.

Pourtant de cuir noir, le toucher lisse et l'odeur familière, mon blouson ne contenait dans ses poches ni mes clés ni mon portefeuille, mais un mouchoir sale, un peu de monnaie, une boîte de cachous et quelques papiers. Je découvris alors qu'il pleuvait et que, manches trop longues et fermeture bloquant à mi-course, ce blouson était celui d'un autre.

Collé au mur, cheveux mouillés comme à la douche et visage ruisselant, la soirée tequila au Macambo tournait au vinaigre : au terme de ces chaudes retrouvailles, le désordre de fin de soirée avait glissé jusqu'au porte-manteau, au moins pour deux des anciens élèves de l'INSA - dont moi-même.

Misant sur l'honnêteté sans faille des gens de science, restait le manque d'abri à quatre heures du matin sous la pluie - et la perspective d'un immédiat plus qu'ennuyeux : voiture inutile sans clé, impossibilité de réveiller l'immeuble tout entier où je ne connais encore personne - d'ailleurs, qui descendrait m'ouvrir en pleine nuit à Toulouse ?

Bistrots métro fermés, gare lointaine, dessous du pont Neuf bourré de SDF cuvant leur pinard verbe haut et geste imprévisible, je fus heureux d'un abribus tout en haut de l'avenue Jean-Jaurès, et me blottis tremblant contre la vitre glaciale, fesses mouillées sur le banc de tôle perforée - inoxydable à point nommé.

- Brrr !...

La pluie ne cessait pas et, sortant progressivement de son anesthésie éthylique, mon mental charriait des nuages noirs.

 

 

2

Soudain une voix de femme, forte et assurée :

- Y aura plus de bus à cette heure tu sais ; mais t'es tout mouillé... viens chez moi, je te réchaufferai...

Une professionnelle des situations désespérées se tenait campée devant moi, sous son parapluie, la cuisse affirmative résillée de noir.

- Je voudrais que j'ai pas un rond - et puis c'est pas le sujet ! répondis-je avec animosité : j'ai paumé mes clés et j'attends le jour pour rentrer chez moi - encore qu'il me faudra un serrurier...

Toute disposée à m'entendre (ces femmes là sont compatissantes), je lui fis connaître mes déboires, ce qui l'anima beaucoup (ces femmes-là sont férues de fête et de fêtards).

- Bon, bon, t'as l'air sincère et je te vois bien triste mon Loulou, y sera pas dit que Clara elle a pas bon cœur, allez, viens quand même te mettre au chaud, je rentrais moi aussi tu vois, je crèche tout à côté, viens, il est tard... fit-elle d'une voix soudainement adoucie.

- Mmm...

- T'as pas confiance bien sûr...

- Si...

- Ah mais j'ai pigé, t'as la trouille que mon mac se pointe ; rassure-toi : il est à l'hostau pour un bon moment - règlement de comptes ; y croyait faire dans le gros trafic, il a pas les épaules le pauvre Chou, enfin...

- Euh, t'en parles comme si tu l'aimais, je sais que vous êtes bizarres, les femmes, mais...

- Hé, c'est mon mac mais c'est mon mec, il est super avec moi, je suis sa reine qu'il dit toujours, sûr que je l'aime beaucoup... Bon, tu viens ou tu prends racine ?

- Ouais, c'est d'accord. T'es sympa ; en plus t'étais pas obligée ; je te suis.

- Sympa pour une pute ?

- Non, non, j'ai pas dit ça, au contraire, y a plein de filles qui feraient pas ça, t'es chouette.

 

 

3

Vaste et luxueux mais sans tapage, l'appartement était très classe (même pour une pute).

- Belle piaule, fis-je admiratif.

- Mon Robert m'en laisse assez, ça va pour moi. Quitte ces fringues et mets-toi à l'aise. Tu peux te désaper devant moi, je te sauterai pas dessus ; décontracte-toi, allez, t'es bien ; là... donne aussi ton slip, on va sécher tout ça.

J'eus le sentiment de me déshabiller - asexué - en consultation chez quelque toubib des chagrins, et le fait est que je sentais monter à ma lèvre un sourire sans cause apparente.

Bain à bulles dans la baignoire monumentale, peignoir de soie, canapé plus confortable qu'un lit, petit déjeuner royal en tête à tête avec cette jeune femme dont l'étrange beauté gommait la face connue, amabilité souriante... Je pris congé tout confondu vers neuf heures, incapable de retenir un "naturel" :

- Je peux repasser te voir à l'occasion ?

- Mais bien sûr mon Chou, viens boire le café quand tu veux ; tiens, appelle-moi d'abord à ce numéro là :

Elle glissa une carte dans la poche de mon blouson trop grand, puis m'embrassa bruyamment sur les deux joues comme le ferait une vieille amie, et je me retirai, vêtements séchés par des soins de mère, complètement déboussolé.

Il ne pleuvait plus et les réverbères, en ordre parfait sur le trottoir rectiligne, resplendissaient sous un soleil déjà haut.

 

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JCP  05 15 Pour Les Impromptus Littéraires, sujet proposé : "Quatre heures du mat', sans clés, sans bagnole, sans toit, il pleut" :

http://impromptuslitteraires.blogspot.fr/2015/05/jcp-4h-du-mat.html

1 juillet 2014

Le dictionnaire éventuel : 5 Météo

Im.; x  

  

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Météo : Tout ce qui n’est point soleil n’est pas toujours pluie (et inversement). En citadin, affirmer que seul le soleil est attrayant.  

 

►◄

 

 QU'EST-CE QUE LE DICTIONNAIRE ÉVENTUEL ? :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/2014/07/08/30215092.html

 FEUILLETER LE DICTIONNAIRE ÉVENTUEL :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/le_dictionnaire_eventuel/index.html

3 novembre 2013

Ramuz, Adam et Ève

 

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Avertissement

Pour qui ne connaîtrait pas cet écrivain, Ramuz compte autant d'admirateurs que de détracteurs. Ceci tient essentiellement à son style unique qui, ayant été longuement critiqué, a vu sa marginalité accentuée, avant qu'il soit enfin reconnu, et désormais admiré par de nombreux passionnés de littérature.

Écrivain suisse francophone, ses écrits - et son style - ont été notablement inspirés, comme ici, par le monde paysan et montagnard de son pays, dont il cherche à reproduire au plus près parler et mentalité, au prix de quelques expressions et métaphores rarement, voire jamais lues, voire déplaisantes, voire savoureuses...

Reste que son style, comme vous le verrez dès les premières pages, peut pour le moins déconcerter et porter à abandonner la lecture (nul n'est tenu à la contrainte). Ou à poursuivre plus avant dans son oeuvre ("Derborence" est dans ce cas recommandé en priorité).

 

 

JCP

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