Encore (Quatrains, 1282)
Encore
À feuilleter ses heures en sautant les virgules,
Le temps qui lit trop vite au grand livre des jours
S’enfuit en météore à l’automne de l'âge.
Entendre avant l’hiver la chanson de la mer.
11/2020
Encore
À feuilleter ses heures en sautant les virgules,
Le temps qui lit trop vite au grand livre des jours
S’enfuit en météore à l’automne de l'âge.
Entendre avant l’hiver la chanson de la mer.
11/2020
Méditerranée
Piquées de tant de mâts,
Les nuées se déchirent,
Et revient le ciel bleu
Sur le port de plaisance.
JCP, 12/2020
Mutation
La barque a bu la mer. Affalée sur le sable,
Ses avirons au sec, elle semble promise
À une vie nouvelle où les eaux n’ont pas cours.
Quatre roues lentement émergent de sa coque.
JCP, 05/2021
Graines de mots
Du beau fruit qui mûrit du silence et du temps,
Des lettres ont jailli, et tombent sur la page
En assemblées de mots - dont on ne sait encore
S’il faudra les livrer à monsieur Gallimard.
JCP, 03/2021 Zone verte de Pinot
Qui ?
Celui que tu vois, là, au bord de la falaise,
Le regard dans le vide et qui n’est autre que toi,
Ne l’interpelle pas, car tu disparaîtrais
Par la route invisible échappée de son front !
JCP, 05/2021
Vacuité
Fêlure dans le temps ou prodige indicible,
Mon miroir ce matin était vide de moi.
C’est dans un grand frisson de l’orteil au cheveu
Que je me retournai. Il n’y avait personne.
JCP, 07/2021
Percevoir
À François Cheng
Les lèvres se sont tues sans dire la beauté,
Et paraît le néant où jaillit du silence
L’inconscient révélé, creuset des perceptions
Où le beau donne sens aux peines de la vie.
JCP 07/2020
Au vent des souvenirs
Au sein de l’ombre grise un silence se brise,
Dévoilant un bonheur au souffle du passé
Dont la trace à mon cœur n’était pas effacée ;
Et s’éveille et me grise la plus douce des brises.
Jyssépé, Juillet-Septembre 2020, à V.
Rosée
Sur les hautes estives,
les nuées joufflues ont rejoint le grand flot des moutons,
et broutent avec eux l’étendue d’herbe fraîche.
Et dès que le vent, ce grand berger du ciel,
les aura ramenées aux vastes pâturages bleus,
tout brin d’herbe luira
de leur claire salive.
JCP, 03/2021
C’est plus comme avant
Dans l'âge et ses tourments est un signal morose
Voulant que retirer ses plus beaux vêtements,
De prélude à l’amour, passe un peu trop souvent
À palpation de médecin. On le regrette.
JCP, 05/2021
Monde fragile
Ne pose pas ton pied !
Tout un monde en son lit
Dort sous ce pissenlit.
JCP, 03/2021 Bois de Pinot
Aujourd’hui : rien
Éveillé ce matin avant le chant du merle,
Je sus, dans un éclair, qu’aucune activité,
De toute la journée, n’atteindrait mon bien-être,
Et bondis de mon lit impatient de rien-faire !
JCP, 03/2021
Surmené
- Impossible aujourd’hui, et demain je suis pris…
Les choses s’accumulent, et le temps ce chien fou
Qui ne ralentit pas ! C’est une vraie montagne
Qui m’attend voyez-vous - de rien-faire en retard.
JCP, 01/2021
Musique
Au concert quelquefois
les belles écouteuses
ont l’oreille voyeuse
JCP 07/2020
Sur la neige
Bouton blanc qui manquait
Au vaste manteau blanc,
Le flocon blanc se pose
Et se fond dans le blanc,
Page blanche encre blanche
Où ne se lit que blanc.
11-12/2020
Présent
Passerelle du temps, édifice fragile
Sur le tumultueux écoulement des jours,
Toi qui viens du passé et cours vers l’avenir,
Peux-tu laisser notre âme accueillir le présent ?
11/2020
Large cascade blanche animée par le vent
Et qu’un joyeux soleil rend pareille à la neige,
Tout au fil de ton cours se devine une trame
Disant que tu jaillis de cette corde à linge.
JCP 14/12/2019 Recueil "Quatrains"
Antiquités
Jour après jour lissés
de mains de long temps mortes,
objets que seule anime
la poussière du temps,
en tous vos corps hagards
conservez-vous cachée
la mémoire oublieuse
des êtres du passé,
qui votre peau si lisse
jour après jour lissèrent ?
JCP 01/2020
Du bout de l'aile
la tourterelle effleure
la branche fleurie
Averse de pétales
au vent du printemps
JCP 23 03 13
Justice !
Honte au voleur d’étoiles,
Lâche jamais châtié,
Répugnant profiteur
D’un décompte impossible !
JCP, 12/2020
Libre de toute forme
l'argile n'a pas de hâte
à devenir pot
JCP 11/2013, (Inspiré par le lecture de La Bhagavad Gïta)
Le grand peintre
Le vent plein de malice a poussé les pions blancs
Sur l’échiquier du ciel, ternissant les couleurs
Que peignait le soleil. Mais tout nuage passe,
Et le soleil patient reprendra son tableau.
11/2020
Paul Valéry (1871-1945)
"La politique est l'art d'empêcher les gens de s'occuper de ce qui les regarde."
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« Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît,
car tu ne pourrais pas t’égarer ! »
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