02 septembre 2018

Maintenir le maintenant

 

VOUS ÊTES PRESSÉ (PRESSÉE) :

- 1 Sinapisme de Lenteur matin et soir (appliquer sur tout le corps).

- 1 Cuillérée à soupe de Rien-Faire-Attentionné le matin (renouveler le soir si nécessaire).

Essayer le traitement gratuitement et sans engagement : voir plus bas.

 

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- Dans un lieu calme et peu éclairé, asseyez-vous en position stable et détendue sur une chaise à l’assise ferme* :

               - Dos droit

               - Menton légèrement rentré

               - Mains à plat sur les cuisses

               - Yeux fermés

 

- Laissez votre respiration s’apaiser d’elle-même. Rien ne presse. Vous êtes arrivé(e).

 

- Observez attentivement votre respiration sur ses quatre temps :

Inspiration / transition / expiration / transition.

 

- Fixez toute votre attention sur les sensations de l’air qui circule à l’intérieur de votre nez.

Tout en comptant mentalement de 1 à 10 sur chaque expiration :

     Inspiration / 1

     Inspiration / 2

     Inspiration / 3

     Etc…

 

- Vous n’êtes pas parvenu(e) jusqu’à 10 :

Une, ou plusieurs pensées se sont emparées de votre mental contre votre volonté, interrompant votre décompte et votre concentration.

Curieusement, ces pensées concernent passé et futur, domaines de l’inexistant et de l’improbable, jamais le présent. Sont-elles toutes utiles ?

Reprenez alors à 1 et poursuivez. Rien ne presse. Vous êtes arrivé(e). Souriez.

 

- Au terme de plusieurs tentatives, vous êtes parvenu(e) à 10 (ou même à 8), sans que le flux des pensées ait pu vous déconcentrer : c’est une grande victoire sur vous-même !

(César lui-même, connaisseur en victoires, déclarait que ces victoires-là sont les plus difficiles).

Pratiquez assidûment cet exercice au moins vingt minutes au quotidien, et vous connaîtrez, mental progressivement apaisé, le bonheur de la méditation dans le non-penser. Bonheur qui s'insinuera progressivement dans votre vie de tous les jours si vous persistiez à pratiquer cet exercice simple.

Vous pourrez alors ajouter ce demi-sourire, à maintenir le plus longtemps possible, à votre pratique (le sourire du Bouddha). Et vous n'utiliserez le comptage de 1 à 10 que lorsqu'il vous deviendra nécessaire.

 

Et peut-être deviendrez-vous bientôt un pressé, ou une pressée serein(e).

       

* En position du lotus ou assis tailleur sur un coussin si vous en êtes capable.

 

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                             Contrairement à ce que laisse supposer cet article, qui se veut simplement vulgarisateur, il est vital de ne rien attendre de la méditation car, à la manière de la pensée que l'on ne peut réprimer, mais qui s'efface en l'observant, vouloir pratiquer la méditation dans un but affirmé ne peut qu'en limiter les effets attendus, voire les détruire à terme.

Méditer dans cet esprit n'est pas méditer - c'est pourtant ce qui se pratique sous la houlette de certaines personnes, parfois de très bonne foi et même avec certains résultats, dans d'autres cas à des fins simplement mercantiles.

La méditation n'a aucun but. Sa pratique dans un esprit de profit quelconque la dénature, et ce que l'on appelle "développement personnel", terme qu'on ne s'étonnera pas d'avoir vu naître au pays du "rêve américain", est la manifestation de ce détournement.

 

 

EN RÉSUMÉ :

 

- Se concentrer.

- Ne prendre part à rien.

- Ne rien faire d'autre que ne rien faire : simplement assis.

- Sans but ni esprit de profit.

 

(Plus difficile qu'il y paraît).

 

JCP 09 2018

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12 juin 2018

Construire un shoggi (1/2)

Construire un shoggi aisément démontable et léger pour le

voyage et la méditation dans la nature

 

                                              Le shoggi est un tabouret de méditation utilisé en remplacement du coussin traditionnel, le zafu, lorsque le méditant ne peut l'utiliser pour des raisons personnelles (douleurs articulaires excessives, arthrose, âge, séquelles d'interventions chirurgicales...) :

 

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                                        Cependant, les shoggis du commerce sont à taille unique et parfois trop bas, ce qui ne règle pas vraiment le problème des douleurs articulaires au cours des séances longues. Fait aggravant, ils ne sont par ailleurs aucunement rembourrés.

D'où l'intérêt d'en construire un adapté à sa taille, tout en y apportant plus de confort. Le cintrage de l'assise ne paraît pas vraiment utile, on peut lui préférer 2 cm. de caoutchouc mousse.

Et pourquoi ne pas le construire le plus léger possible et facilement démontable pour le voyage et la méditation dans la nature (valise, sac à dos).

Pour une personne de poids moyen, on peut oser le contreplaqué de 10 mm., qui s'avère suffisamment rigide et résistant, même dans la nature. Les trous et la forme trapézoïdale de l'assise n'ont d'autre objet qu'un poids optimisé, ici 820 grammes. Si l'on a des craintes, passer à 12 mm., bien qu'en cas de rupture on ne puisse guère tomber de haut.

Deux critères sont à prendre en compte :

- La hauteur : selon la souplesse des membres inférieurs et la taille.

- L'angle d'inclinaison vers l'avant : en fonction de la hauteur (plus prononcé pour une hauteur accrue)

Noter que le shoggi démontable permet de remplacer les pieds dans d'autres hauteurs et avec un angle différent, pour arriver à la bonne ergonomie après tâtonnements.

FOURNITURES :

- Contreplaqué 10 mm. du shoggi présenté (utilisateur poids 70 KG et taille 1m75) :

Assise : 160 mm. X 420 mm.

Pied : 160 mm. X 183 mm. Petite hauteur : 162 mm. (angle 7,5 degrés). Prévoir plusieurs jeux de pieds.

- Carré de bois raboté 22 mm.

- 8 Vis à bois tête fraisée 90° Ø 5 X 30 mm. pour assembler les 4 carrés à l'assise.

- 2 Boulons à bois tête ronde collet carré M6 X 60 mm.

- 2 Écrous papillon M6.

- 2 Rondelles plates Ø 6 mm.

- Plaque caoutchouc mousse haute densité épr. 10 mm. à découper au cutter (ici 2 épaisseurs) ; coller à la colle néoprène. La mousse basse densité s'affaisse rapidement.

- Teinture bois, finition au choix...

 

DÉTAIL D'ASSEMBLAGE IMPORTANT :

Assembler chaque pied et ses 2 bouts de carrés de 22 mm avec le boulon à bois écrou papillon bien serré avant de visser les 8 vis à bois (2 par carré) depuis le haut de l'assise. (Afin de permettre le serrage du pied entre les deux carrés par la suite).

 

SUGGESTION : qui osera la fibre de carbone pour moins de 400 grammes ?...

 

 

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Aucune difficulté pour le moindre des bricoleurs (trous d'allègement et assise trapézoïdale en option).

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Esthétique et finitions n'ont pas été privilégiées.

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Plus simple de construction et plus "civilisé", un shoggi "de salon" taillé dans un profilé de bois courant (140 mm X 27mm).

Assemblage par 6 vis à tête fraisée et rembourrage identique au précédent. La baguette sur le pourtour retient le tissu élastique (jersey fluide type jambe de pantalon féminin) qui recouvre la plaque de caoutchouc mousse haute densité.

Poids : 1.500 grammes.

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Suite de cet article : "Construire un shoggi 2/2" (utilisation dans la nature).

JCP 12 06 2018

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30 mai 2018

Le courroux du kyosaku (0920)

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Le courroux du kyosaku*

 

                                                                        Dédié à B., V. et J.M.

 

Symbole d’un pouvoir au Vide pour substance,

Sur le lit de son ombre il reposait serein,

Et se laissait bercer par la cloche d’airain

Dans la ferveur des voix aux plaisantes nuances.

 

Sous ces chants merveilleux venus du bout du monde,

Il retenait les larmes d’émotions si profondes

Qu’il ressentait sa fibre vibrer à l’unisson,

Car il était du bois dont on fait les violons.

 

Mais du concert parfait on a troublé le rite.

Percussions échappées - ou notes mal écrites -

Le jetèrent à bas sur le grand tatami :

L’homme résolument n’était pas son ami !

 

Et la pièce de bois, d’un courroux des plus justes,

S’élevant du tapis d’un vigoureux élan,

Par la fenêtre ouverte - prodige saisissant -,

Rejoignit la forêt et redevint arbuste.

 

Depuis ce jour maudit, l’ombre du kyosakou

Plane sur son support. Et par les soirées calmes,

Certains disent sentir comme un souffle à leur cou :

Le bâton rituel avait-il donc une âme ?

 

 

 

* Le kyosaku (prononcer kyosakou) est une sorte de bâton plat (image) avec lequel les maîtres des monastères zen frappent l'épaule du disciple dont l'attention se relâche, ou qui s'assoupit au cours de la méditation. Dans les dojos zen occidentaux fréquentés par les laïcs, le maître utilise le kyosaku à la demande du pratiquant dans le but de détendre les muscles des épaules.

JCP 30 05 - 01 06  2018

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14 mars 2018

Interdépendance (0866)

 

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 Nature morte aux poires et raisins, Claude Monet

 

Interdépendance

 

Contempler un tableau se fait de sa surface,

Et l’idée ne vient pas d’y glaner d’autre trace

Que ce que l’œil perçoit, ou que l’esprit pressent

Des intentions du peintre telles qu’on les ressent.

 

Mais une vue plus large nous désigne l’orage

Et le soleil d’été qui fit croître le lin,

Les années de patience développant les pins,

Tisseur et menuisier achevant leur ouvrage ;

 

Ainsi du chevalet, pinceau toile et couleur,

Nourriture du peintre, verre et vin sur la table,

Un immense réseau, de ses liens innombrables,

Relie jusqu’au cosmos l’acte du créateur.

 

Le décompte infini des sujets enrôlés

Participant à l’œuvre donnerait le vertige,

Qui du tableau fini quel que soit le prestige,

En interdépendance sont présence obligée.

 

Qui sait si d’autres cadres, ou d’autres accessoires,

Ou bien si l’épicier n’avait pas eu de poires,

Ceci de ce tableau n’eût changé le destin,

Qui de nature morte pût finir Diane au bain…

 

 

JCP 13 03 18 Pour Les Impromptus Littéraires (Devant la nature morte de Monet ; inclure 5 mots ou plus tirés de ces lettres : A E E O R J G L N L)

06 mars 2018

Des vertus du silence (0863)

 

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Des vertus du silence

 

Vaste toile éthérée de la fresque de vie,

Le silence incréé qui contient tous les bruits

Recèle aussi l’espace où dort la vraie quiétude,

Refuge dont l’humain a perdu l’habitude.

 

Toujours pied à l’étrier et forçant son allure,

Il ne sait apaiser l’élan de sa monture,

Qui montre sa faiblesse et finit par broncher.

Et crevant la surface, émerge un mal caché.

 

Ainsi pourquoi courir : nous sommes arrivés.

La lenteur méditée dépasse cette transe

Où le corps envolé délaisse la conscience :

Immobile un moment laissons l’esprit rêver,

 

Et par notre attention portons-le lentement

A la paix du silence. C’est de cet agrément

Qu’on veut nous séparer pour des raisons perverses :

Un moment sous abri laissons passer l’averse.

 

S’imprégner du silence, connaître la lenteur,

Et dompter l’impatience de l’étalon féroce -

Qui voudrait avant l’heure nous conduire à la fosse,

Aurait-on caché là l’essence du bonheur ?

 

 

JCP  03 18  Pour LES IMPROMPTUS LITTÉRAIRES : « le pied à l’étrier ».

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05 février 2018

Le Zazen du chat zen

 

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Le zazen¹ du chat zen

 

C’est délaissant combats, croquettes et coussins,

Que mon chat le matin fredonne ce refrain,

Ses yeux rivés sur moi. Qui sait dans quelle langue

Ce diable de matou déclame sa harangue… :

 

« Kan ji zaï bo satsu,

Gyo jin Hannya Haramita

Ji Sho ken go on kaï ku,

Do issaï ku yaku… » ²

 

Mon voisin japonais, venu me saluer,

Entendit ce discours et en resta muet :

Il avait reconnu, comme chanté naguère,

Le sûtra des grands sages de ses lointaines terres,

Dont résonnaient partout les pagodes sacrées.

- Votre chat en Bouddha, fit-il, est incarné.

 

- C’est un grand privilège qu’en aucune Écriture

On ne trouve cité. C’est un signe j’assure,

Qu’il faut considérer, et le message est clair :

Votre chat vous invite au zazen salutaire.

 

Étudiant ce mystère, je me souvins qu’Alice³

Jadis connut un chat débordant de malice,

Qui sut l’accompagner vers un heureux destin :

Il fallait obéir au vouloir des félins.

 

Du mental ennemi je parcourus l’empire,

En combattant paisible l’empêchai de me nuire ;

Et depuis, tous les jours, assis jambes croisées,

De ce bonheur de Chat je suis fort apaisé.

 

 

 

¹  Méditation assise du Bouddhisme zen.

²  Extrait phonétique du « Sûtra de la grande sagesse », connu d’une majorité de Japonais.

³  Du Pays des Merveilles de Lewis Carroll.

JCP 02 18 Pour Les Impromptus Littéraires ("Mon chat me fixe")

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