29 décembre 2019

Trois citations plus une : Alexandre Jollien + ... et ...avec...

 

 

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Trois citations plus une qui, provenant chacune de régions du globe fort éloignées, n'en sont pas pour autant lointaines par leur esprit. 

 

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1 - "C’est une sacrée liberté que de vivre comme si on avait tout le temps du monde, et bannir aussi bien la hâte que la paresse".

Alexandre Jollien, extrait de « Trois amis en quête de sagesse » écrit en coopération avec Matthieu Ricard et Christophe André (2017).

 

2 - "Pour aller plus vite, ralentissez". Maître zen anonyme.

Également cité dans le même ouvrage par le même auteur.

 

3 - "Qui se presse perd son temps" (Quien se apura pierde su tiempo). Proverbe patagon.

 

4 - Ajoutons l'historiette du disciple demandant à son maître zen :

- Combien de temps me faudra-t-il pour atteindre le satori (l'éveil) ?

- 30 Ans.

- C'est que je suis pressé...

- Dans ce cas, 50 ans.

 

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Il convenait peut-être de réunir ces citations, rare et rassurante approche d'une même sagesse sans frontières.


13 décembre 2019

Méditation : la simplicité du Zen

 

                         On peut assister actuellement à un certain attrait pour la « méditation*», dont les médias donnent une image lointaine et vaguement « branchée », lorsqu’elle n’est pas orientée vers le mercantile.

Le bonheur paisible auquel nous avons tous droit est de plus en plus inatteignable : la société « moderne » et tout ce qu’elle implique aujourd’hui s’y oppose. Résolument et de façon croissante. Le léger mal de vivre, l’insomnie passagère, comme les maladies nerveuses graves qui en découlent sont en nette expansion, et particulièrement dans notre pays (1er consommateur européen de psychotropes) où il semblerait que « rien ne va ».

Une réalité.

Y a-t-il des solutions à cela ?

Elles seraient politiques, mais il n’y a pas de ministre du bonheur.

C’est regrettable.

Ne reste qu’à apprendre à sourire sous le séisme.

Trois méthodes sont disponibles :

1 - L’alcool, les drogues, les dépendances de tout ordre dont celles, puissamment encouragées, à la consommation et au smartphone, apportent l’apaisement d’un instant avant de devoir en renouveler l’usage, toujours plus intensif et à l’infini. Vous pratiquez plus ou moins cette méthode : tout ça ne suffit pas pour atteindre le vrai bonheur, vous le savez.

2 - La pharmacopée, qui propose des produits immédiatement efficaces (somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs) aux séquelles considérables. Si vous êtes liés.es à cette solution, vous êtes conscients.es qu’elle n’est pas sans risques et, à terme, vous savez qu'elle ne peut suffire.

3 - La troisième possibilité est la « méditation ».

Pratiquée assidument, elle a permis à de nombreuses personnes, depuis 2.500 ans, de retrouver le sourire même sous des conditions de vie peu satisfaisantes.

Elle est gratuite, facile et sans séquelles. Et même bonne pour la santé en général.

Seul bémol pour les gens pressés : elle exige du temps au quotidien.

Donc impossible pour une large majorité de personnes.

Hélas.

C’était la bonne solution.

Reste donc les deux premières.

Indétrônables, elles.

Désolé, tout ça pour rien.

La méditation, une aimable utopie sans doute…

 

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Vous persistez malgré tout à lire ces lignes ?

Bienvenue.

Nous ne changerons pas le monde, mais nous pouvons changer l’idée que nous nous en faisons. C’est par là qu’il faut attaquer : le mental et non le physique et la satisfaction des sens (qui n’est pas pour autant interdite !).

Ceci étant, la méditation n’est en aucun cas à considérer comme un médicament (il serait assez long d’en expliquer ici les raisons), que l’on abandonnera dès que « ça ira mieux ». Attacher un but ou un profit à cette pratique la corrompt immanquablement et la rend inopérante (certains disent plutôt le contraire, vous l’aurez peut-être remarqué).

Pourquoi plutôt le zen ?

Le zen est la branche du bouddhisme la moins attachée au rite, et donc la plus apte à une pratique laïque. Le zen peut se superposer à la majorité des croyances monothéistes, c’est déjà le choix de certaines personnes.

Zazen (méditation assise en japonais) est la méditation des origines. Pure, simple, dépouillée et non déformée, sans enflure ni décorum. Authentique, elle ne fait appel à aucune croyance, à aucun dieu : Bouddha était un homme qui espérait simplement rendre les humains plus heureux - sur terre. Uniquement cela.

 

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L’affiche ci-dessous propose une journée entière consacrée à la méditation. Peut-être ne pouvez-vous pas vous réserver tout ce temps : vous trouverez plus bas des options plus brèves.

- Ah, sous la direction d’un moine zen : c’est non, dites-vous.

- Pensez-vous qu’il soit des personnes mieux à même d’enseigner la méditation qu’un moine zen rompu à cela et avant tout à cela depuis de nombreuses années ? Leur nom m’intéresse !

Kensan Jean-Michel Pierre est un homme comme vous et moi qui, entre autres talents, possède ceux qu'on attribue à un moine zen. Comme dévouement, écoute, compréhension, compassion, calme, patience, simplicité.

- Pourquoi en groupe ? ajoutez-vous.

- Pour d’évidentes raisons qui font que l’on progresse plus rapidement et, surtout, sur la bonne voie. Celle dont, seul, on risquerait de dévier par une connaissance approximative de la pratique.

Des séances plus courtes (1 heure, 4 heures) sont proposées au dojo de St Simon (Toulouse) :

http://www.sudtoulousezen.fr/

 

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À bientôt peut-être au dojo. En toute simplicité !

Jean-Claude

 

* Il n’existe toujours pas de mot pour exprimer cette pratique dans sa réalité, le mot « méditation » en exprimant l’opposé, puisqu’il fait éminemment appel à la pensée.

 

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29 novembre 2019

Réflexions zen

 

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Le moment présent, cet inconnu

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La clé de contact

ou : À la recherche du calme intérieur

 

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                                Cet article s’adresse aux personnes curieuses de la nature humaine, curieuses d’elles-mêmes et se questionnant quant à ce qui pourrait bien se passer au sein mystérieux de ce qu’on nomme mental ou esprit, alertées par certains moments de la vie où, justement, on voudrait bien qu’il s’y passe autre chose, « là-dedans », voire, ce serait inespéré, rien de notable : le calme intérieur peut-être… ?

 

« L’esprit vole de sottise en sottise comme l’oiseau vole de branche en branche. »

Paul Valéry

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EXERCICE

 

                                 Propre à mettre en évidence un moment présent tout à fait banal de notre vie quotidienne, voici un petit exercice de vie intérieure :

Lorsque vous prenez votre auto, une fois assis.e au volant - bien assis.e -, prenez le temps, introduisant la clé de contact et la tournant pour démarrer, de vous demander :

« - Qui tourne la clé ? »

 

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                              Bien sûr, vous ne vous êtes jamais posé cette question saugrenue et vous vous dites : - A quoi bon, qui d’autre que moi la tournerait, c’est ridicule !

Essayez pourtant, et vous vivrez (peut-être) un moment de votre vie pour ainsi dire jamais vécu. Restez concentré sur tout ce qui survient, à l’extérieur et à l’intérieur de vous-même, et réfléchissez à la question le plus sérieusement du monde tout en tournant la clé pour démarrer, une fois votre souffle apaisé.

Peut-être y découvrirez-vous des réponses - si vous aviez en vous des questions.

Sauf probablement les premières fois, vous n’avez jamais vécu cet instant, d’aucune façon, réfléchissez.

 

Ou abandonnez simplement l’exercice s’il vous ennuie ou si vous n’y adhérez pas.

 

Si toutefois vous étiez encore présent.e, les yeux sur ces lignes : Vous n’avez tout simplement pas tourné la clé depuis des années.

Vous avez été, un petit nombre de fois, attentif.ve aux premiers tours du moteur. Et encore, seulement lorsqu’il démarrait mal - ce qui se fait rare aujourd’hui.

Vous avez effacé de votre vie ces moments où vous tourniez la clé, vous ne les avez pas vécus. Et n’en avez pas conservé le souvenir.

À votre insu, votre mental vous en a éloigné.e. C’est lui le coupable.

 

Vous n’en avez rien à faire : en tournant la clé vous vous projetez déjà, abandonné.e à votre mental, sur les embarras de la circulation, sur un parking, celui du supermarché, de votre lieu de travail ou, plus loin encore dans le futur, sur ce que vous ferez une fois le parcours achevé et le véhicule abandonné. Ou bien vous ne pensez à rien de tout ça, mais seulement à la somme de choses plaisantes ou déplaisantes qui vous occuperont, dans deux minutes, deux heures, deux jours, deux mois…

Vivriez-vous donc exclusivement dans le futur, dans une sorte de non-vie virtuelle ?

Oublieriez-vous de vivre, que le présent soit ainsi écarté de votre vie ?

 

De la même façon, vous négligez inconsciemment de nombreux moments de votre vie et ne les vivez pas.

Et nous faisons à peu près toutes & tous de même.

 

Que faire de ceci ? Allons-nous perdre notre temps à ces idioties, l’heure tourne et… vous l’avez dit, l’heure tourne : vous venez de perdre une minute à cette lecture inutile. Alors que si vous réfléchissez un peu, vous vous rendrez compte que vous venez au contraire de gagner cette même durée dans votre vraie vie, celle qui se vit au présent, ici même, en ce moment, tout en lisant ces lignes qui vous révoltent ou vous interpellent.

Car rien ne se vit ailleurs qu’au moment présent.

Le passé est une suite d’anciens moments présents.

Le futur est la projection imaginée de futurs moments présents qui n’auront peut-être pas lieu.

 

Pourtant, ça n’est pas ce que vous faites, ce qui vous occupe, c’est le passé que vous parcourez, et le futur où vous vous projetez.

Cet incessant aller-retour passé-futur et inversement occupe la quasi-totalité de votre vie, et peut se montrer contraignant - voire épuisant. Peut-être avez-vous déjà remarqué cela sans y réfléchir outre mesure (notre culture, comme les médias, ne nous y incitent pas).

Or ni passé ni futur n’ont de réalité, il faut bien en convenir.

Vous oubliez de vivre votre vie, car vous ne vivez pas au présent.

Et même si vous vivez un moment heureux, vous ignorez qu’il l’est, car votre mental vous entraîne déjà dans un futur imaginaire pour tenter d’y en trouver d’autres - plus intenses si possible. C’est demain que vous vous direz « - Hier c’était bien ». Avec le regret de ne pas avoir profité plus de ce moment passé trop vite - présent hier.

 

Vous répondez déjà, conforté.e dans votre vision qui est celle de tout-un-chacun, que sans le passé vous ne seriez rien : éducation, savoir acquis, physique longuement modelé par le sport, etc… critères qui font aujourd’hui ce que vous êtes (les manifestations de l’ego ne sont pas loin), et que vous avez de remarquables projets qui, eux, sont tournés vers l’avenir, un avenir radieux - espéré radieux pour le moins.

Certes il convient de réfléchir à ce que l’on fera demain ou dans quelques minutes, planifier un minimum sa vie a son importance et peut même se montrer vital.

Il n’est cependant pas nécessaire de laisser son mental s’emplir durablement du passé, avec son lot de regrets, d’erreurs commises, de reproches que l’on se fait,  de ses réussites, de ses moments heureux, ni de ses seuls projets, souvent vecteurs de soucis, de tracas, de craintes, de peurs, d’espoir de bonheur et autres sentiments injustifiés :

Le passé est un cadavre que l’on traîne plus ou moins volontiers. Est-on certain du futur ?

Le mental est un outil puissant qui n’a pas besoin de ressasser, il trouvera toujours la solution confronté à la situation. Pourquoi nous fait-il cela ?

 

Alors que peut-être, au lieu de laisser votre mental vagabonder vers des inutilités (trop souvent stressantes), vous pourriez passer quelques secondes de sérénité à tourner la clé en pleine conscience, corps apaisé, mental vide, faisant corps dans le silence avec la clé que vous tournez.

Ressentir sa matière, sa forme, sa douceur, sa rugosité, la froideur de son métal, sans penser à quoi que ce soit, concentré.e uniquement sur le ressenti de votre main, de vos doigts, l’écoute des divers déclics métalliques, du bruit du démarreur suivi de celui du moteur. Ceci sans avoir recours à la pensée qui veut analyser ces informations, les classer, les comparer avec d’autres, enfouies dans le passé où déjà le mental vous attire, à moins qu’il ne vous ait déjà replongé.e dans le futur, loin de la clé, le mental est tellement rusé que vous ne vous en êtes même pas aperçu.e.

Se concentrer exclusivement sur le ressenti (par l’intermédiaire des sens) a la faculté de vider le mental. Et d’être soi-même, non son esclave.

Le mental vidé de la pensée, ne serait-ce qu’un instant, nous offre un aperçu du bonheur sans cause.

Ce bonheur-là est gratuit (mauvais pour la consommation et la croissance, aussi les médias ne nous en parlent pas).

Qu’est–ce qu’une pincée de secondes de bonheur, c’est ridicule et insuffisant dites-vous. Certes. Mais nous pouvons inviter d’autres moments de bonheur tout au long de notre journée, et former notre mental plutôt à les ressentir qu’à nous harceler de pensées que nous ne choisissons pas. Cesser ainsi d’être l’esclave permanent de notre mental.

 

Les moments où nous avons été le plus heureux,se dans notre vie sont ceux où nous ne pensions pas, où nous ne parlions pas non plus. Réfléchissez-y, vous avez des réponses en vous.

Il ne s’agit ni du plaisir ni de la joie, états fugitifs, mais du bonheur sans cause apparente, un état que nous pouvons puiser à l’intérieur de nous, en nous connectant sur le moment présent.

 

Tournez donc la clé - si vous le pouvez, car la pleine conscience de ce simple geste est un exercice demandant beaucoup de concentration. La preuve en est que vous le découvrez. Maintenant.

Et si toutefois, en tournant cette clé, vous aviez un aperçu, non seulement de ce qu’est le moment présent, mais aussi de la paix intérieure qu’il contient et qu’il est prêt à vous offrir, pourquoi ne pas persister, de temps à autre, à « tourner » d’autres moments présents à votre avantage, pour retrouver cette paix intérieure que l’on ne nous permet plus ?

 

Pour celles & ceux qui persisteraient encore à lire ces « naïvetés utopistes » :

 

Lorsque vous marchez seul.e (dans la rue, sur un chemin quelconque, du parking au lieu de travail ou poussant le chariot du supermarché alors que vous êtes « pressé.e », etc…), demandez-vous :

« - Qui marche ? »

Suivez alors le même raisonnement que pour la clé de contact, le mental, le corps - et la respiration - uniquement dédiés à la marche :

Avez-vous déjà marché en sachant que vous marchiez ?

Avez-vous ressenti le contact de votre pied avec le sol, le geste décomposé de la marche, les sensations de vos jambes en action, suivi de bout en bout votre respiration et ses étapes ?

Peut-être n’avez-vous jamais marché en pleine conscience, ou bien très rarement : par exemple si marcher présente un risque, dans la boue, la neige, la glace, les sables mouvants, l’escalier raide, ou, pour une raison quelconque, de façon silencieuse.

Dans ces situations-là vous ne pensiez-pas, vous marchiez : vous étiez uniquement concentré.e sur le processus de la marche (dont votre sécurité ou même votre vie pouvait dépendre).

Peut-être, en dehors de ces situations, n’avez-vous jamais marché…

Essayez donc de savoir que vous marchez (en marchant un peu plus lentement qu’à l’accoutumée, prenez le temps, le temps vous appartient, réappropriez-vous-le !).

Constatez-vous quelque chose de nouveau en vous ?

- Vous seul, vous seule détenez la réponse.

 

Ces exercices pourraient être pour vous le départ d’une nouvelle vie - plus sereine probablement. Peut-être même plus heureuse. De nombreuses personnes dans le monde ont déjà fait cette démarche avec succès.

 

Mais vous n’en ferez rien, vous êtes tellement bien, à l’abri du présent, à l’abri de la vie dans cette prison dorée régie par le temps : passé-futur-passé-futur-passé-futur-passé-futur… / Tic-tac-tic-tac-tic-tac-tic-tac…

Installez-vous donc un peu plus souvent entre le tic et le tac, là où réside la vie, hors du temps : au présent.

 

Et… la vaisselle ?

Et… la cuisine, manger ?

Et… faire la queue ?

Et… enfiler ses chaussettes ?

Et… préparer le thé ?

Et… le jardinage ?

Et… ?

Et… ça aussi ?

 

 

C’est idiot n’est-ce pas, qui va perdre son temps à ces enfantillages ?...

 

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Si, malgré le soin approrté à la rédaction, omission coupable aujourd’hui, hautement punie des Néoféministes, quelques « .e » faisaient défaut, en voici à discrétion : .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e     .

 

JCP Sept-Nov/2019

D’après la phrase citée en début de texte et relevée dans la préface de l’ouvrage « Esprit guide » de Karlfried Graf Dürckheim, Éd. Albin Michel.

 

CONNAÎTRE LA MÉDITATION ZEN :

(Ces ouvrages très connus ont été tirés à des millions d'exemplaires)

 

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PRATIQUER LE ZEN À TOULOUSE :

SUD TOULOUSE ZEN

 

 

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21 novembre 2019

Koan : Quelle est la richesse du moment présent ?

 

 

                                                                  ◄ ►

 

                                       Rien ne se monnaie

                                       de l’impalpable richesse

                                       du moment présent

 

                                       mais quiconque sait la voir

                                       est riche de l’or du monde

 

                                                      ►◄

 

Inspiré par le koan* cité en titre et écrit sous la forme tanka**.

JCP  Octobre 2019

* KOAN : courte phrase ou brève anecdote paraissant absurde ou paradoxale utilisée dans certaines écoles du bouddhisme zen comme objet de méditation.

** Tanka : forme de poésie japonaise dont la métrique est 5-7-5 + 7-7.

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05 mars 2019

La saveur du rien (1000)

 
 

Si certains ont vanté les plaisirs minuscules

Et loué d’un demi jusqu’à la mince bulle,

Ou bien dans la poussière échappée du balai

Vu sans porter gilet la chute du Palais,

 

J’ai découvert pour vous, n’en déplaise au poète,

Ce qu’est le vrai bonheur sans décor ni paillettes :

Sur la toile de fond d’un silence parfait,

Délaissez tous les bruits soient-ils beaux soient-ils laids.

 

Sentez-vous respirer. Et posé sur coussin

Ne bougez plus les pieds ne bougez plus les mains.

Au penser non-pensé d’un attentif rien-faire,

Vous le verrez passer, petit grain de lumière :

 

L’atome de plaisir où perce le bonheur

Soudainement grandi adoucit le malheur,

Et le sourire doux qui fleurit à la lèvre

Vaut bien tous les bijoux faits des meilleurs orfèvres.

 

Et de ce premier pas sur le chemin sans pas,

Peut-être au fond de vous quelque chose naîtra.

 

 

 

JCP 03 2019 Pour Les Impromptus Littéraires : D’après « Les Plaisirs minuscules » de Philippe Delerm.

 

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02 septembre 2018

Maintenir le maintenant

 

VOUS ÊTES PRESSÉ (PRESSÉE) :

- 1 Sinapisme de Lenteur matin et soir (appliquer sur tout le corps).

- 1 Cuillérée à soupe de Rien-Faire-Attentionné le matin (renouveler le soir si nécessaire).

Essayer le traitement gratuitement et sans engagement : voir plus bas.

 

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- Dans un lieu calme et peu éclairé, asseyez-vous en position stable et détendue sur une chaise à l’assise ferme* :

               - Dos droit

               - Menton légèrement rentré

               - Mains à plat sur les cuisses

               - Yeux fermés

 

- Laissez votre respiration s’apaiser d’elle-même. Rien ne presse. Vous êtes arrivé(e).

 

- Observez attentivement votre respiration sur ses quatre temps :

Inspiration / transition / expiration / transition.

 

- Fixez toute votre attention sur les sensations de l’air qui circule à l’intérieur de votre nez.

Tout en comptant mentalement de 1 à 10 sur chaque expiration :

     Inspiration / 1

     Inspiration / 2

     Inspiration / 3

     Etc…

 

- Vous n’êtes pas parvenu(e) jusqu’à 10 :

Une, ou plusieurs pensées se sont emparées de votre mental contre votre volonté, interrompant votre décompte et votre concentration.

Curieusement, ces pensées concernent passé et futur, domaines de l’inexistant et de l’improbable, jamais le présent. Sont-elles toutes utiles ?

Reprenez alors à 1 et poursuivez. Rien ne presse. Vous êtes arrivé(e). Souriez.

 

- Au terme de plusieurs tentatives, vous êtes parvenu(e) à 10 (ou même à 8), sans que le flux des pensées ait pu vous déconcentrer : c’est une grande victoire sur vous-même !

(César lui-même, connaisseur en victoires, déclarait que ces victoires-là sont les plus difficiles).

Pratiquez assidûment cet exercice au moins vingt minutes au quotidien, et vous connaîtrez, mental progressivement apaisé, le bonheur de la méditation dans le non-penser. Bonheur qui s'insinuera progressivement dans votre vie de tous les jours si vous persistiez à pratiquer cet exercice simple.

Vous pourrez alors ajouter ce demi-sourire, à maintenir le plus longtemps possible, à votre pratique (le sourire du Bouddha). Et vous n'utiliserez le comptage de 1 à 10 que lorsqu'il vous deviendra nécessaire.

 

Et peut-être deviendrez-vous bientôt un pressé, ou une pressée serein(e).

       

* En position du lotus ou assis tailleur sur un coussin si vous en êtes capable.

 

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                             Contrairement à ce que laisse supposer cet article, qui se veut simplement vulgarisateur, il est vital de ne rien attendre de la méditation car, à la manière de la pensée que l'on ne peut réprimer, mais qui s'efface en l'observant, vouloir pratiquer la méditation dans un but affirmé ne peut qu'en limiter les effets attendus, voire les détruire à terme.

Méditer dans cet esprit n'est pas méditer - c'est pourtant ce qui se pratique sous la houlette de certaines personnes, parfois de très bonne foi et même avec certains résultats, dans d'autres cas à des fins simplement mercantiles.

La méditation n'a aucun but. Sa pratique dans un esprit de profit quelconque la dénature, et ce que l'on appelle "développement personnel", terme qu'on ne s'étonnera pas d'avoir vu naître au pays du "rêve américain", est la manifestation de ce détournement.

 

 

EN RÉSUMÉ :

 

- Se concentrer.

- Ne prendre part à rien.

- Ne rien faire d'autre que ne rien faire : simplement assis (la difficulté réside là).

- Sans but ni esprit de profit.

 

 

JCP 09 2018

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16 mai 2018

O.B.N.I. ou : Le Zazen du bois (0864)

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Portrait d'un O.B.N.I. (l'OBNI, d'humeur quantique, se dérobe au gros plan)

 

 

O.B.N.I.*

Ou : Le Zazen du bois

                                         Dédié à V. et à J.M.

 

 

Fait du bois le plus noble et d’un poli parfait,

Il avait tout pour plaire, mais nul ne parvenait

A percevoir l’usage de cet objet bizarre :

Un plateau, deux montants emprisonnant deux barres.

 

Ainsi le Grand Koan**, l’article de Paris,

L’appareil de science et mille théories,

Tout fut envisagé ; on le retourna même,

Et l’on trouva pour lui tous les noms de baptême.

 

Mais du fond de la salle une voix s’éleva :

- Tout l’esprit de Zazen est dans cette machine,

Il convient de l'asseoir aux côtés du Bouddha :

Le Rien-Faire-Attentif qui nous vient de la Chine

Est semblable au repos de l’objet sans emploi,

Qui nous montre l’exemple de sa fibre de bois !

 

 

(Publié à l'origine en Mars 2018)

 * Inspiré par un « Objet de Bois Non Identifié » hautement commenté à certain Dojo Zen après Zazen*.

** Koan : énigme en usage dans le Bouddhisme Zen, plus particulièrement le Zen Rinzaï.

* Zazen : méditation assise du Bouddhisme Zen.

JCP 09 03 2018

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05 février 2018

Le Zazen du chat zen

 

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Le zazen¹ du chat zen

 

C’est délaissant combats, croquettes et coussins,

Que mon chat le matin fredonne ce refrain,

Ses yeux rivés sur moi. Qui sait dans quelle langue

Ce diable de matou déclame sa harangue… :

 

« Kan ji zaï bo satsu,

Gyo jin Hannya Haramita

Ji Sho ken go on kaï ku,

Do issaï ku yaku… » ²

 

Mon voisin japonais, venu me saluer,

Entendit ce discours et en resta muet :

Il avait reconnu, comme chanté naguère,

Le sûtra des grands sages de ses lointaines terres,

Dont résonnaient partout les pagodes sacrées.

- Votre chat en Bouddha, fit-il, est incarné.

 

- C’est un grand privilège qu’en aucune Écriture

On ne trouve cité. C’est un signe j’assure,

Qu’il faut considérer, et le message est clair :

Votre chat vous invite au zazen salutaire.

 

Étudiant ce mystère, je me souvins qu’Alice³

Jadis connut un chat débordant de malice,

Qui sut l’accompagner vers un heureux destin :

Il fallait obéir au vouloir des félins.

 

Du mental ennemi je parcourus l’empire,

En combattant paisible l’empêchai de me nuire ;

Et depuis, tous les jours, assis jambes croisées,

De ce bonheur de Chat je suis fort apaisé.

 

 

 

¹  Méditation assise du Bouddhisme zen.

²  Extrait phonétique du « Sûtra de la grande sagesse », connu d’une majorité de Japonais.

³  Du Pays des Merveilles de Lewis Carroll.

JCP 02 18 Pour Les Impromptus Littéraires ("Mon chat me fixe")

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13 décembre 2017

Silence Zazen, ou : des difficultés de la méditation (2)

 

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Silence zazen

Ou : des difficultés de la méditation (2)

 

Dans ce silence ami qui bannit le sommeil,

Et d'où la vérité transparaît de l'éveil,

Vient planer la menace d’un insecte piqueur :

Sur le clair tatami, les esprits sont ailleurs.

 

Sous la cloche qui sonne, l’insecte victorieux

Est prié de sortir sous des regards haineux.

 

Et le Zazen reprend. Pourtant sur les visages

Une moue se dessine, où se lit le présage

D’une attention troublée : un tout petit caillou

Au soulier du géant peut le mettre à genoux.

 

 

 

JCP 12 2017, inspiré par une phrase du Dalaï Lama, déclarant en substance, dans ce rire qui lui est familier :

« Avec un moustique dans la salle, j’ai tout de même du mal à méditer ».

(La question avait trait au respect de la vie en général)

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