07 mars 2020

La méditation : comment commencer

 

MÉDITER

 

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QUI EST LE PLUS HEUREUX ?

 

 

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 MISES À JOUR : 08/03/20, 09/03/20, 19/08/20

 

 

Débuter en méditation

 

La méditation assise (zazen)

 

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Remarques importantes

 

1 : Le plus grand soin a été apporté à la rédaction et à la clarté de ces lignes, cependant : Pénétrer en soi, investiguer son mental de façon mal comprise peut, dans certains cas, s’avérer préjudiciable à des personnes déjà fragilisées, l’enseignement écrit ne pouvant rivaliser avec l’enseignement oral auprès d’un maître authentique, qui saura conseiller.

2 : Privé sur smartphone de son bandeau, son menu et ses deux colonnes latérales, donc de ses commandes et de sa possibilité de navigation, ce blog y devient presque impossible à consulter.

3 : S’agissant de spiritualité, ce mot est, par erreur ou par habitude anciennement imposée, quasi-exclusivement associé à la religion. Le domaine de l’esprit (nommé indifféremment mental ici) n’est pas l’apanage des religions. À l’opposé, la plupart des religions monothéistes écartent la spiritualité de la pratique traditionnelle au profit de la prière, réservant plutôt la vie spirituelle au clergé, aux religieuses et aux moines.

4 : La méditation abordée ici (zazen) est basée sur le bouddhisme zen, simple, proche des origines, très représenté dans notre pays et praticable en groupe au sein de dojos. Le zen, qui ne se réclame d’aucune divinité, peut en outre se superposer à des croyances qui en comportent une sans contradiction.

Les formes de méditation pratiquées dans les autres branches du bouddhisme sont semblables à celle du zen dans leur esprit.

5 : On pourra noter au fil du texte un certain nombre de répétitions, et des phrases de même signification réécrites à peine différemment. Ceci est volontaire. S’agissant d’enseignements écrits, la répétition fait partie du processus d’assimilation.

Il est bien entendu peu approprié de survoler ce texte et, par impatience, de se lancer dans une méditation approchée insuffisamment comprise.

Méditer n’est pas une activité ludique.

6 : Ces lignes, bases minimales pour débuter en méditation, trouveront avantage à être complétées par la lecture attentive (et répétée) des ouvrages suivants, mis à disposition à dessein sur ce même blog :

- Eckhart Tolle : Mettre en pratique le pouvoir du moment présent

- Eckhart Tolle : L’art du calme intérieur

Avec Tich Nhat Hanh, Eckhart Tolle est un auteur spirituel contemporain majeur.

 

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Introduction

 

                              Soit par un phénomène de mode, soit par des résolutions plus profondes venues d’une légitime curiosité, vous êtes décidé.e à pratiquer la méditation.

Vous êtes conscient.e de cette vie intérieure, qui ne se manifeste pas visuellement, mais que l’on peut observer pour peu que l’on y soit attentif. Et vous voudriez la connaître mieux.

Vous êtes conscient.e que le mental, dont nous sommes tous pourvus, outil de réflexion et de résolution formidable à ses heures, nous entraîne parfois vers un cheminement de pensée dont nous nous passerions. Il y a des scories. Et vous vous dites même que, sans ces pensées indésirables qui pénètrent en nous sans y avoir été invitées, nous serions plus sereins, voire plus heureux. D’où viennent-elles d’ailleurs, puisque nous n’en voulons pas, quelle force invisible cherche à nous nuire ? Notre mental, si utile, contrôle-t-il nos humeurs, se change-t-il d’ami en ennemi à son propre gré ? Dans une certaine mesure, oui.

Excepté face à un problème, à une difficulté à résoudre dans l’immédiat, nous ne maîtrisons ni la teneur ni la quantité de nos pensées lorsque nous sommes au repos, seul ou non, dans le silence ou non.

Les pensées prennent naissance en nous, heureuses, joyeuses, neutres, tristes, stressantes, obsessionnelles : le plus souvent nous n’avons pas le choix. Ne vous êtes-vous jamais demandé : « - Comment se fait-il que je pense à ça en ce moment, je croyais avoir oublié ce moment désagréable de ma vie ! ». Et cette pensée, inutile, venue du passé, va s’incruster en nous pour nous déstabiliser, alors que nous étions paisible.

Ou bien des pensées projetées sur un futur proche, autour d’actions à accomplir, d’un rendez-vous vecteur (peut-être) de difficultés, vont nous agresser, nous stresser en nous montrant le côté négatif de ces tranches d’une vie future dont rien n’est certain. Et qui le moment venu, quoi qu’on fasse, se produiront - d’une manière ou d’une autre. Que nous les percevions comme bonnes ou mauvaises, les choses se font. Inexorablement. Et nous ne sommes pas toujours conviés à en changer le cours. Laissons les être. Laissons la vie être.

Le mental nous entraîne donc, le plus souvent, soit vers un passé qui n’est plus, soit vers un futur qui n’est pas encore et qui se réalisera peut être différemment de ce qu’ « on » nous fait penser.

Ces pensées finiront cependant toujours par s’évanouir mais, installées en nous plus ou moins durablement, elles seront parvenues à altérer notre sérénité. Peut-être reviendront-elles même à la charge.

On ne peut, c’est regrettable, leur dire « assez ! » et les voir disparaître d’un claquement de doigts.

Comment faire pour éloigner ces pensées, ou tout au moins s’en protéger ?

- Des expédients existent, ils se nomment hyperactivité, addiction aux sports, aux sports à risque notamment où la pensée n’a pas cours, à l’alcool, aux drogues (remboursées ou non par la sécurité sociale), produits qui, incontestablement, ralentissent le cours de la pensée, voire l’oblitèrent. Le travail excessif pratiqué jusqu’à épuisement, la tabagie, la sexualité obsessionnelle conduisent également à ce ralentissement de la pensée.

Cette atténuation de la pensée, si possible jusqu’au silence mental, semble être très recherchée même si, la plupart du temps, les personnes n’en sont pas conscientes.

Ces expédients-là, il faut le reconnaître, au-delà d’une certaine efficience passagère, ne sont pas la panacée et, insisterons-nous, ne sont pas durables. Ils dégradent notre corps plus ou moins rapidement, sans résoudre nos problèmes intérieurs. Nous les avons simplement écartés pour un moment.

Les moins perspicaces augmenteront les doses, de sport, de travail, d’alcool…etc… Il est inutile de dire jusqu’où cela peut mener.

Il faudrait pouvoir choisir et maîtriser ses pensées. Nous ne laisserions ainsi pénétrer en nous que des pensées positives, agréables, et nous reconduirions gentiment les autres vers la sortie. Sans les froisser (on sait jamais…), comme on reconduit le démarcheur indésirable : - Ne vous épuisez pas davantage, je ne suis pas intéressé !

Ce serait bien.

« Penser moins pour penser mieux ». La formule est plaisante. C’est cela que nous voudrions.

Armés de persévérance, de volonté, de patience et d’attention (retenons ces mots), c’est pour ainsi dire ce que propose d’atteindre la méditation : un peu plus de calme en nous.

 

 

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Méditer, ou demeurer « Simplement assis »

 

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1 – Approcher le calme intérieur

                        

                       Le zen nous dit : méditer c’est s’asseoir. « Simplement assis » est-il dit précisément. On s’attendait à des torrents d’explications, à des phrases complexes, voire obscures ou impénétrables, et voici seulement deux mots dont la banalité déçoit : Simplement Assis.

Ces deux mots (un seul en japonais : « Shantikaza ») disent en effet l’essentiel, étant entendu qu’ils impliquent beaucoup plus que leur simple définition de mots.

Simplement assis : assis et rien d’autre.

Aucune action donc.

Ni action du corps (on est dans une posture fixe et stable). Ni action intérieure (on ne pense pas ou peu, nous verrons par quels artifices).

L’action de respirer demeure fort heureusement autorisée mais, habituellement, elle ne dépend pas de nous. Nous allons laisser la respiration s’établir, un peu plus lente et profonde qu’à l’accoutumée, et, sans la contraindre, nous la laisserons devenir régulière et apaisée. Son rythme peut varier quelque temps, puis se stabiliser.

Simplement assis.

Un rien-faire en quelque sorte, mais un rien-faire attentif.

Attentif à quoi ?

- À notre respiration et à elle seule qui, selon ce que nous avons dit, est la seule chose qui bouge encore en nous. Avec le cœur, dont les battements ne dépendent pas non plus de nous, affairés qu'ils sont à la circulation sanguine.

Corps et respiration stabilisés, observons simplement et uniquement la respiration.

Sans la contraindre ni en changer le rythme, mais en étant conscient en permanence de sa présence, et de tout ce qu’elle implique en nous.

Nous observons l’inspiration, le temps mort qui suit, l’expiration et son temps mort qui nous ramène à l’inspiration et referme le cycle, etc…

Nous laissons travailler la respiration, elle est précieuse. Sans la perturber. Nous ressentons l’air aspiré, puis expiré passer dans nos poumons, notre trachée, d’imperceptibles picotements à l’entrée de nos narines, le thorax et l’abdomen participer à notre maintien en vie par ce souffle vital si bien exploité.

Au fil de cette observation qui, répétons-le, nécessite une grande attention pour se poursuivre, nos pensées vont s’espacer, leur flux se réduire, et nous connaîtrons même des moments de silence mental. Là est la méditation, ancrée dans le moment présent : nous ne pensons à rien, ni au passé ni au futur, seul le présent s’écoule. Sans penser. La respiration. Simplement.

Mais cela ne dure pas !

Le mental, qui n’a pas du tout apprécié cette interruption des communications, nous le fait savoir à grand bruit : il nous injecte de nouvelles pensées qui reviennent à la charge, elles se sont même mises à plusieurs pour nous rappeler à l’ordre qui est : penser, toujours penser. À quoi serviraient-elles sinon ?

« - Comment faut-il te le dire : penser ! » nous hurle le mental, dont la suprématie se trouve menacée. Si on devait ne plus penser, que deviendrait-il ?

Cela semble tourner à un combat incertain. Mais on n’y pense pas, on ne réduit pas le mental en esclave, on peut apprendre à le connaître, connaître ses réactions, ses armes, c’est ce que nous faisons. Sympathiser avec lui ? Non, le mot est trop fort. Composer avec lui peut-être… en tout cas essayer de le comprendre dans son fonctionnement – sans le juger.

Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi ne peut-on persister plus de quelques instants le mental vide ?

- Parce que nous n’avons pas été assez attentifs à notre souffle. Simplement, seulement ça : le souffle !

Il ne reste qu’à reprendre notre processus d’observation de la respiration que le mental, d’autorité, vient d’interrompre. À notre insu complet. Nous étions sur l’expiration (par exemple), et soudain, nous voilà rendus par la pensée en des lieux tout autres, et nous renouons avec nos soucis quotidiens !

On est jamais tranquille !

Reprenons notre observation attentive de la respiration, le nombre de reprises nécessaire jusqu’à parvenir à enchaîner quelques cycles de respiration consécutifs sans penser, mental vide. Peut-être une dizaine, ou moins.

Si compter nous aide, faisons-le mentalement, sur l’expiration de préférence, jusqu’à dix, puis reprenons à un. Ce procédé présente cependant le risque, en comptant mentalement, de nous déconcentrer de l’observation attentionnée du souffle. Le cerveau humain ne fait pas deux choses à la fois, mais balaie sans cesse les deux tâches demandées. À une vitesse folle, certes, mais nous lui faisons courir le risque de s’égarer au cours de cet incessant transfert. Ce qui arrive.

Dès que nous observons la respiration, le plus attentifs possible, nous nous apercevons, étrange phénomène, que les pensées ne demeurent pas : elles pointent le bout de leur nez, et disparaissent d’elles-mêmes sans avoir pu se développer. Notre attention totale n’étant plus dirigée vers elles mais monopolisée sur la respiration, nous ne nous identifions pas à ces pensées, nous ne les faisons pas nôtres et, ne trouvant personne pour les prendre au sérieux et les laisser se développer, elles ne peuvent avoir de prise sur nous. Elles s’évanouissent dès que nous sommes conscients de notre respiration. Entièrement conscients.

Mais attention : à la moindre seconde d’inattention, si nous « lâchons » la respiration (on le fait sans s’en rendre compte, de la même manière qu'on s'endort), les pensées reviennent envahir le mental et se rappellent, impératives, à nous. Il faut alors, rendus à ce point précis, se « raccrocher » sans délai à la respiration, sous peine de nouvelles divagations.

Et il n’est pas rare que, pourtant pleins de bonne volonté, notre attention décroche, et que nous nous apercevions au bout de plusieurs minutes (une éternité !), que nous avons, inconsciemment, sombré dans une nouvelle suite de pensées. Nombreuses, même.

Tout est à reprendre : inspiration, temps mort, expiration…etc.

Il importe de prendre la remarque suivante avec sérieux : ne jugeons en aucun cas ce que nous percevons, nous devons nous comporter en simple spectateur, seulement observer. Rien d’autre. Ne portons aucun jugement sur quoi que ce soit. Juger, conceptualiser ce que nous « voyons » peut nous écarter de la méditation, voire se montrer néfaste.

Dès que nous parviendrons à un résultat significatif (soyons patients, enchaînons les séances de pratique, quotidiennes si possible), ce sera une immense victoire pour nous, et nous nous ouvrirons à la méditation. Peut-être pour toujours, tant le bien-être entrevu nous aura surpris. Notre culture occidentale nous faisant croire que bien-être et bonheur s’achètent - mercantilisme oblige -, découvrir l’existence d’un bonheur sans cause, gratuit de surcroît, peut en effet surprendre. Agréablement s’entend.

Étant bien entendu qu’il est totalement irréaliste d’imaginer un succès immédiat. Il en va du sport intérieur comme du marathon : petitement, modestement d’abord puis, progressivement, de plus en plus loin, de plus en plus vite. Endurance. Patience.

Des « chutes » sont même possibles, c’est-à-dire que, certains jours, la méditation ne portera pas ses fruits. Il est superflu de s’en inquiéter, il en va ainsi. Même pour les grands maîtres de cet art du « penser sans penser » par le « rien-faire attentif ».

 

 

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2 – Le calme physique

 

La pratique intérieure oui. Mais, pendant ce temps, que faire de son corps ?

Ce paragraphe est consacré à la posture qui, fréquemment sous-estimée par les débutants, est des plus importantes, sinon cruciale pour l’approche du calme intérieur, qui est intimement lié à celui du corps.

Avant d’avoir fait son choix définitif en la matière, toute personne qui débute est confrontée aux difficultés de la posture. C’est une réalité. Voire un problème.

Nous devons demeurer parfaitement immobiles vingt à quarante minutes, voire davantage. Inutile de mentir au sujet de la durée des séances de méditation, l’expérience prouve qu’il nous faut de dix minutes à un quart d’heure pour apaiser notre corps. Vingt minutes sont donc un minimum.

Que nous méditions vingt, quarante minutes ou davantage, il est indispensable d’adopter une posture assise parfaitement stable. Nous connaissons la posture du Bouddha, les statuettes sont légion. C’est la posture idéale, à condition d’être physiquement capable de l’adopter. Il y en a, fort heureusement, d’autres.

Quelle que soit la position adoptée, revêtir des vêtements amples et souples (jogging, pyjama…) ne contraignant pas les membres inférieurs ni le thorax (la respiration).

S'il était utile de le préciser, on médite pieds nus ou en chaussettes.

Un lieu calme et peu éclairé s'impose, de préférence face à un mur pour éviter variations de lumière et distractions possibles (voir image ci-dessous).

Avec un peu d'expérience, il est possible de méditer dans la nature. Si le lieu est isolé et paisible, on y trouvera une excellente qualité de concentration. Dans ce cas, préfèrer peut-être un shoggi démontable, aisément logeable dans le sac à dos. Le zafu, lourd, encombrant et salissant se montrant peu adapté - bien que possible. Un tapis de sol peut également être utile selon le lieu.

Quatre positions sont pratiquées :

 

 

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Posture de zazen face au mur (méditation zen) sur zafu

 

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Avec le zafu, il peut être utile de prévoir un rembourrage supplémentaire de Kapok pour le rehausser si nécessaire.

 

1 – Méditer sur zafu (coussin de méditation)

La posture est celle du Bouddha, et se pratique assis sur le coussin traditionnel, le zafu. Ce coussin, rond et épais, permet de croiser les jambes au point de poser chaque cou-de-pied sur la cuisse opposée. Peu de personnes, même jeunes, y parviennent, et s’efforcer de le faire à tout prix n’est pas sans risque pour les articulations.

Sont possibles deux autres positions sur zafu :

- Un seul cou-de-pied posé sur la cuisse opposée, ou sur le mollet opposé. C’est le « demi-lotus ». Cette position, qui demeure encore délicate, conserve néanmoins une bonne stabilité.

- Aucun des deux cous-de-pied n’est posé, les pieds sont contre les cuisses, la position s’approche un peu de l’« assis-tailleur ». Cette position est moins stable que les deux précédentes.

 

Positionner le corps :

S’asseoir d’abord au centre du coussin. Basculer le bassin vers l’avant de manière à venir poser les deux genoux sur le tapis (persan ou Décathlon, pour un minimum de confort un tapis s’impose).

Dans le même temps, le bassin glisse vers l’avant du cousin, ce qui facilite la pose des genoux.

Si l’on ne parvient pas à cette pose des genoux, qui peut se montrer douloureuse, les caler avec deux petits coussins (ou des briques de yoga).

Le dos, tenu droit, se cintre légèrement dans le bas par le basculement du bassin, le cou est droit, le menton légèrement rentré, la langue contre le palais, les yeux sont mi-clos ou fermés, le regard posé à 1,5 mètre devant soi. Concernant les oreilles, rien n'est dit...

Les mains, paumes vers le haut, la gauche posée sur la droite et pouces jointifs par leurs extrémités, sont posées sur le giron. Les auriculaires sont en contact avec le bas-ventre.

Les épaules se détendent, tout le corps se détend.

On peut opérer quelques basculements à gauche et à droite pour bien asseoir sa posture sur le coussin.

On ne bouge plus.

 

 

 

 

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 Posture de zazen (méditation zen) sur shoggi. Noter la position des mains.

 

 

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Un shoggi du commerce, peu confortable et généralement trop bas (voir plus bas pour article consacré).

 

2 – Méditer sur shoggi (mini-tabouret de méditation)

Moins utilisé que le zafu, le shoggi présente cependant de nombreux avantages :

- Excellente stabilité de la posture.

- Immédiateté de l’obtention de la posture, qui ne nécessite aucun apprentissage particulier.

- Absence de douleurs si le shoggi est suffisamment adapté à la morphologie du sujet.

- Incompressibilité, donc posture invariable dans le temps.

- Légèreté.

- Possibilité de l'obtenir démontable (voyage, nature).

La posture est en tout point semblable à celle sur zafu, excepté pour les jambes, qui adoptent une position agenouillée, les genoux étant cependant plus écartés. Augmenter leur écartement favorise le basculement du bassin vers l’avant, offrant ainsi un meilleur contact des genoux au sol (tapis).

Tous les détails concernant le shoggi sont donnés dans cet article du blog même, y compris sa réalisation sur mesure et à faible coût à la portée de tout bricoleur, même peu expérimenté :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/2018/06/12/36480658.html

 

 

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Posture zazen sur chaise (dos décollé du dossier). Noter la position des mains.

 

 

3 – Méditer sur une chaise

Dans le cas où les deux postures précédentes sont impossibles pour le méditant (difficultés dues à une arthrose excessive, séquelles d’accidents, suites d’opérations…), il est possible de méditer sur une chaise. Trop confortable et trop bas d’assise, le fauteuil est exclu.

S’asseoir dos droit et légèrement décollé du dossier afin de faciliter la respiration. Les pieds sont posés à plat. Disposer les mains comme pour la posture sur zafu.

Cette posture, qu’on ne choisira ni par paresse ni par facilité, est à prendre uniquement en cas d'obligation, car elle n’offre qu’une stabilité médiocre.

 

 

4 – Méditer allongé sur le dos

Nous touchons là à une posture que l’on est contraint d’adopter, non par choix, mais pour des raisons liées au handicap, à la maladie, ou à l’âge très avancé. Le philosophe Alexandre Jollien, le moine zen Tich Nhat Hanh, sont tenus de méditer ainsi.

On s’allonge sur le dos sur tapis (lit en dernière extrémité), jambes à peine écartées et bras légèrement décollés du corps.

Les principaux désavantages de cette posture tiennent, d’une part, à la pression appliquée sur le dos ne libérant pas entièrement la cage thoracique pour une respiration optimale, et d’autre part le risque élevé de s’endormir dans une position « trop confortable » - incontournable cependant pour les personnes qui n’ont d’autre choix.

 

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Fin de méditation

 

                              Au terme d’une durée, choisie si l’on médite seul, que nous les ayons tenus mi-clos ou fermés, ouvrons les yeux et retrouvons lentement toutes nos sensations. Demeurons encore quelques minutes immobile avant de nous lever sans précipitation, essayons de maintenir quelque temps encore les effets apaisants de la méditation, puis reprenons une activité normale.

Au cours de la journée, peut-être nous remémorerons-nous ce moment de calme, ce qui nous incitera à une pratique assidue.

Peut-être.

 

 

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 À venir : la méditation informelle.

 

 

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Espérant que ces quelques lignes auront été utiles. (Merci de le signaler si c'était le cas).

JCP 07/03/2020

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05 février 2018

Le Zazen du chat zen

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Le zazen¹ du chat zen

 

C’est délaissant combats, croquettes et coussins,

Que mon chat le matin fredonne ce refrain,

Ses yeux rivés sur moi. Qui sait dans quelle langue

Ce diable de matou déclame sa harangue… :

 

« Kan ji zaï bo satsu,

Gyo jin Hannya Haramita

Ji Sho ken go on kaï ku,

Do issaï ku yaku… » ²

 

Mon voisin japonais, venu me saluer,

Entendit ce discours et en resta muet :

Il avait reconnu, comme chanté naguère,

Le sûtra des grands sages de ses lointaines terres,

Dont résonnaient partout les pagodes sacrées.

- Votre chat en Bouddha, fit-il, est incarné.

 

- C’est un grand privilège qu’en aucune Écriture

On ne trouve cité. C’est un signe j’assure,

Qu’il faut considérer, et le message est clair :

Votre chat vous invite au zazen salutaire.

 

Étudiant ce mystère, je me souvins qu’Alice³

Jadis connut un chat débordant de malice,

Qui sut l’accompagner vers un heureux destin :

Il fallait obéir au vouloir des félins.

 

Du mental ennemi je parcourus l’empire,

En combattant paisible l’empêchai de me nuire ;

Et depuis, tous les jours, assis jambes croisées,

De ce bonheur de Chat je suis fort apaisé.

 

 

 

¹  Méditation assise du Bouddhisme zen.

²  Extrait phonétique du « Sûtra de la grande sagesse », connu d’une majorité de Japonais.

³  Du Pays des Merveilles de Lewis Carroll.

JCP 02 18 Pour Les Impromptus Littéraires ("Mon chat me fixe")

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01 novembre 2013

Eckhart TOLLE, L'ART DU CALME INTÉRIEUR (3/10)

 AVERTISSEMENT : la lecture de ce type d'ouvrage (peut-être mal traduit, peut-être mal compris) ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal comprise peut, dans certains cas, s'avérer néfaste.

 

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Savoir que l'on est

la conscience derrière la voix,

c'est être libre.

 

Chapitre 3

 

Le soi égoïque

 

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29 ◄ ►

Le mental cherche constamment non seulement de quoi réfléchir, mais de quoi alimenter son identité, son sentiment de soi. C'est ainsi que l'ego naît et se recrée continuellement.

 

30 ◄ ►

En pensant ou en vous référant à vous-même, par l'emploi du "je", vous désignez habituellement "moi et mon histoire". C'est le "je" de vos préférences et de vos aversions, de vos peurs et de vos désirs, le "je" qui n'est jamais longtemps satisfait. Ce sentiment d'identité, construit par le mental et conditionné par le passé, cherche à s'accomplir dans l'avenir.

Voyez-vous combien ce "je" est fugace, une formation semblable à celle des vagues à la surface de l'eau ?

Qui voit cela ? Qui est attentif au caractère fugace de votre forme physique et psychologique ? Je le suis.

C'est le "je" profond, qui n'a rien à voir avec le passé ou l'avenir.

 

31 ◄ ►

Que restera-t-il de toute la peur et de tous les désirs associés à votre condition de vie problématique, qui accapare chaque jour la majeur partie de votre attention ?

- Un tiret de quelques centimètres entre votre date de naissance et celle de votre décès, sur votre pierre tombale.

Pour le soi égoïque, c'est une pensée déprimante. Pour vous, elle est libératrice.

 

32 ◄ ►

Lorsque chaque pensée absorbe votre attention, c'est que vous vous identifiez à la voix dans votre tête. La pensée devient alors investie d'un sentiment de soi. C'est l'ego, c'est à dire un "soi" créé par le mental. Ce soi de construction mentale se sent incomplet et précaire. c'est pourquoi la peur et le désir sont ses émotions et ses forces motivantes prédominantes.

Lorsque vous reconnaissez dans votre tête une voix qui prétend être vous et ne cesse de parler, vous vous éveillez de votre identification inconsciente au flux de la pensée. En remarquant cette voix, vous vous apercevez que vous n'êtes pas le penseur, mais la conscience.

Savoir que l'on est la conscience derrière la voix, c'est être libre.

 

33 ◄ ►

Le soi égoïque est toujours engagé dans la quête. Il cherche à acquérir davantage pour se donner l'impression d'être plus complet. Cela explique l'inquiétude compulsive de l'égo quant à l'avenir.

Chaque fois que vous prenez conscience de "vivre pour l'instant prochain", vous voilà déjà sorti de ce schéma du mental égoïque, et surgit aussitôt la possibilité d'un choix, celui d'accorder toute votre attention à cet instant.

Une intelligence beaucoup plus grande que le mental égoïque pénètre alors dans votre vie.

 

34 ◄ ►

En vivant selon l'ego, vous réduisez toujours l'instant présent à un moyen. Vous vivez pour l'avenir et, lorsque vous atteignez vos buts, ils ne vous satisfont pas, du moins pas longtemps.

Lorsque vous accordez plus d'attention à ce que vous êtes en train de faire qu'au résultat final escompté, vous interrompez le vieux conditionnement égoïque. Votre action devient alors non seulement beaucoup plus efficace, mais infiniment plus épanouissante et joyeuse.

 

35 ◄ ►

Presque tout égo renferme au moins un élément de ce que l'on pourrait appeler "l'identité de victime". Certaines personnes ont d'elles-mêmes une image de victime tellement forte que celle-ci devient le noyau central de leur ego. Le ressentiment et les griefs forment une part essentielle de leur sentiment de soi. Même si vos griefs sont complètement "justifiés", vous vous êtes construit une identité comparable à une prison dont les barreaux sont constitués de formes-pensées. Voyez ce que vous êtes en train de vous faire, ou plutôt ce que votre mental est entrain de vous faire. Sentez votre attachement émotionnel à l'égard de votre récit de victime et prenez conscience de votre tendance compulsive à y penser, ou à en parler. Soyez présent en tant que témoin de votre état intérieur. Vous n'avez rien à faire. Avec la conscience vient la transformation et la liberté.

 

36 ◄ ►

Les plaintes et la réactivité sont les schémas par lesquels l'ego se renforce le plus volontiers. Chez bien des gens l'activité mentale et émotionnelle consiste largement à se plaindre et à réagir à ceci ou à cela. Ce faisant ils donnent "tort" aux autres ou à une condition, et "raison" à eux-mêmes. En se donnant "raison", on se sent supérieur, et en se sentant supérieur, on renforce son sentiment de soi. En réalité, bien sûr, on ne fait que renforcer l'illusion de l'ego. Pouvez-vous observer ces tendances en vous et reconnaître pour ce qu'elle est la voix qui se plaint dans votre tête ?

 

37 ◄ ►

Le sentiment de soi égoïque a besoin de conflits car son sentiment de séparation tire sa force de la lutte, en démontrant que ceci est "moi" mais que cela n'est pas "moi". Il n'est pas rare que des tribus, des nations et des religions renforcent leur sentiment d'identité collective au moyen d'ennemis. Que serait le "croyant sans l' "incroyant" ?

Dans vos rapports avec les gens, décelez-vous en vous-même de subtils sentiments de supériorité ou d'infériorité à leur égard ? Vous voilà en face de l'égo, qui vit de comparaisons.

L'envie est un sous-produit de l'ego, qui se sent diminué si quelque chose de bon arrive à un autre ou si quelqu'un a plus de biens, de connaissances ou de capacités. L'identité de l'ego, qui dépend de la comparaison, se nourrit du fait d'avoir plus. Il peut s'accrocher à n'importe quoi. Si tout le reste échoue, on peut renforcer un sentiment de soi fictif en s'estimant traité injustement par la vie, ou plus malade qu'un autre.

Quelles sont les histoires, les fictions dont vous tirez votre sentiment de soi ?

 

38 ◄ ►

La structure même du sentiment égoïque comporte un besoin d'opposition, de résistance et d'exclusion destiné à maintenir le sentiment de séparation dont dépend sa survie. C'est donc "moi" contre "l'autre", "nous" contre "eux".

L'égo a besoin d'un conflit avec quelque chose ou quelqu'un. Cela explique pourquoi on recherche la paix, la joie et l'amour, sans pouvoir les tolérer très longtemps. On prétend vouloir le bonheur, mais on est accroché au malheur.

En définitive, votre malheur ne vient pas de votre condition de vie, mais du conditionnement de votre esprit.

 

39 ◄ ►

Entretenez-vous des sentiments de culpabilité à propos d'une chose que vous avez faite -ou non - dans le passé ? Une chose est sûre : vous avez agi en fonction de votre conscience, ou plutôt de votre inconscience de l'époque. Une plus grande conscience vous aurait permis d'agir différemment.

La culpabilité est un autre exemple des efforts de l'ego en vue de créer une identité, un sentiment de soi. Que ce dernier soit positif ou négatif importe peu pour l'ego. Ce que vous avez fait ou non était une manifestation de l'inconscience - l'inconscience humaine. Mais l'égo la personnalise en disant "j'ai fait cela" et vous en retenez une "mauvaise" image mentale de vous.

Tout au long de l'histoire, les humains se sont mutuellement infligé d'innombrables actes de violence, cruels et blessants, et continuent ainsi. Faut-il les condamner, sont-ils tous coupables ? Ou ces gestes sont-ils de simples expressions de l'inconscience, un stade de l'évolution que nous sommes amenés à dépasser ?

Les paroles de Jésus "Pardonnez- leur car ils ne savent ce qu'ils font" s'appliquent aussi à vous-même.

 

40 ◄ ►

Si vous vous fixez des buts égoïques afin de vous libérer, de vous améliorer, de vous améliorer ou d'accroître votre sentiment d'importance, même si vous les atteignez, ils ne vous satisferont pas.

Établissez des buts, mais sachez qu'ils n'ont pas tellement d'importance. Lorsque tout résulte de la présence, cela signifie que ce moment n'est pas un simple moyen, que le geste en soi comble chaque instant. Vous n'êtes plus en train de réduire le Présent à un moyen, c'est à dire à la conscience égoïque.

"Sans le soi pas de problème", dit le maître bouddhiste lorsqu'on lui demanda d'expliquer la signification profonde du Bouddhisme.

 

 FIN DU CHAPITRE 3

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Eckhart TOLLE, L'ART DU CALME INTÉRIEUR (4/10)

AVERTISSEMENT : la lecture de ce type d'ouvrage (peut-être mal traduit, peut-être mal compris) ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal comprise peut, dans certains cas, s'avérer néfaste.

 De plus ces écrits, qui ne sont pas une initiation à la méditation, s'adressent plutôt à des personnes ayant déjà fait connaissance avec le mental, trop souvent dispensateur de pensées indésirables.

 

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Suite du chapitre 3

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Porter son attention au présent,

ce n'est pas nier ce qui est nécessaire,

c'est reconnaître l'essentiel.

 

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Chapitre 4

 

Le Présent

 

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41 ◄ ►

En surface, le présent ressemble à un moment parmi d'autres. Chaque jour de votre vie semble composé de milliers d'instants au cours desquels ont lieu divers évènements. Mais à y regarder de plus près, n'y a-t-il pas qu'un seul moment ? La vie n'est-elle pas "ce moment", toujours ?

Ce moment unique - Le Présent - est le seul dont vous ne pourrez jamais vous échapper, l'unique facteur constant de votre vie. Quels que soient les évènements ou les changements de votre vie, une chose est certaine : c'est toujours maintenant.

Puisqu'on ne peut échapper au Présent, pourquoi ne pas l'accueillir, s'en faire un ami ?

 

42 ◄ ►

Lorsque vous devenez l'ami du moment présent, vous voilà à l'aise partout. Lorsque vous ne vous sentez pas à l'aise dans le Présent, où que vous alliez, vous portez ce malaise avec vous.

Le moment présent est comme il est. Toujours. Pouvez-vous le lui permettre ?

 

43 ◄ ►

La division de la vie en passé, présent et futur est une construction mentale et, en définitive, illusoire.

Le passé et le futur sont des formes-pensées, des abstractions mentales. On ne peut se rappeler le passé que Maintenant. Ce que vous vous rappelez est un évènement survenu dans le Présent, que vous vous rappelez Maintenant. Le futur, lorsqu'il arrive, est le présent. Donc, tout ce qui est réel, la seule chose à vraiment se produire, c'est vraiment le Présent.

 

44 ◄ ►

Porter son attention au présent, ce n'est pas nier ce qui est nécessaire ; c'est reconnaître l'essentiel. On peut alors fort aisément s'occuper de l'accessoire. Il ne s'agit pas de dire : "je ne m'occupe plus de rien car il n'y a que le présent". Non. Trouvez d'abord l'essentiel et faites-vous un ami, plutôt qu'un ennemi du Présent. Reconnaissez-le, respectez-le. Lorsque le Présent est le fondement et le point de mire essentiel de votre vie, celle-ci se déroule avec aisance.

En rangeant la vaisselle, en établissant une stratégie commerciale, en préparant un voyage, qu'y a-t-il de plus important : le geste ou le résultat visé ? Ce moment-ci ou un moment futur ?

Traitez-vous ce moment comme un obstacle à surmonter ? Avez-vous l'impression de vouloir atteindre un moment futur qui serait plus important ?

Presque tout le monde vit ainsi, la plupart du temps. Puisque l'avenir n'est jamais là, sauf sous la forme d'un présent, ce mode de vie reste dysfonctionnel. Il engendre un constant courant sous-jacent de malaise, de tension et de mécontentement. Il ne respecte pas la vie, qui est le présent et rien d'autre.

 

45 ◄ ►

Sentez la vitalité de votre corps. Elle vous ancre dans le présent.

 

46 ◄ ►

En définitive, vous ne devenez responsable de la vie qu'en assumant la responsabilité de cet instant - maintenant. Voilà pourquoi le Présent est le seul espace de vie.

Prendre la responsabilité de cet instant, c'est ne pas s'opposer intérieurement à la forme qu'adopte le Présent, ne pas discuter avec ce qui est, mais bien plutôt s'aligner sur la Vie.

Le Présent est ainsi parce qu'il ne peut en être autrement. Ce que les Bouddhistes ont toujours su, les physiciens le confirment à présent : il n'y a ni objets ni évènements isolés. Sous l'apparence superficielle, tout est interrelié, tout fait partie de la totalité du cosmos, qui a suscité la forme que prend cet instant.

En acquiescent à ce qui est, vous vous alignez sur le pouvoir et l'intelligence de la vie même. Alors, seulement, vous pouvez devenir un agent de changement positif dans ce monde.

 

47 ◄ ►

Une pratique spirituelle simple mais radicale consiste à accepter tout ce qui survient dans le présent - en soi et en dehors.

 

48 ◄ ►

Lorsque votre attention est concentrée sur le Présent, une vigilance s'enclenche. C'est comme lorsque vous vous éveillez d'un rêve : celui de la pensée, du passé et du futur. Tant de clarté, de simplicité ! Aucune possibilité de créer des problèmes. Juste cet instant, tel quel.

 

49 ◄ ►

Dès que vous entrez dans le Présent avec votre attention, vous réalisez que la vie est sacrée. Plus vous vivez dans le Présent, plus vous ressentez la joie simple mais profonde de l'Être et du caractère sacré de toute vie.

 

50 ◄ ►

La plupart des gens confondent le Présent avec ce qui s'y passe, mais ce n'est pas le cas. Le Présent est plus profond que ce qui s'y déroule : c'est l'espace dans lequel cela se déroule.

Ne confondez donc pas le contenu de cet instant avec le présent. Le présent est plus profond que tout ce qu'il renferme.

 

51 ◄ ►

Lorsque vous entrez dans le Présent, vous sortez du contenu de votre mental. L'incessant flux mental ralentit. Les pensées n'absorbent plus toute votre attention, ne vous aspirent pas complètement. Des écarts surviennent entre les pensés - ampleur, calme. Vous commencez à voir que vous êtes plus vaste et plus profond que vos pensées.

 

52 ◄ ►

Les pensées, les émotions, les perceptions sensorielles et toutes vos expériences composent le contenu de votre vie. "Ma vie", c'est ce dont vous tirez votre sentiment de soi, et "ma vie", c'est du contenu, ou du moins c'est ce que vous croyez.

Vous négligez l'évidence même : votre sens le plus intime du Je Suis n'a rien à voir avec ce qui se passe dans votre vie, ni avec son contenu. Ce sentiment de Je Suis est uni au Présent. Il est toujours le même. Dans l'enfance ou la vieillesse, la santé ou la maladie, le succès ou l'échec, le Je Suis - l'espace du Présent - demeure inchangé en profondeur. Comme vous le confondez habituellement avec le contenu, vous ne le vivez, comme le Présent, que d'un manière faible et indirecte, par le contenu de votre vie. Autrement dit, votre sentiment d'être est obscurci par les circonstances, le flux de votre pensée et les mille choses de ce monde. Le Présent est assombri par le temps.

Vous oubliez donc votre enracinement dans l'Être, votre réalité divine, et vous vous perdez dans le monde. La confusion, la colère, la dépression, la violence et le conflit surviennent lorsque les humains oublient qui ils sont.

Pour retourner chez soi, il est facile de se rappeler la vérité :

Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la Vie. Je suis l'espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le présent. Je Suis.

 

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FIN DU CHAPITRE 4

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Eckhart TOLLE, L'ART DU CALME INTÉRIEUR (10/10) FIN

 

 Mise en garde : la lecture de ce type d'ouvrage (peut-être mal traduit, peut-être mal compris) ne peut remplacer l'enseignement d'un maître authentique : une pratique de la méditation mal assimilée peut, dans certains cas, s'avérer néfaste.

 

 Ces écrits, qui ne sont pas une initiation à la méditation, s'adressent plutôt à des personnes ayant déjà fait connaissance, au moins superficiellement, avec le mental, cet inlassable phonographe trop souvent dispensateur de pensées indésirables.

 

 

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Suite du chapitre 9

 

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La souffrance est nécessaire

jusqu'à ce que vous preniez conscience

de son inutilité.

 

 

Chapitre 10

 

La souffrance et sa disparition

 

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110 ◄ ►

Tout est en interrelation : les Bouddhistes l'ont toujours su et les physiciens le confirment à présent. Aucun évènement n'est isolé, sinon en apparence. Plus nous le jugeons et l'étiquetons, plus nous l'isolons. La globalité de la vie devient fragmentée par notre pensée. Mais c'est la totalité de la vie qui a suscité cet évènement, partie intégrante de la trame d'interrelation qu'est le cosmos.

En d'autres termes, tout ce qui est ne pourrait être autrement.

Dans la plupart des cas, nous n'avons pas la moindre idée du rôle qu'un évènement apparemment insignifiant peut jouer au sein de la totalité du cosmos, mais la reconnaissance de son inévitabilité dans l'immensité de l'ensemble peut vous amener à accepter intérieurement ce qui est, et ainsi, vous aligner sur l'entièreté de la vie.

La vraie liberté et la disparition de la souffrance consistent à vivre comme si vous aviez choisi tout ce que vous ressentez ou vivez en ce moment.

Cet alignement intérieur sur le Présent, c'est la disparition de la souffrance.

 

111 ◄ ►

La souffrance est-elle nécessaire ?  Oui et non.

Si vous n'aviez pas souffert comme vous l'avez fait, vous n'auriez ni profondeur humaine, ni humilité, ni compassion. Vous ne seriez pas en train de lire ceci, maintenant. La souffrance casse la coquille de l'ego, et vient un moment où celui-ci a rempli son but.

La souffrance est nécessaire jusqu'à ce que vous preniez conscience de son inutilité.

 

112 ◄ ►

Le malheur a besoin d'un "moi" construit par le mental, avec une histoire, une identité conceptuelle. Il a besoin de temps - le passé et le futur. Lorsque vous retirez le temps de votre malheur, que reste-t-il ?

Cet instant tel qu'il est.

Ce peut être un sentiment de lourdeur, d'agitation, de contraction, de colère, ou même de nausée. Ce n'est ni le malheur ni un problème personnel. Ce n'est qu'une pression ou une énergie intense ressentie quelque part dans votre corps. Lorsque vous y portez attention, ce sentiment ne devient pas une pensée qui active le "moi" malheureux.

Voyez ce qui se produit lorsque vous vous contentez de laisser monter un sentiment.

 

113 ◄ ►

Beaucoup de souffrance et de malheur surviennent lorsque vous tenez pour vraie chaque pensée qui vous vient en tête. Ce ne sont pas les situations qui vous rendent malheureux. Elles peuvent vous causer de la douleur physique, mais sans plus. Ce sont vos pensées qui vous rendent malheureux, dont vos interprétations, les histoires que vous vous racontez.

"Les pensées que j'ai à présent me rendent malheureux." Cette seule prise de conscience rompt votre identification inconsciente à ces pensées.

"Quelle journée de malheur !"

"Il n'a même pas eu la politesse de retourner mon appel !"

"Elle m'a laissé tomber !"

 

Ce sont là de petites histoires que nous nous racontons à nous et aux autres, souvent sous forme de plaintes. Elles sont inconsciemment destinées à augmenter notre sentiment de soi toujours déficient, en nous donnant "raison" et en donnant "tort " à quelqu'un. Avoir raison nous place dans une situation de supériorité imaginaire et, ainsi, renforce notre faux sentiment de soi, l'ego. Cela crée aussi une sorte d'ennemi : oui, l'ego a besoin d'ennemis pour définir ses frontières, et même la météo peut jouer ce rôle.

L'habitude du jugement mental et la contraction émotionnelle vous mettent en relation personnalisée, réactionnelle, avec les gens et les évènements de votre vie. Ce sont là des formes de souffrance que vous vous créez, mais qui ne sont pas reconnues comme telles, car l'ego s'en satisfait, se développant par la réactivité et le conflit.

Comme la vie serait simple sans ces histoires !

"Il pleut."

"Il n'a pas appelé."

"J'étais là. Elle, non."

 

Lorsque vous souffrez, lorsque vous êtes malheureux, restez complètement avec ce qui est, au Présent. Le malheur ou les problèmes ne peuvent survivre dans le Présent.

 

114 ◄ ►

La souffrance est déclenchée lorsque vous apposez mentalement à une situation l'étiquette d'indésirable ou de mauvaise. Vous avez du ressentiment face à une situation, et ce ressentiment la personnalise et amène un "moi" réactif.

On a l'habitude de nommer et cataloguer, mais on peut rompre avec cette manie. Commencez une pratique de "non-étiquetage" par de petites choses. Si vous ratez l'avion, cassez une tasse ou glissez dans la boue, pouvez-vous vous retenir d'appliquer à cette expérience l'étiquette de "mauvaise" ou de " pénible" ? Pouvez-vous immédiatement accepter l'instant tel qu'il est ?

Le fait de donner à une chose l'étiquette de "mauvaise" provoque en vous une contraction émotionnelle. Lorsque vous la laissez être, sans la qualifier, un pouvoir énorme est soudain mis à votre disposition.

La contraction vous sépare de ce pouvoir, du pouvoir de la Vie même.

Ils ont mangé du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.

Dépassez le bien et le mal en vous empêchant de donner à quoi que ce soit l'étiquette mentale de "bon" ou de "mauvais". Lorsque vous dépassez l'habitude d'étiqueter, la force de l'univers passe par vous. Lorsque vous êtes en relation non réactive avec des expériences, ce que vous auriez appelé "mauvais" reçoit un redressement rapide, sinon immédiat, par la force de la Vie même.

Observez ce qui a lieu lorsque vous n'utilisez pas l'étiquette de "mauvaise" et que vous choisissez plutôt une acceptation intérieure, un "oui" intérieur, et laissez cette chose être telle qu'elle est.

 

115 ◄ ►

Quelle que soit votre situation dans la vie, comment vous sentiriez-vous si vous l'acceptiez telle quelle - dès maintenant?

 

116 ◄ ►

Bien des formes de souffrance, subtiles et moins subtiles, sont si "normales" qu'on ne les reconnaît pas habituellement comme étant de la souffrance. Elles peuvent même donner l'impression d'être satisfaisantes pour l'ego - l'irritation, l'impatience, la colère, un ennui avec quelque chose ou quelqu'un, le ressentiment, le fait de se plaindre.

Vous pouvez apprendre à reconnaître toutes ces formes de souffrance à mesure qu'elles se présentent, et savoir : en ce moment, je suis en train de me faire souffrir.

Si vous avez l'habitude de vous faire souffrir, vous êtes probablement à faire souffrir les autres aussi. Ces schémas mentaux inconscients ont tendance à disparaître lorsqu'on les rend conscients, lorsque l'on en prend conscience dès qu'ils surviennent.

Vous ne pouvez à la fois être conscient et vous faire souffrir.

 

117 ◄ ►

Voici le miracle : derrière chaque condition, personne ou situation apparemment "mauvaise" se cache un bienfait profond. Ce dernier se révèle à vous - en vous et à l'extérieur - par l'acceptation de ce qui est.

"Ne t'oppose pas au mal" est l'une des plus grandes vérités de l'humanité.

 

Dialogue :

- Accepte ce qui est.

- Je ne peux vraiment pas. Je suis agité et en colère à ce sujet.

- Alors, accepte ces sentiments.

- Accepter d'être impatient et en colère ? De ne pas pouvoir accepter ?

- Oui. Mets de l'acceptation dans ta non-acceptation. Mets du lâcher-prise dans ta rigidité. Puis, vois ce qui se produit.

 

La douleur physique chronique est l'une des maîtres les plus sévères que vous puissiez avoir. Son enseignement se résume à ceci : "Inutile de résister."

Rien n'est plus normal que de s'opposer à la souffrance. Mais si vous pouvez laisser tomber cette opposition, et plutôt permettre à la douleur d'exister, vous remarquerez peut-être une subtile séparation intérieure par rapport à la douleur, un espace entre vous et elle, pour ainsi dire. Cela signifie une souffrance consciente, volontaire. Lorsque vous souffrez consciemment, la douleur physique peut rapidement consumer l'ego en vous, puisque ce dernier est surtout fait de résistances. Il en va de même pour l'incapacité physique extrême.

Lorsque vous "offrez votre souffrance à Dieu", c'est une autre façon d'exprimer la même chose.

 

118 ◄ ►

Il n'est pas nécessaire d'être chrétien pour comprendre la vérité universelle profonde que renferme sous forme symbolique l'image de la croix.

La croix est un instrument de torture. Elle représente la souffrance, la contrainte et l'impuissance extrêmes pour un humain. Soudain, cet humain lâche prise, souffre volontairement, consciemment comme l'expriment ces paroles "Que ta volonté soit faite et non la mienne." A cet instant, la croix, instrument de torture, montre sa face cachée : c'est aussi un symbole sacré, celui du divin.

Ce qui paraît nier à la vie toute dimension transcendantale devient, par le lâcher-prise, une entrée dans cette dimension.

 

 

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 FIN DU DERNIER CHAPITRE (10/10) ET DE L'OUVRAGE

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Eckhat Tolle a pour seul but l'épanouissement de la conscience humaine.

 

 

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SUITE : Eckhart Tolle, "Mettre en pratique le pouvoir du moment présent"

 

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