01 mars 2020

Le capitalisme mène l'homme à sa perte : un avertissement devenu affirmation

 

vir 200900 copie

Virus riant

 

Le mot du jour

 

 sépar 75 k copie

 

 

                  La stupidité humaine, que l'on savait grande, vient d'atteindre des sommets que l'on aurait crus inaccessibles, tant les hauteurs suprêmes de leur absurdité suicidaire laissaient croire que nul ne s'y risquerait.

La planète entière étant sous la menace d'une épidémie virale sans précédent, et susceptible de se dépeupler dans de vastes proportions, au nom de la survie de l'humanité certains rassemblements sont désormais interdits. C'est raisonné - et raisonnable.

Excepté les rassemblements qui, de toute évidence (même pour les pauvres d'esprit) présentent le plus de danger par le nombre, la concentration cosmopolite venue de loin, la proximité, le contact et le fabuleux concours des airs vociférés. Trop heureux, le virus n'espérait pas des conditions aussi favorables :

Les grands rassemblements du football !

 

Le plus surprenant est que des supporters puissent accepter de risquer ainsi leur vie : seraient-ce là de nouveaux jeux du cirque où la mort plane autant sur les 22 gladiateurs que dans le public ? La mort serait-elle du dernier chic ?

Notre planète malaimée pourra très bientôt jouir d'une paix éternelle, en compagnie de quelques insectes - peut-être.

Grâce aux humains préférant le capital pour les uns et le plaisir fugitif pour les autres - à la vie.

 

"Étonnant, non ?" n'aurait pas manqué de dire le regretté Pierre Desproges.

 

sépar 75 k copie

 

Jyssépé, 01/03/2020


27 février 2020

Les flèches du temps (1105)

 

illustrati450nt-fuji copie

 

 

 

Les flèches du temps

 

Longtemps nous avons craint la rupture du temps

Que ne soutenaient plus ses vieux piliers plaintifs.

 

Dès lors que les forêts, que le vent courbe et lisse

Et peigne de ses mains, brûlées du feu du ciel,

Ne furent plus qu’amas d’ossements et de cendres,

Se fit entendre ainsi la voix des anciens sages :

 

« - Jamais dans sa portée le javelot lancé

N’outrepassa la flèche. Aux armes de nos pères,

Courageux entre tous, il n’est d’autre recours ! »

 

« - Les flèches ennemies frappèrent la beauté,

À l’horizon saigna l’arc-en-ciel moribond ;

L’agonie des couleurs se glissa noire et blanche

Jusqu’au fond de nos cœurs - et fit pleurer les anges. »

 

Oraisons de guerriers, commandements de prêtres

Aux peuples acculés valent plus que sang neuf ;

Les armes déterrées ont effrayé nos mères ;

Mais du temps reconquis nos larmes ont séché.

 

Il n’est plus aujourd’hui que pousses de bois vert,

Ultime témoignage aux limites des neiges.

 

 

JCP 12/2019

Posté par J Claude à 10:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
26 février 2020

Labeur céleste (1168)

 

voyage-aux-450s copie

                                                                                                                                                                              Image : X

 

                     Labeur céleste

 

                          

                           Il poussait laborieux et d’un essieu grinçant

                           Sa brouette remplie de brûlantes étoiles,

                           Et sous sa roue naissaient des comètes dorées,

                           Spectacle qui jadis le ravissait aux larmes.

 

                           - Tout cela vient d’Orion, fit l’Éboueur du ciel

                           Aux Anges cramoisis sous les nuées ardentes.

                           Et ceux-ci tout joyeux, d’une pelle cosmique,

                           Les jetaient en pâture au Trou Noir satisfait.

 

 

 

JCP 02/2020

Posté par J Claude à 07:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , ,
25 février 2020

Citation : Christian Bobin

Écrivain et poète français né le 24 avril 1951 au Creusot, où il demeure.

624 c400opie

 

_0001 copie

Introduction à "L'homme-joie"

 

 

sépar 75 k copie

 

C'est grâce à la télévision, temple formidable de l'inculture, qu'il me fut donné  de décrouvrir Christian Bobin.

 

Et je n'en dirai rien :

les livres se découvrent

au parler du silence.

 

 sépar 75 k copie

 

 

 

                               Concernant cet auteur, une mise en garde s'impose cependant : certains de ses textes sont notablement imprégnés de christianisme, ce qui peut se montrer rerettable, voire prohibitif pour les non-croyants. Cependant, l'effort d'ignorer ces passages peut être largement récompensé par l'heureuse découverte de véritables perles littéraires, et d'une poésie unique.

 

JCP

Posté par J Claude à 08:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
24 février 2020

Mort couronnée (Quatrains, 1178)

 

AdobeSt400ed copie

 

 

Mort couronnée

 

L’horizon d’où venait un invisible mal

Ne cache plus son jeu, et porte à notre vue

Le nuage de mort navigant sans fanal

Qui terrifie la Terre au désert de ses rues.

 

 

JCP 02/2020

Posté par J Claude à 10:10 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

22 février 2020

Inséparables (1177)

 

IM 450604 copie

 

 

                                Inséparables

 

                                         Libéré de son ombre

                                         Qu’il ne voit déjà plus,

                                         Il croit qu’il peut la fuir

                                         Mais la retrouve au sol,

                                         L’oiseau qui s’envolait.

 

 

JCP, au Wallace place St Georges 20/02/20

Posté par J Claude à 09:50 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,
17 février 2020

Citation : Friedrich Nietzsche

 

Nietzsche300187c copie

 

 Friedrich Nietzsche, philologue, philosophe, poète, pianiste et compositeur allemand, né le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, et mort le 25 août 1900 à Weimar, en grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach.

 

sépar 75 k copie

 

" La connaissance est pour l'humanité un magnifique moyen de s'anéantir elle-même."

sépar 75 k copie

 

Posté par J Claude à 07:48 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,
16 février 2020

Débris de rêve (Quatrains, 1167)

 

cosmoset-un450ivers

 

 

                           Débris de rêve

 

                                   Aux confins du cosmos, le rond-point des étoiles

                                   S’engorge lentement, encombré des débris

                                   Du rêve des humains. Car à ces lieux lointains

                                   De tout être vivant, la pensée seule accède.

 

 

JCP 02/2020

Posté par J Claude à 08:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Spectre déchu (1102)

 

CVT_Le-passeur-du-temps_9066 copie

 

Spectre déchu

 

Aux espaces du temps où ne se jette d’ancre,

le vieux passeur en habit rouge s’est retiré.

                            Et, dans ce vide inamical

pareil aux grands espaces morts des terres désolées,

s’établit pour un temps une paix sans quiétude.

 

Aux lumières croissantes le ciel dit ses printemps,

et de l'interrègne redouté n’émergera

                    - tel un feu sous l’averse -

                      que fumées dans le ciel.

 

Et reprend cette attente où décline la nuit :

Au fond des lassitudes

                         de sa route sans trêve,

l’éternité s'étire et bâille

                        mais jamais ne s'endort.

 

 

 

JCP 12 19

Posté par J Claude à 07:33 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
15 février 2020

Au Père Léon* (1089)

 

Pere-Leon-4502 copie

                                                                                             Image : X

 

 

Au Père Léon*

 

Messagers du temps au noir regard que la poussière voile,

des siècles prisonniers observent, silencieux,

chaque jour qui se meurt et s’ajoute à leur âge.

 

Éclos du sillage empourpré des veinules de pierre,

de hauts champignons de lumière couvrent, de leur blancheur sage,

la litanie du faire aux tables parées.

 

Des vapeurs sonores, animant de reflets la longue voie de marbre,

répandent dans les airs l’arôme des bonheurs paisibles ;

pétrissant son journal, le vieil homme sourit.

 

L’éternelle continuité, qui toujours s’écoule au dehors,

perce de toutes parts le vaste écran des murs de verre,

où la vie se répète et ne meurt pas.

 

La brise aux effluves de rue laisse entrer de nouveaux captifs,

conserve du dehors un œil sur eux puis,

soumise à leur vouloir, les libère débonnaire.

 

Et la porte de verre s’ouvre et se referme

entre deux longues bouffées de silence.

 

 

 

* Grande brasserie toulousaine de la place Esquirol :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/00_toulouse___la_tournee_des_bistrots/index.html

 

 

 

JCP 12/2019 - 02/2020 écrit en grande partie sur place.