08 janvier 2021

Surmené (Quatrains, 1305)

 

 

 

Surmené

 

- Impossible aujourd’hui, et demain je suis pris…

Les choses s’accumulent, et le temps ce chien fou

Qui ne ralentit pas ! C’est une vraie montagne

Qui m’attend voyez-vous - de rien-faire en retard. 

 

 

JCP, 01/2021

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06 janvier 2021

Aurore (1275)

 

 

Aurore

 

Le temps n’est rien, le temps est tout et la mort vient

Par ce même chemin, où passe la lumière

Et se répand la nuit. Aux vergers ruisselants

De cette aube d’hiver, où la dernière feuille

Résiste encore au vent, de longs fils de lumière

Unissent toute branche au soleil du matin,

Alliance du cosmique aux bataillons du ciel,

Que les rayons lointains d’une dernière étoile

Dirigent dans les airs sans froisser le silence.

 

 

 

JCP, 11/2020

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05 janvier 2021

Méditerranée (Quatrains, 1299)

 

 

 

Méditerranée

 

Piquées de tant de mâts,

Les nuées se déchirent,

Et revient le ciel bleu

Sur le port de plaisance.

 

 

JCP, 12/2020

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03 janvier 2021

Clartés (1027)

 

 

 

Clartés             

 

                          

                        Âme, dans les langueurs de tes profonds désirs, cesseras-tu de boire à ce vin clair des grèves, vendange de mer aux rangs de vigne bleue piquetés d’écume, grisée de nostalgie dès la première aurore du rêve ?

Que ne laisses-tu au sable soumis des hautes lunaisons la joie de s’enivrer à la coupe sans fond, pour puiser à sa bulle le pétillant bonheur des journées sans frontières ?

Et la tempête d’heures qui ronge ton destin, assise au bord du temps sous la pâle lumière des lointaines étoiles, laisse-la décliner en toi !

                   Âme, c’est ainsi qu’à ta paix reconquise j’accorderai mon cours, et que mes nuits connaîtront des songes moins amers.

 

 

 

 

JCP, 06/2019 – 12/2020

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01 janvier 2021

Littérature

 

Littérature

 À Marcel Proust

 

                        Incomplète, triste et ennuyeuse est la littérature qui se contente de décrire la surface des choses - cela soit-il bien fait - et ne sait, plus en profondeur, offrir à notre âme ni la musique des mots ni le rêve, non plus que la métaphore inattendue qui nous ouvre, en parfait sésame, grandes les portes de la mémoire et de l’imaginaire.

 

Ceci soit dit plus haut encore de la poésie.

 

 

JCP, 12/2020

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25 décembre 2020

Musique (1223)

 

 

 

Musique

                    

Au concert quelquefois

les belles écouteuses

ont l’oreille voyeuse

 

 

JCP 07/2020

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22 décembre 2020

Citation, Laurence Equilbey

 

 

« La musique est une clé qui ouvre les portes de l’inexprimable ».

 

Laurence Equilbey, directrice d'orchestre

 

laurence-equibley co300pie

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21 décembre 2020

Sur la neige (1289)

 

 

 

Sur la neige

 

Bouton blanc qui manquait

Au vaste manteau blanc,

Le flocon blanc se pose

Et se fond dans le blanc,

Page blanche encre blanche

Où ne se lit que blanc.

 

 

 

11-12/2020

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18 décembre 2020

La mort du miroir (1294)

 

 

 

 

La mort du miroir

 

Comme une outre percée d’où couleraient des larmes,

Le miroir s’est vidé de ses anciens reflets,

Et la flamme qui court à son tain fissuré

Dessine un arc-en-ciel de poussières d’images.

 

À sa surface lisse où le noir s’établit

Luit un dernier éclair, révélant les abysses

D’une mémoire morte : le miroir suicidé

Ne reflètera plus ce monde de laideur.

 

 

JCP, 12/2020

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16 décembre 2020

Senderos que se bifurcan (1295)

 

 

 

 

Senderos que se bifurcan*

 

                                                        À Jorge Luís Borges

 

Aux lueurs affaiblies d’un passé révolu,

Parfois s’éclaire en nous le sentier qui bifurque -

Et qu’on n’emprunta pas. Et serpente en nôtre âme

La voie d’une autre vie qui mourut avant d’être.

 

Ainsi qu’au coffret clos, dont l’imagination

Voit immense et précieux ce qu’il ne contient pas,

Comme elle eût été belle, emplie de tant de joies,

De bonheur et d’amour, la vie que l’on n’eut pas !

 

Écartées à jamais de notre connaissance,

Qui dira si ces voies ne forment près de nous

- En réseau parallèle à notre destinée -

Des rails immaculés où nous pourrions rouler…

 

 

 

* Sentiers qui bifurquent

D’après le titre original du recueil de nouvelles de Jorge Luís Borges (Argentine, 1899-1983) « Le jardin aux sentiers qui bifurquent ».

Augmenté du recueil « Artifices » et édité sous le titre « Fictions » (Folio, Gallimard).

Grand classique de la littérature sud-américaine, fréquemment étudié en classes de lettres.

 

JCP, 12/2020