Sur la vaste étendue de lisse pierre grise,

La parole a glissé, emportée par la brise ;

Et son timbre diffus, retourné par l’écho,

Ne sera jamais plus que cadavres de mots.

 

Sont-ce des mots de haine ou d’émerveillement,

Sont-ce mots jamais dits de timides amants,

Surdité de l’amour qui refuse sa grâce,

Et désunit les pas dont la trace s’efface ?

 

Soient-ils de servitude ou bien de révoltés,

Soient-ils de plénitude en face des beautés,

Les mots non écoutés rejoignent la cohorte

Des damnés du silence, et le vent les emporte.

 

 

JCP 12/2019