28 novembre 2020

Sous-bois (Quatrains, 1274)

 

 

Sous-bois

 

Les flèches décochées de longs rayons solaires

Ont percé le feuillage, et le ciel de sa plume

Avide de lumière écrit un long poème,

Fait des mots du silence à l’encre des étoiles.

 

 

JCP, 11/2020 (im.JCP)

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26 novembre 2020

Encore (Quatrains, 1282)

 

 

Encore

 

À feuilleter ses heures en sautant les virgules,

Le temps qui lit trop vite au grand livre des jours

S’enfuit en météore à l’automne de l'âge.

Entendre avant l’hiver la chanson de la mer.

 

 

11/2020

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25 novembre 2020

Présent (Quatrains, 1283)

 

 

Présent

 

Passerelle du temps, édifice fragile

Sur le tumultueux écoulement des jours,

Toi qui viens du passé et cours vers l’avenir,

Peux-tu laisser notre âme accueillir le présent ?

 

 

 

11/2020

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21 novembre 2020

Bois flotté (0234)

 

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                                                                                             Oléron, côte ouest, après les tempêtes (image JCP)

 

 

Bois flotté

 

Aux sables en repos que la marée délaisse,

Vient mourir sur la grève une pièce de bois,

Venue peut-être là de la nef d’un grand roi,

Comme d’un frêle esquif accablé de vieillesse.

 

- Que tu sois d’un vaisseau de tant et tant de pièces

Ou du pauvre canot d’un vieux pêcheur d’anchois,

Que la poudre ou l’écueil aient eu raison de toi,

Qui saura les émois de ta prime jeunesse ?

 

Déjà le flot grondeur, sous les vents revenus,

Ramenait la marée aux grands espaces nus,

Lorsqu’une faible voix déclarait en substance :

 

- Sachez que je ne fus coque d’aucun vaisseau,

Mais qu’à ces reliquats jadis pendaient des os*,

Dit le morceau de bois, - ainsi, je fus potence.

 

 

* Prononcer « eau » pour la rime.

 

 

 

JCP Août 2010, revu et corrigé Décembre 2019

JCP, Novembre 2015, pour Les Impromptus Littéraires :

 http://impromptuslitteraires.blogspot.fr/2015/10/jcp-une-photographie.html 

 

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16 novembre 2020

Halte (1226)

 

 

 

Halte                    

 

Ne peux-tu voyageur délaisser pour un temps

Tes horizons sans fin, et ralentir le pas ?

À l’ombre de cet arbre, écoute la rumeur

De ton cœur qui s’apaise et se lave des routes.

 

Au mirage menteur de lointains toujours neufs,

Et d’une herbe à ton pied toujours renouvelée

Se cache le présent d’un bonheur enfoui :

Au puits des calmes eaux laisse boire ton âme.

 

Et riche de ce temps que tu croyais perdu,

Puise au fond des lenteurs une énergie nouvelle,

Où la sérénité des heures sans décompte

Offre sa plénitude à la vie apaisée.

 

 

 

 JCP 07/2020

 

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                                                                                                                                                                           Image : X

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13 novembre 2020

Au vent des souvenirs (Quatrains, 1211)

 

 

 

Au vent des souvenirs

                                                                       

Au sein de l’ombre grise un silence se brise,

Dévoilant un bonheur au souffle du passé

Dont la trace à mon cœur n’était pas effacée ;

Et s’éveille et me grise la plus douce des brises.

 

 

 

Jyssépé, Juillet-Septembre 2020, à V.

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La Forêt magique (1281)

 

"C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons."

Arthur Rimbaud

 

◄►

 

Ici, rien de spectaculaire.

Pas d’ascension périlleuse vers le point de vue vertigineux, pas d’évènement tellurique, pas de curiosité prodigieuse, pas d’impression renversante à briller en société par un récit épique.

Simplement le spectacle d’une nature libre et apaisée, où l’homme n’a pas encore laissé son empreinte, et qu’un œil expéditif verrait banale jusqu’à la taire.

Ici, l’ombre maîtresse veille à ses mousses, et au bien-être humide du ver qui ronge le bois mort.

Ici, la lumière rare qui perce le feuillage est bue d’un trait par les jeunes pousses avides de  hauteur, qui prient le lierre, leur dieu fossoyeur, de leur accorder l’accès suprême au ciel, et au soleil éternel. Mais la quête, verticale, longue et lente, est aussi exigeante, et toutes ne la mèneront pas à terme. Les dieux exaucent peu.

Ici, lorsque l’oreille s’accorde au silence, quand la narine s’attarde aux senteurs fraîches de la feuille et de l’humus, la main, qui tour à tour caresse l’écorce et repousse la branche, ouvre l’œil à des beautés sachant taire le tumulte du temps, et n’emplissant que d’elles un mental apaisé - sous le murmure du fleuve aux eaux toujours nouvelles.

 

JCP 11/2020

 

Visite en images de la forêt magique / clic :

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12 novembre 2020

Un moment en forêt (1266)

                                                                                                                

 

Un moment en forêt

 

Ici le rien se vit comme un tout suffisant.

Et les mots pénétrants, doucement proférés

Par ces piliers vivants que nourrit la nature,

Émergent du silence épargné par les vents.

 

Abandonnant sa feuille au premier froid venu

Et croisant d’amitié une ramure heureuse,

L’assemblée réunie aspire à tant de paix

Qu’il n’en demeure ailleurs à combattre la guerre.

 

Atteint dans sa substance et privé de vouloir,

Le temps repose là dans l’oubli de son œuvre,

Et cet espace nu que cerne la beauté

Donne sens à la vie dans la marée des heures.

 

Chaque instant célébré se vit sous un vitrail

Aux nuances de vert, que bercent doucement

Des vents à bout de souffle. Et le pas qui hésite

Sur le sol incertain, et la vue qui s’égare

À l’horizon perdu, et l’oreille aux aguets

Du craquement soudain, et la narine enfin

Qui frémit aux senteurs de ce monde oublié,

Tout concourt au bonheur d’un moment en forêt.

 

 

JCP, 10/2020

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11 novembre 2020

Trous noirs, étoiles à neutrons, ondes gravitationnelles, interférométrie.

 

 

Interférométrie*

 

Venu d’années-poussière à l’onde qui s’allonge,

Un invisible geste a troublé le retour

De l’incessant rayon, où se lit le message :

« Aux jardins du cosmos, du noir se fond au bleu. »

 

 

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* Interférométrie : Méthode de détection des ondes gravitationnelles générées par des évènements cosmiques (collisions-fusions), et permettant d’identifier ces derniers.

 

Prédite par Einstein en 1916, l’existence des ondes gravitationnelles a été confirmée expérimentalement pour la première fois le 14 septembre 2015. Extrêmement prometteuse, une ère nouvelle de l’exploration cosmique vient de s’ouvrir.

En 2019, pas moins de onze évènements célestes, qui nous seraient demeurés cachés, (fusion de deux trous noirs ou de deux étoiles à neutrons) avaient été observés par détection d'ondes graviationnelles, simultanément aux États Unis ("Ligo", sur deux sites) et en Italie ("Virgo" près de Pise, un site).

Le Japon met au point un nouvel interféromètre, souterrain pour se libérer des bruits résiduels, dont la puissance et la précison devraient être sans précédent (KAGRA).

 

 

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Principe de l'interféromètre (Ligo, USA)

 

 

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L'intérieur d'un des deux tunnels de l'interféromètre Virgo (Italie), longs de 3 kilomètres

 

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Vue générale de l'interféromètre Virgo

 

EN SAVOIR PLUS SUR LES ONDES GRAVITATIONNELLES :

https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-onde-gravitationnelle-4003/

 

EN SAVOIR PLUS SUR L'INTERFÉROMÉTRIE :

https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-interferometre-323/

 

LECTURES :

Kips Thorne, Trous noirs et distorsions du temps

Trinh Xuan Thuan, La mélodie secrète

Hubert Reeves, Patience dans l'azur

Hubert Reeves, Poussières d'étoiles

Christophe Galfard, L'univers à portée de main

Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, du big bang aux trous noirs

Pierre Luminet, Les trous noirs

Matteo Barsuglia, Les vagues de l'espace-temps

 

JCP, 11/2020

10 novembre 2020

JULIEN GRACQ, "Liberté grande"

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JULIEN GRACQ

(1910-2007)

Liberté grande

(Poésie en prose)

 

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                       Publier en libre-service numérique gratuit l’intégralité des poèmes du recueil de Julien Gracq « Liberté grande » - poèmes désormais libres de droits -, poursuit le but de faire mieux connaître un de nos plus grands écrivains, hélas encore bien peu cité comme tel.

Julien Gracq qui – déclare-t-il – a « commis dans sa jeunesse quelques vers lamartiniens » qu’il a sans doute jugés indignes de publication, est avant tout un écrivain de romans et d’essais qui ne ressemblent pas aux autres. Ceci dans un style unique, infiniment évocateur et souvent poétique.

Et, pour le mieux situer, lorsque, à l’issue de la publication de son ouvrage-phare « Le rivage des Syrtes », le Prix Goncourt lui fut attribué, il le refusa – simplement et irrévocablement. Geste unique qui fut remarqué. Et longtemps commenté.

Cet auteur de talent – dont les ouvrages sont désormais étudiés dans les classes littéraires – a tout de même laissé un recueil de poésie, un seul, celui-ci, de 49 textes en prose. Les ayant lus et relus, beaucoup, – comme l’auteur de ce blog – regrettent ce trop modeste nombre.

Un livre papier c'est tellement mieux.

index

 

 ACCÈS : CLIC

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BIBLIOauteurs copie

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