Porte-lEnfe 3500_1094 copie

 

 

 

Rêve d’enfer

 

La lumière s’effondre, et l’air s’est épaissi

À modeler un siège où l’on attend son tour,

Pour dire des désirs qui nous sont inconnus,

Où se craint l’hérésie et son châtiment lourd.

 

Des visages sans corps nous semblent déjà vus,

Mais leurs noms oubliés ne nous reviennent pas ;

Et le gong qui résonne a fait lever ces têtes,

Dont se portent les yeux vers la porte sans mur.

 

Une volonté lourde impose le silence,

Et la rumeur lointaine indique une présence

Que l’on sent approcher sans qu’on la puisse voir,

Dans ce domaine où court l’onde spirituelle.

 

La porte s’est ouverte, et l’abîme sans fond

Qui paraît à son seuil avale tous ces êtres

Privés de leur conscience et privés de leur corps.

Un souffle froid s’exhale et la porte se ferme.

 

Il faut passer la porte et cette seule issue,

Imposée peu à peu, nous jette dans le vide

Du cosmos silencieux. Et commence la chute -

Qui ne s’achèvera qu’au sonner du réveil.

 

 

JCP 08/2020