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                                          Toulouse centre-ville : rue Alsace-Lorraine, place du Donjon, Capitole

 

 

 

Vent de désastre

 

C’étaient des vents sans loi, c’étaient des vents sans terre

Qui s’étendaient grandis sur la face du monde,

Subjuguant la pensée, jetant le corps à bas,

Ne gonflant pas de voile et laissant l’arbre droit.

 

Et les souffles unis de cette triste ronde

Où qui ne suit le pas embrasse le trépas,

Allant par la montagne et volant sur la mer,

Faisaient de tous logis des prisons sans geôlier.

 

Or la terreur chez l’homme éveille en lui la bête :

Le mauvais le demeure, et l’on peut voir le bon

Esquiver la menace en tigre sanguinaire.

Instillée par la peur on vit toute bassesse ;

Invité par l’orgueil on vit nourrir le mal.

 

Toute crue se retire, et naît de chaque épreuve

La sagesse nouvelle. Jaillit de ces décombres

Un être de raison, disant vouloir tirer

Les leçons du passé.

 

- Jusqu’au prochain virus.

 

 

 

JCP 03/2020