Con un pensamiento a los amigos Mejicanos que, desde hace unas semanas, visitan regularmente este sitio. 

Sean bienvenidos, os dedico especialment este artículo, y sepan que aquí se puede hablar castellano. (Pero no sé escribir poesía en el mismo idioma).

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Federico García Lorca, Paco Ibañez, Georges Brassens, Johan Wolfgang von Goethe, Franz Schubert, Michel Tournier.

 

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                                     Federico García Lorca est un poète et dramaturge espagnol, également prosateur, peintre, pianiste et compositeur, né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros près de Grenade et exécuté sommairement le 19 août 1936 entre Viznar et Alfacar par des milices franquistes.

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                    Grand classique de la poésie espagnole, "Romance a la luna, luna" fut mis en musique et chanté à la fin des années 60 par Paco Ibañez, alors assez connu dans notre pays (vu en concert fin années 60 au théâtre d'Albi). Malgré un âge avancé, celui-ci continue à se produire dans son pays comme en France (affiche ci-dessous). C'est probablement sous sa forme chantée que le poème est le plus connu dans notre pays.

Si la littérature est toujours difficilement traduisible sans la trahir, traduire la poésie, même d'une langue latine vers une autre, relèvera toujours de la gageure. Les mots et expressions typiques de la culture espagnole sont présents dans ce poème qui, même lu par un espagnol, nécessite connaissance et habitude de la poésie, étant entendu que, comme dans toute poésie contemporaine, une part d'obscurité persistera - à plus forte raison traduite dans une autre langue. Là réside le charme de la poésie, que tel lecteur s'appropriera différemment de tel autre.

(Pour conforter ce qui précède et pour l'anecdote, François Busnel - "La Grande Librairie" de la chaîne 5 - fit, récemment, retraduire en français et à l'insu des traducteurs depuis un certain nombre de traductions étrangères le célèbre incipit de Marcel Proust qui débute sa "Recherche du temps perdu" : "Longtemps je me suis couché de bonne heure....etc...". Les résultats furent édifiants, voire hilarants tant ils s'éloignaient de la phrase de Proust.)

Que ceci cependant ne gâte pas le plaisir des non-hispanophones (traduction en fin de poème).

affiche

 

Paco Ibañez traduisit et chanta Brassens

Paco-Brassens

"La mauvaise réputation" - La Mala reputación (traduction inutile) :

En mi pueblo sin pretensión
Tengo mala reputación,
Haga lo que haga es igual
Todo lo consideran mal,
Yo no pienso pues hacer ningún daño
Queriendo vivir fuera del rebaño,
No, a la gente no gusta que
Uno tenga su propia fe,
Todos, todos me miran mal,
Salvo los ciegos, es natural.

Cuando la fiesta nacional
Yo me quedo en la cama igual,
Que la música militar
Nunca me supo levantar,
En el mundo pues no hay mayor pecado
Que el de no seguir al abanderado,
No, a la gente no gusta que
Uno tenga su propia fe,
Todos me muestran con el dedo,
Salvo los mancos, quiero y no puedo.

Si en la calle corre un ladrón
Y a la zaga va un ricachón,
Zancadilla pongo al señor
Y he aplastado el perseguidor,
Eso si que si que será una lata,
Siempre tengo yo que meter la pata,
Ya la gente no gusta que
Uno tenga su propia fe,
Todos tras de mi a correr,
Salvo los cojos, es de creer.

No hace falta saber latín
Yo ya se cual será mi fin,
En el pueblo se empieza a oir,
Muerte, muerte al villano vil,
Yo no pienso pues armar ningún lío
Con que no va a Roma el camino mío,
Ya la gente no gusta que
Uno tenga su propia fe.
Todos, todos me miran mal
Salvo los ciegos, es natural.

 

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Federico García Lorca : Romance de la luna, luna

Issu du recueil "Romancero gitano"

 

La luna vino a la fragua

con su polisón de nardos.

El niño la mira mira.

El niño la está mirando.

En el aire conmovido

mueve la luna sus brazos

y enseña, lúbrica y pura,

sus senos de duro estaño.

Huye luna, luna, luna.

Si vinieran los gitanos,

harían con tu corazón

collares y anillos blancos.

Niño, déjame que baile.

Cuando vengan los gitanos,

te encontrarán sobre el yunque

con los ojillos cerrados.

Huye luna, luna, luna,

que ya siento sus caballos.

Niño, déjame, no pises

mi blancor almidonado.

El jinete se acercaba

tocando el tambor del llano

Dentro de la fragua el niño,

tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,

bronce y sueño, los gitanos.

Las cabezas levantadas

y los ojos entornados.

¡Cómo canta la zumaya,

ay cómo canta en el árbol!

Por el cielo va la luna

con un niño de la mano.

Dentro de la fragua lloran,

dando gritos, los gitanos.

El aire la vela, vela.

El aire la está velando.

 

 

Romance de la lune, lune

 

La lune vint à la forge

dans son jupon de nards.

L'enfant la regarde, regarde,

L'enfant est là qui la regarde.

Et dans les airs commotionnés

la lune étire ses bras

et montre, lubrique et pure,

ses seins de dur étain.

Lune, lune, lune va-t-en !

Car si venaient les gitans,

ils feraient avec ton cœur

colliers et bagues d’argent.

- Enfant, laisse-moi danser,

Et lorsque viendront les gitans

Ils te trouveront sur l'enclume

avec tes petits yeux fermés.

Lune, lune, lune va-t-en !

Déjà j'entends leurs chevaux.

- Laisse-moi, enfant, ne froisse pas

ma blancheur amidonnée.

Le cavalier se rapprochait,

faisant sonner le tambour,

le grand tambour de la plaine

et, dans la forge, l'enfant

a ses petits yeux fermés.

Par les champs d'oliviers viennent

- bronze et rêve - les gitans,

la tête très haut levée

et les yeux mi-clos.

Comme chante la chouette-effraie,

comme elle hulule sur l'arbre !

A travers le ciel chemine

la lune avec un enfant

qu'elle emmène par la main.

Et dans la forge, pleurent

En criant, les gitans.

L’air la veille, la voile,

L’air l’a voilée.

 

Trad. X.

 

Ce poème pourrait faire penser - dans une certaine mesure (association d'idées : enfant, cheval) - au "Erlkönig" (Le Roi des aulnes) de Goethe, remarquablement mis en musique par Schubert sous forme de lieder (chant + piano) :

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Erlkönig / Le Roi des Aulnes
Johann Wolfgang Goethe

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind;
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.

Qui chevauche si tard dans la nuit dans le vent ?
C'est le père avec son enfant,
Il serre le garçon dans ses bras,
Il le tient fermement, il le garde au chaud

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? -
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht ?
Den Erlenkönig mit Kron und Schweif  ? -
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. -

Mon fils, pourquoi caches-tu ton visage d'effroi ?
Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le roi des Aulnes avec couronne et traîne ?
Mon fils, c'est une traînée de brouillard.

»Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
Gar schöne Spiele spiel ich mit dir;
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.«

Toi cher enfant, viens, pars avec moi !
Je jouerai à de bien jolis jeux avec toi,
Il y a tant de fleurs multicolores sur le rivage
Et ma mère possède tant d'habits d'or

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? -
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind. -

Mon père, mon père, n'entends-tu pas
Ce que le Roi des Aulnes me promet doucement ?
Calme-toi, reste calme, mon enfant,
Le vent murmure dans les feuilles mortes

»Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn?
Meine Töchter sollen dich warten schon;
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.«

Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles doivent d'attendre déjà
Mes filles mènent la ronde nocturne,
Elles te bercent, dansent et chantent

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düstern Ort? -
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. -

Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes cachées dans l'ombre ?
Mon fils, mon fils, je le vois bien,
Les saules de la forêt semblent si gris.

»Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt.«
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
Erlkönig hat mir ein Leids getan! -

Je t'aime, ton joli visage me touche,
Et si tu n'es pas obéissant, alors j'utiliserai la force !
Mon père, mon père, maintenant il me saisit
Le Roi des Aulnes me fait mal.

Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not;
In seinen Armen das Kind war tot.

Le père frissonne d'horreur, il chevauche promptement,
Il tient dans ses bras l'enfant gémissant
Il parvient au village à grand effort
Dans ses bras l'enfant était mort.

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...et d'un rebondissement à l'autre, citons "Le Roi des aulnes", remarquable roman du regretté Michel Tournier (1924-2016).

 

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