25 mars 2019

More (Film de Barbet Schroeder)

 

 

More* ou : Chemins obliques

 

Par l’éclat de lumière qui partout se répand,

Il n’est plus en tous lieux que milliers d’éclairs blancs.

- Faudra-t-il vivre aveugle ou coudre ses paupières ?

- Où se cache la mort, est-ce la fin des temps ?

 

Un bouillonnement sourd partout se fait entendre,

l’horizon s’est courbé en arc tendu à rompre,

et les ombres les plus sombres

s’éclairent de lents éclairs violets.

 

Mais la crainte se retire

sous un déferlement de beautés indicibles.

Et, les yeux débordants d’étoiles,

on court à pleine haleine

aux flaques spiralées

d’un arc-en-ciel déliquescent

qui se répand sur les rochers,

dégoutte en larmes irisées,

coule dans la mer,

et s’y fond en fumées rousses.

 

Le silence se fait sur ce prodige,

à peine troublé d’un sifflement très doux

rythmé des battements plus lents

d’un cœur qui s’apaise.

 

Accrochées au ciel,

des ailes de géant

ferment soudainement

l’accès à la mer :

il faut combattre.

 

Et le guerrier,

blessé mais victorieux,

reçoit dans l’herbe douce le baiser sans fin,

celui que la Femme-serpent

doit au héros de légende.

 

Sur la roche brûlante de soleil,

c’est dans ce plat de terre

que tout un monde fascinant,

sans cesse à la poursuite de son ombre,

trouve la lumière et la décompose

aux rapides éclats du vif-argent.

 

Creuset unique où se fond toute perception,

le monde neuf qui vient de naître

se ramifie sans cesse,

et fait corps avec un mental

qui se réjouit de ces beautés uniques :

il faut vivre cette vie sans limites.

 

Sur la colline embaumée de fleurs,

offertes toutes au soleil qui se lève,

l’éternelle syllabe d’un Orient de mystère

se répand sur la mer, qui brasse ses diamants

sous un ciel aux couleurs prodigieuses :

- Ooommm…

- Ooommm…

Quitter cet univers se verrait déchirement -

et la mort vaudrait mieux !

 

Mais l’irréel comme le rêve

ne sont que fleurs fragiles,

y graviter confiant pèse à la vie future…

 

Toujours un présent neuf

vient détrôner l’ancien :

les sons, les couleurs et les sensations

au vent de cette fête n’étaient que rêverie,

et ce souffle si doux s’apaise tristement.

 

Tout s’écroule.

Le temps reprend ses jouets.

Tout disparaît.

Morne et banale, la vie aux saveurs fades reparaît.

- Sans rémission ?

- Le vécu, le connu ne peuvent-ils se revivre ?

 

L’irrésistible désir d’un nouveau périple

fait alors son chemin,

germe dans le terreau fertile d’un corps déjà soumis,

que l’esprit entraîne puissamment…

 

Trop puissamment.

 

Jusqu’au bout.

Jusqu’à la fin.

Jusqu’au grand silence de la fin.

 

La fin.

 

 

Images en diaporama du film de Barbet Schroeder

 

MORE animé anigif

 

 

* « More », de l’anglais « plus, davantage, toujours plus loin », film de Barbet Shroeder (1969), où le personnage principal, entraîné par la passion amoureuse, connaît la descente aux enfers de la drogue jusqu’à la mort. Musique : Pink Floyd.

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18 mars 2019

3, 4, 5 ; Trinité !

 

                                                                                    À Montesquieu

 

Connu des pharaons, prodige de rigueur

Où l’angle droit s’impose à l’œil du bâtisseur,

Triangle 3-4-5, c’est ainsi qu’on t’appelle,

Et tu guides toujours la pioche ou bien la pelle.

 

Pythagore dit-on, sans boire et sans manger,

Te contempla dix jours nourri de ta beauté !

Triangle 3-4-5, il est tant de merveilles

Enfouies dans nos cœurs que ton tracé réveille…

Poésie de la forme, ô triangle parfait,

Sois pour toujours mon Dieu, je serai ton sujet !

 

Ainsi je te vénère, ô Trinité Unique,

Et t’offre ces versets, où la mathématique,

Chant pur, accent divin, exprime clairement

Que toi, Plus Grand des Dieux, vis seul au firmament :

c = √ (a² + b²)

5 = √ (3²  + 4²)

5 = √ (9 + 16)

5 = √ 25

5 = 5 : Plénitude de l’exact, beauté parfaite,

Donnerons-nous un jour la majuscule au chiffre ?

 

Toi, Vertige Divin, Ange de complétude,

Toujours, du haut des Cieux, sois ma béatitude !

 

◄►

 

(- On peut bien adorer le Coq ou la Pendule, mais soyons vigilants :)

http://chansongrise.canalblog.com/archives/2018/03/20/36246470.html

 

 

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Jyssépé 03 2019, Thème proposé aux Impromptus Littéraires : "Si les triangles faisaient dieu, ils lui donneraient trois côtés" (Diderot, Lettres persanes).

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13 mars 2019

Un ami discret (1005)

 

 

Ce plus petit que rien se dit en toute langue ;

Mais timide et fragile, au seul dit de son nom,

Soit-il de langue morte, il s’effondre et se meurt.

 

Jamais nul ne l’a vu, certains ont cru l’entendre,

D’autres l’ont poursuivi, repoussant l’horizon

Plus loin que terre et mer, et ne l’ont pas trouvé.

 

Plus vaporeux que l’air, pourtant je le connais

Et l’invite parfois, en visiteur discret.

Minuscule plaisir, mais quelle joie immense

Que d’être ton ami, impalpable silence !

 

 

 

JCP 03 2019 Pour Les Impromptus Littéraires : D’après « Les Plaisirs minuscules » de Philippe Delerm (bis).

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11 mars 2019

Philippe Geluck

 

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09 mars 2019

2 Citations

 

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Alfred de Vigny (1797-1863)

« L'espérance est la plus grande de nos folies. » (Stello)

 

Albert Camus (1913-1960)

« Tout le malheur des hommes vient de l’espérance »

(L’homme révolté.)

 

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05 mars 2019

La saveur du rien (1000)

 
 

Si certains ont vanté les plaisirs minuscules

Et loué d’un demi jusqu’à la mince bulle,

Ou bien dans la poussière échappée du balai

Vu sans porter gilet la chute du Palais,

 

J’ai découvert pour vous, n’en déplaise au poète,

Ce qu’est le vrai bonheur sans décor ni paillettes :

Sur la toile de fond d’un silence parfait,

Délaissez tous les bruits soient-ils beaux soient-ils laids.

 

Sentez-vous respirer. Et posé sur coussin

Ne bougez plus les pieds ne bougez plus les mains.

Au penser non-pensé d’un attentif rien-faire,

Vous le verrez passer, petit grain de lumière :

 

L’atome de plaisir où perce le bonheur

Soudainement grandi adoucit le malheur,

Et le sourire doux qui fleurit à la lèvre

Vaut bien tous les bijoux faits des meilleurs orfèvres.

 

Et de ce premier pas sur le chemin sans pas,

Peut-être au fond de vous quelque chose naîtra.

 

 

 

JCP 03 2019 Pour Les Impromptus Littéraires : D’après « Les Plaisirs minuscules » de Philippe Delerm.

 

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