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Le voyage de l’océan

 

Un océan bougon se plaignait aux rivières,

Et regrettait déçu de voir figée son aire.

- Ainsi leur disait-il, partout je vois courir

Votre eau vive et joyeuse et ne le puis souffrir :

De marées en ressacs je ne voyage guère,

Et mes nuits sont meublées par des pensées amères.

 

Vous autres connaissez montagnes et vallées,

Côtoyez les forêts comme les champs de blé,

Quand se borne ma vue aux limites sévères

De ces commencements que sont les bords des terres.

 

Et l’océan pleura.

On dit que celui-ci, du flot grandi soudain

De celui de ses larmes, emprunta des chemins

Qu’il se creusa lui-même. Il visita les villes,

Parcourut les campagnes, et ne laissa qu’une île

Nommée Himalaya.

 

 

JCP  03-09 2018