Souvenirs d’avenir*

                                                                     À Éric Emmanuel Schmitt

 

 

Les fumées qui se dissipent

laissent voir dénudés les relents d’une vie non vécue,

mémoire précieuse d’un avenir volé au temps qui n’est pas encore né.

 

Et comme prise au futur des grottes,

l’eau anime l’horloge inexorable qui claque lentement ses gouttes,

vagissement séculaire d’intention lente qui naît à la roche.

 

Mais le bord de falaise habille le bout du pied d’un frisson de néant,

alors que les fulgurances du temps

ne laissent aux nouveaux nés qu’un avenir mort-né.

 

Et dans cet univers de croissance temporelle incontrôlée,

l’avancée du futur, où veillent des peurs inconnues,

ramène au réel d’un présent qu’il est urgent de vivre.

 

 

* Titre dédié à Éric-Emmanuel Shmitt (« La part de l’autre », réplique de « Onze-Heures-Trente »).

JCP  3-4 mai 2018