La main du vent

 

                                La rumeur qui s’élève, en écho sommeilleux au sable lourd des grèves, porte en elle les senteurs refroidies de mystérieux lointains.

Et si le présage se dissout à la foison du flot, demeure au pétillement sec de l’écume un désir de caverne océane où la lumière, méprisée des gorgones, est en danger de mort.

Cette mort-là laisse des restes en surface, et l’étendue des mers, plus vaste encore qu’au dire des cartes, abandonne ses profondeurs aux légendes marines. Sur la base erronée d’une vie possible, tout un monde neuf prend naissance, et meurt à peine enfanté.

Le chaos n’est pas loin mais la Nature, qui use d’autres moyens, saura l’éviter.

Le frisson du large est venu mourir sur le sable et, gravé du sel que tant d’humeur cristallise, se lit la parole éteinte des naufragés.

Aucune main ne retiendra le vent des âges.

 

JCP 06 05 18