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 Nature morte aux poires et raisins, Claude Monet

 

Interdépendance

 

Contempler un tableau se fait de sa surface,

Et l’idée ne vient pas d’y glaner d’autre trace

Que ce que l’œil perçoit, ou que l’esprit pressent

Des intentions du peintre telles qu’on les ressent.

 

Mais une vue plus large nous désigne l’orage

Et le soleil d’été qui fit croître le lin,

Les années de patience développant les pins,

Tisseur et menuisier achevant leur ouvrage ;

 

Ainsi du chevalet, pinceau toile et couleur,

Nourriture du peintre, verre et vin sur la table,

Un immense réseau, de ses liens innombrables,

Relie jusqu’au cosmos l’acte du créateur.

 

Le décompte infini des sujets enrôlés

Participant à l’œuvre donnerait le vertige,

Qui du tableau fini quel que soit le prestige,

En interdépendance sont présence obligée.

 

Qui sait si d’autres cadres, ou d’autres accessoires,

Ou bien si l’épicier n’avait pas eu de poires,

Ceci de ce tableau n’eût changé le destin,

Qui de nature morte pût finir Diane au bain…

 

 

JCP 13 03 18 Pour Les Impromptus Littéraires (Devant la nature morte de Monet ; inclure 5 mots ou plus tirés de ces lettres : A E E O R J G L N L)