castle-in-the-sky-40-1200-1200-675-675-crop-000000 copie

 

 

Zarya

 

L’espace sans frontières qu’un pâle soleil dore

Laisse voir sur les flots une nouvelle aurore ;

Et son filet plié, le pêcheur prend la mer,

Habité dans son âme de sentiments amers.

 

Un vent nouveau se lève qui jamais ne souffla,

Apaisé brusquement d’inquiétants calmes plats ;

La mer prend des couleurs venues du fond des âges,

Et les houles croisées portent de noirs présages.

 

L’homme se voit soudain entouré de lueurs

Que seul l’Enfer de Dante connut dans ses horreurs :

L’océan déchainé ouvre et recoud ses failles,

Et montre à la lumière le fond de ses entrailles.

 

C’est dans des fumées lourdes qu’une nouvelle terre

Paraît à l’horizon, pyramide enflammée

Qui grandit et s’étale : une île neuve est née,

Et l’on voit reparaître de fins rayons solaires.

 

L’éruption qui s’apaise laisse l’homme approcher ;

Il parcourt à pas lents son empire précaire,

Et malgré ses sandales qui brûlent au rocher,

Il se dit souverain de la nouvelle terre.

 

Mais d’un substrat léger, l’îlot soudain s’envole,

Abandonne les mers, accoste en des régions

Où l’homme sacré dieu réunit des légions,

Dicte partout sa loi, tue pille vole et viole.

 

Il est dit qu’un géant, dont l’île heurta le chef,

D’un coup de pied vengeur aurait botté sa nef

Vers les lointains des cieux jusqu’aux régions lunaires,

Où il vogue sans fin sur des mers de poussière.

 

Quant à moi je suis sûr qu’autrefois Laputa*,

L’île avide d’azur existerait encore -

Sous le nom de Zarya**, et connaît seize aurores

Quand nous n’en avons qu’une : la vérité est là.

 

 

JCP 02 2018

* Sous la plume de Jonathan Swift, Gulliver la connut.

** La Station Spatiale Internationale, qui lundi 12 passa à 408 Km de nos têtes.

157506243

 

Capture écran du passage du lundi 12 02 sur "Stellarium" (logiciel gratuit d'astronomie).

ISS 18 h 41 copie