L’ombre verte

 

Cette ombre, soudaine et détachée,

Qui s’échappe du tronc desséché -

Est-ce l’âme de l’arbre ou n’est-ce rien

Que les vapeurs du chêne,

Dont le bois dur était le soutien ?

Mais je ressens cette haleine,

Plus fraîche que l’aquilon

Qui doucement se promène,

Se mêle aux senteurs de la plaine,

Et s’écoule au creux du vallon.

Et je ne sais où la mène

Ce souffle à effrayer

Tout homme et toute chose :

Peut-être est-ce là que survit le parfum de la rose,

Tombée sèche au pied du laurier.

 

 

JCP 02 18, pour Les Impromptus Littéraires (utiliser les rimes du poème de Antoine-Vincent Arnault « La feuille »)