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Le couloir du rêve

 

Les portes qui défilent demeurent toutes closes,

Et se ressemblent toutes. La présence lassée,

Et le regard hostile de ces têtes baissées

Fait revivre des haines dont on ne sait la cause.

 

D’une fenêtre ouverte monte une rumeur lente,

Mais soudain tout s’efface, et le temps suit la pente

De l’espace rompu où tout peut survenir,

Et des bruits étouffés renaît le souvenir.

 

Une porte entr’ouverte montre une pièce vide

Inondée de lumière, et l’espace fluide

Impose le silence des visions du néant,

Où les ombres s’étirent en gestes de géants.

 

De ces lieux oubliés qui renaissent du rêve,

D’anciennes peurs émergent, et l’on sait que l’amour

N’a pas de place ici. Des fulgurances brèves

De meurtre retenu font espérer le jour.

 

JCP 12 2017