Portrait_of_Friedrich_Nietzscheg680

 

Zarathoustra monte en bateau

 

- On ne me comprend pas se dit Zarathoustra ;

Mais sous ce soleil bas taché d’horreurs mystiques,

Je le sais maintenant, le Surhumain naîtra -

De fleuves impassibles, ou de drames antiques.

 

Et le danseur de corde, sublime et solennel,

Aux trombes aux ressacs rythme son lent délire.

Il sait le bien, il sait le mal, tantôt sage ou charnel,

Tel un noyé pensif qui pleurerait sa lyre.

 

- Ayant vu quelquefois ce que l’homme a cru voir,

Je planterai le germe d’un tout nouveau savoir,

Car sous le gouvernail des éveils maritimes,

Mon aigle et mon serpent reconnaissent l’abîme.

 

Dans les clapotements de furieuses marées,

Le vieil arbre noueux, qu’embrasse un cep de vigne,

Au poème des mers qui ne connaît d’arrêt

Voit le monde parfait qui de loin lui fait signe.

 

Ainsi Zarathoustra, en son âme éveillée,

Et par le Surhumain qui lui fut révélé,

Au pied des azurs verts dont il souffrit les trombes,

Connut l’aube exaltée que peuplent les colombes.

 

 

Arthur - Friedrich-Wilhelm

 

JCP 08 12 2017, adaptation libre de deux oeuvres majeures*, inspirée par V.

 

(* Ainsi parlait Zarathoustra et le Bateau ivre)