IMG_8755 copie

La porte des hivers

 

Mille serpents légers gravent dans la poussière

Chacun leur voie étroite où paraît la lumière ;

De brèves fulgurances, tempérées de lenteur,

A l'approche du froid y laissent voir la peur.

 

Tout au pied des grands arbres que défeuille l'automne,

S'élève tristement la rumeur monotone

De cette mort infime qui mourra du printemps ;

Et le ver assoupi que repousse le temps

Accepte le répit, sachant que viendra l'heure

Où le bois sous sa dent devient poussière et meurt.

 

Mais la Force implacable qui ne s'émeut jamais

Anime la Nature dans son élan parfait,

Et tirant sa substance où toutes formes dorment,

Saura de cette mort grandir l'érable ou l'orme.

 

 

JCP 13 11 17