Nuage d'été

 

Derrière la fenêtre un visage se cache,

Et sur le grand plafond se dessine une tache

Qui s'étale et noircit sous le soleil d'été :

Une part de l'azur vient de nous être ôtée.

 

La muraille asséchée ne porte plus de mousse.

Du bétail famélique, qui broute ou rien ne pousse

Et gémit pitoyable, il n'est plus d'avenir,

Et dans le ciel blanchi on ne voit rien venir.

 

Du murmure des mots la sombre litanie

A rejoint le néant, et la branche du saule

Qui balaie l'escalier n'abolit pas le rôle

Des grands oiseaux de mer que le vent réunit.

 

JCP 01 17