Après le chaos

 

Sous le vieil arbre nu, un rayon de lumière

Montre la route vague des destinées précaires.

Les anciens murs s'effondrent sous la poussée du temps,

On voit au sol la trace de lourds pressentiments.

 

Il n'est plus de fenêtres mais au bas de la pente

La terre se soulève d'une poussée vivante,

Et des bras décharnés, dans un signe d'adieu,

Annoncent aux humains la vacuité des cieux.

 

La Terre courroucée, qui se fissure et tremble

Reforme ses montagnes, retrouve et puis rassemble

La pierre des murailles, construit un monde neuf

En oiseau qui se rit de sa coquille d'œuf ;

Et l'on voit les décombres, vestiges d'anciens mondes

Qu'ensanglanta la griffe des cyclopes immondes.

 

L'animal s'est uni au règne végétal ;

En l'absence d'humains on ignore le mal,

Et dans ce monde obscur des péninsules meurent,

Des continents dérivent et des étoiles pleurent.

 

Le temps n'existe plus, les mers sont désunies

Et l'on voit sur les grèves des ossements blanchis.

Aux villes dévastées il n'est plus que silence :

La Terre enfin sereine se rit de la science.

 

 

JCP 01-02 2017