Avis de néant

 

Au bord du miroir vide, rien ne paraît encore,

Mais le poids du désir d'une nouvelle aurore

Éveille les contours du spectre de l'ennui,

Où va sombrer le jour aux gouffres de la nuit.

 

Dans la paix qui combat aux guerres sans victoire,

Le malaise a grandi, qui nous pousse à tout croire :

L'esprit court la tempête, et sous de vains efforts

Ne voit plus de refuge - les horizons sont morts.

 

Alors comme un aimant réunissant ses pôles,

Au fond du grand miroir se fondent tous les rôles ;

On voit sous des éclairs les étoiles périr,

Et l'homme qui se mire voit son reflet mourir. 

 

 

JCP 26-28 12 2016,  01-02 2017