A la survie des vents

 

Ombre lente au soleil que son corps délimite,

Alors que sous les arbres la pluie chante au rocher,

Un accroc dans le temps repousse les limites,

Et personne n'écoute l'homme venu prêcher.

 

Dans l'épaisseur du livre la vérité se cache

Où l'encre répandue a déposé sa tache,

Mais à l'abri des vents, une part de survie

Ne suffit pas toujours à surpasser l'envie.

 

Alors sous la douceur d'une marche sans pas,

Des routes foisonnantes celle qu'on ne voit pas

Tant le soleil est bas mène aux cités sans ombre ;

Et, crevant les nuages, montent des cris sans nombre.

 

La fuite du soleil, que partout l'on déplore,

Annonce le trépas des mouvantes aurores,

Et l'oiseau précurseur - avalanche au rocher -

Nous montre enfin des traces que l'on croyait cachées.

 

 

JCP 24 12 2016