Inquiétude du soir

 

Alors que la lumière en tous lieux s'abolit,

Est-ce d'eau ou de vide que le vase s'emplit,

Est-ce le chant des eaux ou celui de la pierre,

Enfin quels sont ces sons dont on ne sait le taire ?

 

Du nouveau crépuscule échappe un souffle long,

Les cris sont apaisés sous l'arbre solitaire ;

Un homme s'est penché sur le creux du sillon,

Et son front rajeuni s'est posé sur la terre.

 

Au cœur de ce silence où l'homme seul avance,

Le temps s'est arrêté  quand nous parvient la transe

Au nuage mourant d'une onde passagère :

On pressent au lointain l'approche d'une guerre.

 

 

 

JCP 23 12 2016