Dubitatif du Rien

 

La pierre du chemin qu'un crépuscule dore,

Écroule les senteurs de l'eau régénérée,

Et le bourgeon grossi ne pourra pas éclore,

Alors que d'un pas lourd résonnent les forêts.

 

Sous le silence épais des murs de pierre grise

Que la ruse en écho des lutins reverdit,

Les diamants du lac scintillent sous la brise.

Mais l'ombre a régressé - il est déjà midi.

 

Or sous le soleil clair aucune fleur ne dure,

Et le mur renversé connaît soudain le froid ;

Car tout doit retourner au noir des flammes pures :

Sous la ferveur des glaces on lit un front d'effroi.

 

Mais l'on peut voir enfin la peur qui se condense,

La flamme meurt des eaux, et l'homme rassuré

Prend la main de la femme pour une sainte danse ;

La vie reprend son cours - il ne s'est rien passé.

 

JCP 23 12 2016