Nous aurait-on menti ?

 

Mais quel est ce vent frais qui passe à ma paupière -

La nuit m'aurait conduit aux jardins de Saint Pierre ?...

Le Paradis promis s'étalerait ici,

Parmi ces galaxies - et ces trous noirs aussi...

 

C'est pas c'qu'on avait dit : de sa grande truelle

Le divin Créateur négligea la ruelle,

Et répandit aux champs un bien triste gazon ;

C'est laid, c'est triste ici : rendez-moi ma maison !

 

Fichu froid sidéral, ici rien n'est chauffé ;

Les puanteurs d'étoile sont les seules bouffées

Qu'avale ma narine : l'Au-delà non merci,

Piteuse vie future que celle que voici !

 

Pas de fleurs pas de fruits, pas même un rouge-gorge :

Œuvre déplorable, qui dans les Cieux se forge

A l'insu des humains - passagers d'un steamer

Qui saurait tout du ciel sans connaître la mer...

 

 

JCP 01 2016  Pour Les Impromptus Littéraires : rimes du poème de Victor Hugo "Fenêtres ouvertes". N°2