Im. WD + JCP

 GOURDE_copie

  

La gourde de la soif

 

Ils se vouaient tous deux une amitié solide,

Se partageaient le pain, buvaient le même vin ;

On les voyait unis comme doigts de la main :

Au lac de leur bonheur on ne voyait de ride.

 

Or sur le flot calme le vent survint un jour,

Agitant rudement ces humeurs bien-aimantes :

La soif étant venue tout au bout de la sente,

Seule une gourde d'eau qu'ils portaient tour à tour -

Tant qu'ils ne savaient plus lequel en était maître -,

Était aux mains de l'un qui voulut s'en repaître.

 

- Il serait bon de voir qui boira le premier,

Car cette gourde est mienne on ne peut le nier !

- Il n'en est rien du tout car c'est moi qui la porte -

Et ne saurais mourir d'une soif aussi forte !

 

Le récipient ouvert, on se disputa fort,

Faisant tant et si bien qu'il rejoignit le sable,

Buvant à lui seul l'eau qui valait plus que l'or :

Les amitiés s'éprouvent - c'est le sens de la fable.

 

JCP   02 03 13, librement inspiré d'une situation qui jamais ne fut réelle...