02 mai 2021

Aujourd'hui : rien (Quatrains, 1325)

 

 

 

Aujourd’hui : rien

 

Éveillé ce matin avant le chant du merle,

Je sus, dans un éclair, qu’aucune activité,

De toute la journée, n’atteindrait mon bien-être

Et bondis de mon lit impatient de rien-faire !

 

 

 

 

JCP, 03/2021

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20 avril 2021

Monde fragile (1326)

 

 

 

Monde fragile

 

Ne pose pas ton pied !

Tout un monde en son lit

Dort sous ce pissenlit.

 

 

JCP, 03/2021 Bois de Pinot

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17 avril 2021

Haïku

 

 

 

Libre de toute forme

l'argile n'a pas de hâte

à devenir pot

 

 

 

JCP 11/2013, (Inspiré par le lecture de La Bhagavad Gïta)

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05 avril 2021

C'était mieux avant (Quatrains, 1328)

 

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                                                                                                                                                                             Rue des Filatiers, Toulouse, 2019

 

 

C'était mieux avant

 

La rue aux trent'-six bars* était ma préférée.

M’y arrêtant parfois, y savourant senteurs,

Y dégustant couleurs, un bonheur toujours neuf

Courait à son pavé - aujourd’hui déserté.

 

 

 

* Soixante-quatre en 2019, de la place du Palais de Justice à celle d’Esquirol. La rue des Filatiers en comprend une bonne part.

 JCP, 04/2021

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02 avril 2021

Graines de mots (Quatrains, 1327)

 

 

 

Graines de mots

 

Du beau fruit qui mûrit du silence et du temps,

Des lettres ont jailli, et tombent sur la page

En assemblées de mots - dont on ne sait encore

S’il faudra les livrer à monsieur Gallimard.

 

 

JCP, 03/2021 Zone verte de Pinot

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16 mars 2021

Rosée (1324)

 

 

 

Rosée

 

Sur les hautes estives,

les nuées joufflues ont rejoint le grand flot des moutons,

et broutent avec eux l’étendue d’herbe fraîche.

 

Et dès que le vent, ce grand berger du ciel,

les aura ramenées aux vastes pâturages bleus, 

tout brin d’herbe luira

de leur claire salive.

 

 

 

JCP, 03/2021

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28 février 2021

Antiquités (1152)

 

 

 

 

Antiquités

 

Jour après jour lissés

de mains de long temps mortes,

objets que seule anime

la poussière du temps,

 

en tous vos corps hagards

conservez-vous cachée

la mémoire oublieuse

des êtres du passé,

 

qui votre peau si lisse

jour après jour lissèrent ?

 

 

 

JCP 01/2020

 

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16 février 2021

Entre les notes (Quatrains, 1317)

 

 

 

 

Entre les notes

 

Le silence est venu se glisser dans la salle,

Et le grand homme sombre aux mains pleines de vide

Le jette entre les notes. Alors, mélancolique

Ou bien pleurant de joie, le silence est musique.

 

 

 

JCP, 02/2021

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15 février 2021

La grève des éboueurs (310)

 

 

 

La grève des éboueurs

 

À Julien Gracq,

                                              À Gustave Flaubert

 

                          C’était à Rosemont, faubourg d’Orgeville, dans une des maisons basses de la rue des Inclinations.

Sous le feu croisé des discussions, le flot des paroles proférées s’amassait parmi les couverts, jaillissant sur la table en jets discontinus, éphémères fulgurances entrecoupées de pur silence.

Et l’on voyait mots et phrases éclater en comètes mortes et se répandre, cadavres inintelligibles, sur la nappe en masses informes de graphismes entremêlées.

Tard dans la soirée, alors que déclinait la parole, on dut ouvrir portes et fenêtres et rejeter l’inutile résidu des entretiens jusqu’au milieu de la rue, où l’on voyait grandir la montagne inerte des mots déjà dits.

Ce fut à l’aube qu’apparut l’ampleur du désastre : les millions de mots, proférés depuis le début de la grève des éboueurs de phrases mortes, partout jonchaient le bitume, putrides et malodorants.

Aussi, on ne peut que déconseiller Orgeville avant que ne trouve issue le fâcheux conflit social.

 

 

JCP  14-21/11/2010 ; 01/2021 B

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30 janvier 2021

Rage d'écrire (Quatrains, 1316)

 

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JCP, 01/2021

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