12 mars 2020

Le pouvoir du sourire

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Le pouvoir du sourire

 

 

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                        Le sourire est la manifestation sur notre visage, plus ou moins intense et plus ou moins brève, des moments heureux de la vie, insignifiants soient-ils. La joie, qui le provoque également, peut le compléter par le rire. Selon les personnes, le sourire apparaît plus ou moins facilement, plus ou moins spontanément.

Il se visualise par une prise de forme instinctive du visage, faite pour être vue, particulière, universelle et reconnaissable. Certains muscles du visage se contractent, relevant plus ou moins haut les commissures des lèvres, plissant les joues et allant jusqu’à entrouvrir les lèvres pour le plein sourire - c’est l’opposé de la colère.

Le sourire qui fait l’objet de ces lignes est plutôt celui qui laisse les lèvres fermées, c’est-à-dire le sourire naissant, ou le demi-sourire. Entre Joconde et Bouddha.

La personne qui sourit affiche ainsi l’expression d’un bonheur muet, pouvant être le prélude à la parole enjouée, ou au plaisir qu’elle sent possible.

On peut sourire à l’arrivée odorante d’un plat dont la vue suggère le plaisir du goût.

On peut sourire à un enfant, dont le seul fait d’être suffit parfois à nous mettre en joie.

On peut sourire à une personne aimée, dont la présence nous comble.

On peut sourire à un trait d’humour qui, s’il nous ravit de façon irrésistible, est suivi d’un rire instinctif. Rire qui apparaît, comme le sourire, plus ou moins spontanément selon les personnes.

Rire pour un rien ne valorise pas toujours le sujet aux yeux d’autrui. Ne jamais rire non plus.

Il en va un peu différemment du sourire qui, lui, est rarement de trop, alors qu’on peut regretter son absence chez certaines personnes.

On peut sourire au passage d’une personne, femme ou homme, dont la beauté subjective nous interpelle, on peut rendre un sourire à qui nous sourit, nous soit-il inconnu…etc…

Il y a mille occasions de sourire pour certains, qui sont autant d’occasions pour d’autres de ne pas le faire : le sourire est subjectif et ne paraît pas toujours sous les mêmes conditions selon les personnes.

On le voit, le sourire est plutôt une manifestation de sociabilité, une invite à la convivialité, à la cordialité, à l’amitié, voire au prélude amoureux.

 

Le sourire fleurit plus rarement aux lèvres des personnes seules. La solitude y incite généralement peu, excepté peut-être au souvenir fugitif d’un moment du passé heureux. Il est alors plutôt du domaine du rêve éveillé : à quoi, à qui sourit la jeune fille pensive ?

Il peut cependant survenir au terme d’une action solitaire trouvant un heureux dénouement : le musicien qui, répétant inlassablement sa partition, parvient à l’accord parfait, le dessinateur, le peintre d’art, l’écrivain, l’artisan ou le simple bricoleur, satisfaits de leur œuvre, de leur ouvrage, peuvent, prenant un peu de recul, laisser échapper un bref sourire. Dont ils seront peut-être peu conscients - s’il devait exister.

 

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Il est cependant possible de sourire sans cause : avez-vous essayé ?

Vous allez probablement vous demander pour quelle raison se contraindre à sourire sans motif, et d’ailleurs vous n’en avez pas du tout envie en ce moment. Vous vous demandez simplement où vont mener ces lignes - que vous êtes déjà sur le point d’abandonner.

La raison en est la suivante :

Osons, par la pensée, démonter le mécanisme du sourire, qui va de l’élan de bonheur, ou de joie, vers sa manifestation physique sur le visage.

D’un côté nous avons le bonheur, de l’autre le sourire, sans aucun lien de l’un vers l’autre pour le moment, nous venons de le retirer.

Remontons, erreur d’assemblage volontaire, ce mécanisme à l’envers, contraignant ainsi le sourire à s’afficher en premier, et voyons si une trace de bonheur, même infime, surgit à sa suite, en sens contraire de ce que nous connaissons.

Sourions.

Que constatons-nous ?

Nul besoin de hautes études en psychologie pour nous en rendre compte : ça marche, le sourire appelle une sensation heureuse.

À un degré plus ou moins sensible, mais ça marche.

 

Essayons alors de maintenir ce sourire, qui est, nous l’avons dit, un demi-sourire (inutile de le prolonger jusqu’aux oreilles) et essayons de le maintenir le plus longtemps possible. Sans forcer, le reste du corps détendu (nous sommes assis, bureau, cuisine, salon, jardin, automobile, café, transports en commun, banc public, peu importe le lieu). Veillons simplement à n’être pas trop aperçu…

Concentrons-nous, aidons-nous si possible de l’attention à la respiration.

Nous parvenons à prolonger cette agréable sensation : nous nous sentons bien.

Le sourire provoquerait le bonheur.

Les muscles contractés autour de nos lèvres semblent être programmés pour aller de pair avec une sensation heureuse, le sourire passant indifféremment du statut d’effet à celui de cause.

Nous avons interchangé les deux.

Forts de cette connaissance - qui était peut-être déjà vôtre -, il est inutile de préciser que nous l’utiliserons, à l’occasion de quelque état d’âme un peu sombre par exemple.

Pour voir.

Mais nous nous apercevrons que le maintien de ce sourire sans cause, de ce sourire artificiel en quelque sorte, est difficile : il nous échappe et, fait curieux, nous l’oublions et retournons à nos pensées.

Voici qui n’est pas sans rappeler le caractère fugitif de l’observation du souffle lorsque nous méditons, malgré une concentration que nous croyons inébranlable.

Y aurait-il là un lien de parenté avec la spiritualité ?

- Peut-être, en tout cas cela démontre l’inconstance de notre mental, qui, là aussi, n’en fait qu’à sa tête, efface notre sourire de lui-même et nous rappelle à lui. Il a des pensées à nous proposer, qu’elles nous plaisent ou non.

Peut-être s’est-il aperçu que, partis vers un instant présent de quiétude où il n’était pas convié, il était urgent de nous ramener sur le droit chemin qui conduit directement… à lui.

Et à personne d’autre.

On ne lâche pas le mental comme ça.

Le mental dispose d’un ego musclé, et pour nous punir de cet affront, il va, que cela nous plaise ou non, nous injecter des pensées désagréables. Voilà !

Obstinés nous aussi, recommençons à sourire sans cause… cela fonctionne derechef.

 

 

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Mais désormais, même si nous tenons toujours compte de son discours quand il est utile à notre vie (c’est le plus souvent le cas, heureusement), nous ne prenons plus les pensées dont nous afflige le mental avec le même sérieux, nous avons une arme nouvelle : le sourire.

Qui nous ramène à un heureux calme intérieur.

Au nez et à la barbe du mental.

Et nous pourrons désormais inclure, si nous la pratiquons, le sourire à notre méditation. Avantageusement.

 

 

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Commencer à méditer :

http://chansongrise.canalblog.com/archives/2020/03/07/38081918.html

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JCP 03/2020


13 décembre 2019

Méditation : la simplicité du Zen

 

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

 

 

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                         On peut assister actuellement à un certain attrait pour la « méditation*», dont les médias donnent une image lointaine et vaguement « branchée », lorsqu’elle n’est pas orientée vers le mercantile.

Le bonheur paisible auquel nous avons tous droit est de plus en plus inatteignable : la société « moderne » et tout ce qu’elle implique aujourd’hui s’y oppose. Résolument et de façon croissante. Le léger mal de vivre, l’insomnie passagère, comme les maladies nerveuses graves qui en découlent sont en nette expansion, et particulièrement dans notre pays (1er consommateur européen de psychotropes) où il semblerait que « rien ne va ».

Une réalité.

Y a-t-il des solutions à cela ?

Elles seraient politiques, mais il n’y a pas de ministre du bonheur.

C’est regrettable.

Ne reste qu’à apprendre à sourire sous le séisme.

Trois méthodes sont disponibles :

1 - L’alcool, les drogues, les dépendances de tout ordre dont celles, puissamment encouragées, à la consommation et au smartphone, apportent l’apaisement d’un instant avant de devoir en renouveler l’usage, toujours plus intensif et à l’infini. Vous pratiquez plus ou moins cette méthode : tout ça ne suffit pas pour atteindre le vrai bonheur, vous le savez.

2 - La pharmacopée, qui propose des produits immédiatement efficaces (somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs) aux séquelles considérables. Si vous êtes liés.es à cette solution, vous êtes conscients.es qu’elle n’est pas sans risques et, à terme, vous savez qu'elle ne peut suffire.

3 - La troisième possibilité est la « méditation ».

Pratiquée assidument, elle a permis à de nombreuses personnes, depuis 2.500 ans, de retrouver le sourire même sous des conditions de vie peu satisfaisantes.

Elle est gratuite, facile et sans séquelles. Et même bonne pour la santé en général.

Seul bémol pour les gens pressés : elle exige du temps au quotidien.

Donc impossible pour une large majorité de personnes.

Hélas.

C’était la bonne solution.

Reste donc les deux premières.

Indétrônables, elles.

Désolé, tout ça pour rien.

La méditation, une aimable utopie sans doute…

 

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Vous persistez malgré tout à lire ces lignes ?

Bienvenue.

Nous ne changerons pas le monde, mais nous pouvons changer l’idée que nous nous en faisons. C’est par là qu’il faut attaquer : le mental et non le physique et la satisfaction des sens (qui n’est pas pour autant interdite !).

Ceci étant, la méditation n’est en aucun cas à considérer comme un médicament (il serait assez long d’en expliquer ici les raisons), que l’on abandonnera dès que « ça ira mieux ». Attacher un but ou un profit à cette pratique la corrompt immanquablement et la rend inopérante (certains disent plutôt le contraire, vous l’aurez peut-être remarqué).

Pourquoi plutôt le zen ?

Le zen est la branche du bouddhisme la moins attachée au rite, et donc la plus apte à une pratique laïque. Le zen peut se superposer à la majorité des croyances monothéistes, c’est déjà le choix de certaines personnes.

Zazen (méditation assise en japonais) est la méditation des origines. Pure, simple, dépouillée et non déformée, sans enflure ni décorum. Authentique, elle ne fait appel à aucune croyance, à aucun dieu : Bouddha était un homme qui espérait simplement rendre les humains plus heureux - sur terre. Uniquement cela.

 

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L’affiche ci-dessous propose une journée entière consacrée à la méditation. Peut-être ne pouvez-vous pas vous réserver tout ce temps : vous trouverez plus bas des options plus brèves.

- Ah, sous la direction d’un moine zen : c’est non, dites-vous.

- Pensez-vous qu’il soit des personnes mieux à même d’enseigner la méditation qu’un moine zen rompu à cela et avant tout à cela depuis de nombreuses années ? Leur nom m’intéresse !

Kensan Jean-Michel Pierre est un homme comme vous et moi qui, entre autres talents, possède ceux qu'on attribue à un moine zen. Comme dévouement, écoute, compréhension, compassion, calme, patience, simplicité.

- Pourquoi en groupe ? ajoutez-vous.

- Pour d’évidentes raisons qui font que l’on progresse plus rapidement et, surtout, sur la bonne voie. Celle dont, seul, on risquerait de dévier par une connaissance approximative de la pratique.

Des séances plus courtes (1 heure, 4 heures) sont proposées au dojo de St Simon (Toulouse) :

http://www.sudtoulousezen.fr/

 

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À bientôt peut-être au dojo. En toute simplicité !

Jean-Claude

 

* Il n’existe toujours pas de mot pour exprimer cette pratique dans sa réalité, le mot « méditation » en exprimant l’opposé, puisqu’il fait éminemment appel à la pensée.

 

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29 novembre 2019

Réflexions zen

 

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

 

 

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Le moment présent, cet inconnu

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La clé de contact

ou : À la recherche du calme intérieur

 

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                                Cet article s’adresse aux personnes curieuses de la nature humaine, curieuses d’elles-mêmes et se questionnant quant à ce qui pourrait bien se passer au sein mystérieux de ce qu’on nomme mental ou esprit, alertées par certains moments de la vie où, justement, on voudrait bien qu’il s’y passe autre chose, « là-dedans », voire, ce serait inespéré, rien de notable : le calme intérieur peut-être… ?

 

« L’esprit vole de sottise en sottise comme l’oiseau vole de branche en branche. »

Paul Valéry

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EXERCICE

 

                                 Propre à mettre en évidence un moment présent tout à fait banal de notre vie quotidienne, voici un petit exercice de vie intérieure :

Lorsque vous prenez votre auto, une fois assis.e au volant - bien assis.e -, prenez le temps, introduisant la clé de contact et la tournant pour démarrer, de vous demander :

« - Qui tourne la clé ? »

 

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                              Bien sûr, vous ne vous êtes jamais posé cette question saugrenue et vous vous dites : - A quoi bon, qui d’autre que moi la tournerait, c’est ridicule !

Essayez pourtant, et vous vivrez (peut-être) un moment de votre vie pour ainsi dire jamais vécu. Restez concentré sur tout ce qui survient, à l’extérieur et à l’intérieur de vous-même, et réfléchissez à la question le plus sérieusement du monde tout en tournant la clé pour démarrer, une fois votre souffle apaisé.

Peut-être y découvrirez-vous des réponses - si vous aviez en vous des questions.

Sauf probablement les premières fois, vous n’avez jamais vécu cet instant, d’aucune façon, réfléchissez.

 

Ou abandonnez simplement l’exercice s’il vous ennuie ou si vous n’y adhérez pas.

 

Si toutefois vous étiez encore présent.e, les yeux sur ces lignes : Vous n’avez tout simplement pas tourné la clé depuis des années.

Vous avez été, un petit nombre de fois, attentif.ve aux premiers tours du moteur. Et encore, seulement lorsqu’il démarrait mal - ce qui se fait rare aujourd’hui.

Vous avez effacé de votre vie ces moments où vous tourniez la clé, vous ne les avez pas vécus. Et n’en avez pas conservé le souvenir.

À votre insu, votre mental vous en a éloigné.e. C’est lui le coupable.

 

Vous n’en avez rien à faire : en tournant la clé vous vous projetez déjà, abandonné.e à votre mental, sur les embarras de la circulation, sur un parking, celui du supermarché, de votre lieu de travail ou, plus loin encore dans le futur, sur ce que vous ferez une fois le parcours achevé et le véhicule abandonné. Ou bien vous ne pensez à rien de tout ça, mais seulement à la somme de choses plaisantes ou déplaisantes qui vous occuperont, dans deux minutes, deux heures, deux jours, deux mois…

Vivriez-vous donc exclusivement dans le futur, dans une sorte de non-vie virtuelle ?

Oublieriez-vous de vivre, que le présent soit ainsi écarté de votre vie ?

 

De la même façon, vous négligez inconsciemment de nombreux moments de votre vie et ne les vivez pas.

Et nous faisons à peu près toutes & tous de même.

 

Que faire de ceci ? Allons-nous perdre notre temps à ces idioties, l’heure tourne et… vous l’avez dit, l’heure tourne : vous venez de perdre une minute à cette lecture inutile. Alors que si vous réfléchissez un peu, vous vous rendrez compte que vous venez au contraire de gagner cette même durée dans votre vraie vie, celle qui se vit au présent, ici même, en ce moment, tout en lisant ces lignes qui vous révoltent ou vous interpellent.

Car rien ne se vit ailleurs qu’au moment présent.

Le passé est une suite d’anciens moments présents.

Le futur est la projection imaginée de futurs moments présents qui n’auront peut-être pas lieu.

 

Pourtant, ça n’est pas ce que vous faites, ce qui vous occupe, c’est le passé que vous parcourez, et le futur où vous vous projetez.

Cet incessant aller-retour passé-futur et inversement occupe la quasi-totalité de votre vie, et peut se montrer contraignant - voire épuisant. Peut-être avez-vous déjà remarqué cela sans y réfléchir outre mesure (notre culture, comme les médias, ne nous y incitent pas).

Or ni passé ni futur n’ont de réalité, il faut bien en convenir.

Vous oubliez de vivre votre vie, car vous ne vivez pas au présent.

Et même si vous vivez un moment heureux, vous ignorez qu’il l’est, car votre mental vous entraîne déjà dans un futur imaginaire pour tenter d’y en trouver d’autres - plus intenses si possible. C’est demain que vous vous direz « - Hier c’était bien ». Avec le regret de ne pas avoir profité plus de ce moment passé trop vite - présent hier.

 

Vous répondez déjà, conforté.e dans votre vision qui est celle de tout-un-chacun, que sans le passé vous ne seriez rien : éducation, savoir acquis, physique longuement modelé par le sport, etc… critères qui font aujourd’hui ce que vous êtes (les manifestations de l’ego ne sont pas loin), et que vous avez de remarquables projets qui, eux, sont tournés vers l’avenir, un avenir radieux - espéré radieux pour le moins.

Certes il convient de réfléchir à ce que l’on fera demain ou dans quelques minutes, planifier un minimum sa vie a son importance et peut même se montrer vital.

Il n’est cependant pas nécessaire de laisser son mental s’emplir durablement du passé, avec son lot de regrets, d’erreurs commises, de reproches que l’on se fait,  de ses réussites, de ses moments heureux, ni de ses seuls projets, souvent vecteurs de soucis, de tracas, de craintes, de peurs, d’espoir de bonheur et autres sentiments injustifiés :

Le passé est un cadavre que l’on traîne plus ou moins volontiers. Est-on certain du futur ?

Le mental est un outil puissant qui n’a pas besoin de ressasser, il trouvera toujours la solution confronté à la situation. Pourquoi nous fait-il cela ?

 

Alors que peut-être, au lieu de laisser votre mental vagabonder vers des inutilités (trop souvent stressantes), vous pourriez passer quelques secondes de sérénité à tourner la clé en pleine conscience, corps apaisé, mental vide, faisant corps dans le silence avec la clé que vous tournez.

Ressentir sa matière, sa forme, sa douceur, sa rugosité, la froideur de son métal, sans penser à quoi que ce soit, concentré.e uniquement sur le ressenti de votre main, de vos doigts, l’écoute des divers déclics métalliques, du bruit du démarreur suivi de celui du moteur. Ceci sans avoir recours à la pensée qui veut analyser ces informations, les classer, les comparer avec d’autres, enfouies dans le passé où déjà le mental vous attire, à moins qu’il ne vous ait déjà replongé.e dans le futur, loin de la clé, le mental est tellement rusé que vous ne vous en êtes même pas aperçu.e.

Se concentrer exclusivement sur le ressenti (par l’intermédiaire des sens) a la faculté de vider le mental. Et d’être soi-même, non son esclave.

Le mental vidé de la pensée, ne serait-ce qu’un instant, nous offre un aperçu du bonheur sans cause.

Ce bonheur-là est gratuit (mauvais pour la consommation et la croissance, aussi les médias ne nous en parlent pas).

Qu’est–ce qu’une pincée de secondes de bonheur, c’est ridicule et insuffisant dites-vous. Certes. Mais nous pouvons inviter d’autres moments de bonheur tout au long de notre journée, et former notre mental plutôt à les ressentir qu’à nous harceler de pensées que nous ne choisissons pas. Cesser ainsi d’être l’esclave permanent de notre mental.

 

Les moments où nous avons été le plus heureux,se dans notre vie sont ceux où nous ne pensions pas, où nous ne parlions pas non plus. Réfléchissez-y, vous avez des réponses en vous.

Il ne s’agit ni du plaisir ni de la joie, états fugitifs, mais du bonheur sans cause apparente, un état que nous pouvons puiser à l’intérieur de nous, en nous connectant sur le moment présent.

 

Tournez donc la clé - si vous le pouvez, car la pleine conscience de ce simple geste est un exercice demandant beaucoup de concentration. La preuve en est que vous le découvrez. Maintenant.

Et si toutefois, en tournant cette clé, vous aviez un aperçu, non seulement de ce qu’est le moment présent, mais aussi de la paix intérieure qu’il contient et qu’il est prêt à vous offrir, pourquoi ne pas persister, de temps à autre, à « tourner » d’autres moments présents à votre avantage, pour retrouver cette paix intérieure que l’on ne nous permet plus ?

 

Pour celles & ceux qui persisteraient encore à lire ces « naïvetés utopistes » :

 

Lorsque vous marchez seul.e (dans la rue, sur un chemin quelconque, du parking au lieu de travail ou poussant le chariot du supermarché alors que vous êtes « pressé.e », etc…), demandez-vous :

« - Qui marche ? »

Suivez alors le même raisonnement que pour la clé de contact, le mental, le corps - et la respiration - uniquement dédiés à la marche :

Avez-vous déjà marché en sachant que vous marchiez ?

Avez-vous ressenti le contact de votre pied avec le sol, le geste décomposé de la marche, les sensations de vos jambes en action, suivi de bout en bout votre respiration et ses étapes ?

Peut-être n’avez-vous jamais marché en pleine conscience, ou bien très rarement : par exemple si marcher présente un risque, dans la boue, la neige, la glace, les sables mouvants, l’escalier raide, ou, pour une raison quelconque, de façon silencieuse.

Dans ces situations-là vous ne pensiez-pas, vous marchiez : vous étiez uniquement concentré.e sur le processus de la marche (dont votre sécurité ou même votre vie pouvait dépendre).

Peut-être, en dehors de ces situations, n’avez-vous jamais marché…

Essayez donc de savoir que vous marchez (en marchant un peu plus lentement qu’à l’accoutumée, prenez le temps, le temps vous appartient, réappropriez-vous-le !).

Constatez-vous quelque chose de nouveau en vous ?

- Vous seul, vous seule détenez la réponse.

 

Ces exercices pourraient être pour vous le départ d’une nouvelle vie - plus sereine probablement. Peut-être même plus heureuse. De nombreuses personnes dans le monde ont déjà fait cette démarche avec succès.

 

Mais vous n’en ferez rien, vous êtes tellement bien, à l’abri du présent, à l’abri de la vie dans cette prison dorée régie par le temps : passé-futur-passé-futur-passé-futur-passé-futur… / Tic-tac-tic-tac-tic-tac-tic-tac…

Installez-vous donc un peu plus souvent entre le tic et le tac, là où réside la vie, hors du temps : au présent.

 

Et… la vaisselle ?

Et… la cuisine, manger ?

Et… faire la queue ?

Et… enfiler ses chaussettes ?

Et… préparer le thé ?

Et… le jardinage ?

Et… ?

Et… ça aussi ?

 

 

C’est idiot n’est-ce pas, qui va perdre son temps à ces enfantillages ?...

 

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Si, malgré le soin approrté à la rédaction, omission coupable aujourd’hui, hautement punie des Néoféministes, quelques « .e » faisaient défaut, en voici à discrétion : .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e .e     .

 

JCP Sept-Nov/2019

D’après la phrase citée en début de texte et relevée dans la préface de l’ouvrage « Esprit guide » de Karlfried Graf Dürckheim, Éd. Albin Michel.

 

CONNAÎTRE LA MÉDITATION ZEN :

(Ces ouvrages très connus ont été tirés à des millions d'exemplaires)

 

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PRATIQUER LE ZEN À TOULOUSE :

SUD TOULOUSE ZEN

 

 

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21 novembre 2019

Koan : Quelle est la richesse du moment présent ?

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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                                                                  ◄ ►

 

                                       Rien ne se monnaie

                                       de l’impalpable richesse

                                       du moment présent

 

                                       mais quiconque sait la voir

                                       est riche de l’or du monde

 

                                                      ►◄

 

Inspiré par le koan* cité en titre et écrit sous la forme tanka**.

JCP  Octobre 2019

* KOAN : courte phrase ou brève anecdote paraissant absurde ou paradoxale utilisée dans certaines écoles du bouddhisme zen comme objet de méditation.

** Tanka : forme de poésie japonaise dont la métrique est 5-7-5 + 7-7.

Posté par J Claude à 10:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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04 octobre 2019

Deux citations : Anne Roumanoff & John Lennon

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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"J'ai passé ma vie à faire attention

sans faire attention à la vie"

 

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"La vie est ce qui se passe lorque nous sommes occupés à d'autres projets"

 

 

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Il peut se voir en ces deux citations un certain rapprochement avec la philosophie de vie pronée par le Zen.

La première phrase, extraite d'un des sketches d'Anne Roumanoff, est citée par Jean-Michel Pierre dans son ouvrage "Pratiquez ZAZEN ! Merveilles de la simple assise immobile et silencieuse" - lecture recommandée. Éditions Groupe CCEE "Autres Talents", 2012, http://autres-talents.fr

 couverture copie

Quatrième de couverture :

                                              Kensan Jean-Michel Pierre a voulu rendre hommage à son maître Kotaï Raymond Lambert et présenter, en se fondant sur de multiples citations, une pratique simple et profonde, laïque et ouverte, "trésor inestimable pour l'homme d'aujourd'hui" selon Maître Deshimaru, qui déclarait par ailleurs : "Bien sûr, il ya le bouddhisme zen qui est un cadre traditionnel avec ses disciplines, ses rites et ses règles. Et il y a le Zen qui est ouvert à tous en ce qu'il représente d'universalité de la conscience et de la pratique de la méditation, par la parfaite posture de zazen".

Jean-Michel Pierre est professeur de mathématiques en classe préparatoire à Toulouse. Après avoir coanimé l'Association Zen de Reims pensant près de dix ans, Kensan enseigne actuellement la Technique Nadeau, la préparation à la posture et la pratique de zazen au sein de l'association Sud Toulouse Zen.

Pour les Toulousains : en vente à "Ombres Blanches", rue Gambetta.

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01 août 2019

Construire un shoggi

 

Construire un shoggi démontable

pour la méditation en voyage, dans la nature, au jardin,

au dojo, ou simplement chez soi

Mises à jour : 17/12/18, 15/2/19, 18/09/19, 20/11/19, 30/01/20, 24/03/20, 19/06/2020, 17/08/2020

 

AVERTISSEMENT : Un des plus fréquentés de ce blog, cet article n'est pas la manifestation d'orgueil d'un bricoleur se prenant pour un quelconque génie.

La réalisation décrite ici est issue d’un cahier des charges répondant à un besoin réel, établi au sein d’une communauté de méditants expérimentés : six exemplaires de ce tabouret de méditation sont en effet utilisés au quotidien et avec satisfaction par des membres de « Sud Toulouse Zen » depuis 2018.

Les critères ayant présidé à la conception ont été : technicité (réponse au seul besoin et au plus près), confort, légèreté, rigidité, simplicité, démontabilité. Peu privilégié, le prix de revient s'est en outre révélé modeste.

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           Le shoggi est le tabouret de méditation utilisé en remplacement du coussin traditionnel, le zafu, lorsque le méditant ne peut l'utiliser pour des raisons personnelles (douleurs articulaires excessives, arthrose, âge, séquelles d'interventions chirurgicales - ou simple préférence) :

 

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MÉDITER TOUT DE SUITE

                     N'exigeant pas d'initiation et ne provocant pas de douleurs articulaires, le shoggi permet de méditer quasi-immédiatement dans une posture stable.

Ainsi les gens pressés, si nombreux aujourd'hui, peuvent-ils commencer à méditer sans "perte de temps". Et qui sait s'ils ne reconnaîtront pas bientôt que, comme le dit le proverbe patagon "Quien se apura pierde su tiempo" - Qui se presse perd son temps.

 

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                                        Cependant, les shoggis du commerce rencontrés, souvent à taille unique et généralement trop bas, peuvent provoquer des douleurs articulaires ou des crampes dues aux membres inférieurs trop fortement repliés (selon morpholgie). Fait aggravant, à l'opposé du zafu, ils ne sont aucunement rembourrés.

D'où l'intérêt d'en construire un adapté à sa morphologie, tout en y apportant plus de confort. Le cintrage de l'assise ne paraît pas vraiment utile. (Autrement qu'à compresser le nerf sciatique - certaines/certains comprendront.)

Et pourquoi ne pas le construire le plus léger possible et facilement démontable pour le voyage et la méditation dans la nature (valise, sac à dos).

Pour une personne de poids moyen, on peut oser le contreplaqué de 10 mm., qui s'avère suffisamment rigide et résistant, même sur sol inégal. Les trous et la forme trapézoïdale de l'assise n'ont d'autre objet qu'un poids optimisé, ici 844 grammes. Si l'on a des craintes, passer à 12 mm. comme décrit en second, bien qu'en cas de rupture on ne puisse guère tomber de haut.

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Un peu de géométrie, un soupçon de mécanique (les lois du plan incliné) :

P étant le poids du méditant, les efforts se décomposent en F1 (effort sur l'assise du shoggi) et F2 (effort vers l'avant se transmettant aux genoux). On voit que, si l'angle augmente, l'effort sur les genoux augmente. Un shoggi horizontal (tabouret banal) ne transmettrait aucun effort aux genoux. Un angle d'assise proche de la verticale transmettrait au contraire une grande part du poids du corps sur les genoux.

Or, un léger effort sur les genoux s'avérant indispensable à la bonne stabilité en méditation, un équilibre, en accord avec la morphologie du méditant, est donc à trouver.

 

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 Critères à prendre en compte :

- La hauteur : selon la souplesse des membres inférieurs (genoux, chevilles), le volume des mollets et la taille de la personne. Ici 213 mm. hors tout pour une taille de 1m. 75.

- L'angle d'inclinaison de l'assise, qui fait basculer le bassin vers l'avant et cintrer légèrement le dos. De 7 à 10°, ici 7,5°.

Noter que le shoggi démontable permet de remplacer les pieds dans d'autres hauteurs et avec un angle différent, pour arriver à la bonne ergonomie après tâtonnements. (Le contreplaqué est une denrée bon marché).

Image ci-dessous: apparaissant avec l'usage d'un shoggi trop bas, une des sources de douleur, courante et souvent prohibitive, résulte d'un étirement contraint de l'extrêmité du pied dans l'alignement du tibia (position en quelque sorte comparable à la "pointe" en danse classique).

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FOURNITURES :

- Contreplaqué 10 mm. du shoggi présenté en premier pour un poids total de 844 grammes (utilisateur poids 70 KG et taille 1m75) :

Assise : 160 mm. X 420 mm.

Pied : 160 mm. X 183 mm. Petite hauteur : 162 mm. (angle 7,5 degrés). Prévoir dès l'achat du prédécoupé (rectangulaire à recouper pour l'inclinaison) plusieurs jeux de pieds.

- Profilé de bois léger raboté plus ou moins carré 22 mm. X 25 mm. ou 23 X27 selon provenance.

- 8 Vis à bois tête fraisée 90° Ø 5 X 30 mm. pour assembler les 4 "carrés" sur l'assise.

- 2 Boulons à bois tête ronde collet carré M6 X 60 mm.

- 2 Écrous papillon M6.

- 2 Rondelles plates Ø 6 mm (facultatif).

- Plaque caoutchouc mousse haute densité épr. 10 mm. à découper au cutter (ici 2 épaisseurs) ; coller à la colle néoprène. La mousse basse densité s'affaisse rapidement.

- Papier verre

- Lasure, peinture, vernis, finition au choix ou pas de finition.

 

OUTILLAGE :

Courant : perceuse, foret Ø 5, Ø 6, scie égoïne, vrille, tournevis...

 

DÉTAIL D'ASSEMBLAGE IMPORTANT :

Assembler chaque pied et ses 2 bouts de "carrés" de 22 X 25 mm avec le boulon à bois écrou papillon bien serré avant de visser les 8 vis à bois (2 par carré) depuis le haut de l'assise. (Afin de permettre le serrage efficace et sans jeu du pied entre les deux carrés par la suite).

 

SUGGESTION : qui osera la fibre de carbone pour moins de 400 grammes ?...

 

 Shoggi de voyage 844 grammes

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Aucune difficulté pour le moindre des bricoleurs (trous d'allègement et assise trapézoïdale en option). Le chanfreinage des deux carrés latéraux permet de ne pas gêner les talons.

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Esthétique et finitions n'ont pas été privilégiées (mais on le peut).

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 Construction plus simple avec du CP de 12 mm au lieu de 10 (poids 1.044 grammes)

Pieds et assise vue de dessous

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Pieds et assise vue de dessus montrant les 8 vis Ø 5 X30 F/90° de fixation des 4 taquets avant le collage du revêtement mousse.

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Croquis rapides pour le shoggi ci-dessus réalisé en contreplaqué de 12 mm. 1 Clic pour récupérer l'image à la taille réelle.

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 Cotes entre parenthèses données pour une personne de taille moyenne

 

Plaque de mousse utilisée (vendue dans les grandes surfaces de bricolage)

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 Fabrication en petite série

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Nouvelle série (collection d'automne)

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Plus simple de construction et plus "civilisé", un shoggi "de salon" taillé dans un profilé de bois courant (140 mm X 27mm).

Assemblage par 6 vis à tête fraisée et rembourrage identique au précédent. La baguette sur le pourtour retient le tissu élastique (jersey fluide type jambe de pantalon féminin) qui recouvre la plaque de caoutchouc mousse haute densité.

Poids : 1.500 grammes.

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DANS LA NATURE

                                                

                    Construire des pieds de shoggi pour méditer dans la nature (ou dans son jardin) nécessitant une surface d'appui au sol plus importante qu'en intérieur (ça s'enfonce, tiens !), on peut élargir les pieds à la base par simple collage, ou collage-chevillage comme ici, d'un profilé de bois léger de 25 mm X 20 mm par exemple. Prévoir aussi ces pieds-là un peu plus hauts pour les mêmes raison d'enfoncement et de sol irrégulier (+2 cm. par exemple).

Prévoir plus large en cas de sol marécageux ou de pratiquant(e) corpulent(e)...ou plus encore si les deux conditions sont réunies !

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 Détail des pieds.

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Shoggi utilisé ici en simple tabouret avec des pieds élevés pour contemplation, lectures édifiantes, affût de photo animalière, pêche (no kill please), chasse au Snark, grattage archéologique, repiquage de salade ou cueillette scientifique de pâquerettes...

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PLAIDOYER POUR UN SHOGGI

               Il est à noter que le shoggi n'est pas toujours le bienvenu dans certains dojos, les puristes ne jurant que par le zafu. Si la posture sur shoggi peut rivaliser en stabilité avec le zafu, elle présente en effet une moindre ouverture des membres inférieurs (peu notable cependant si on écarte suffisamment les genoux), ce que certains maîtres hindous considèrent comme néfaste, notamment, à la circulation des énergies. Il est bon cependant de considérer l'état physique, comme l'âge et le manque de souplesse de celle ou celui à qui le zafu est impossible : méditer sur shoggi ou ne pas méditer, telle est la question.

La position sur shoggi peut paraître en tout cas préférable à celle d'un lotus approximatif ou, pire, à celle sur chaise.

              Certain dojo parisien interdirait même (de nos jours) la pratique sur shoggi - et donc exclurait par là le pratiquant aux prestations physiques réduites par l'âge ou les accidents de la vie, au mépris de sa sincérité : où est, si chère au bouddhisme, la compassion ? - Noyée dans l'oubli de ceux qui souffrent (physiquement) au profit d'une élite jeune et sportive capable d'un lotus flamboyant ?

 

JCP  Février-Décembre 2018, février 2019

 

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Ouvrages d'Eckhart TOLLE :

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 BIBLIOTHÈQUE ZEN:

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PRATIQUER LE ZEN À TOULOUSE :

 SUD TOULOUSE ZEN

 

05 mars 2019

La saveur du rien (1000)

 


DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Si certains ont vanté les plaisirs minuscules

Et loué d’un demi jusqu’à la mince bulle,

Ou bien dans la poussière échappée du balai

Vu sans porter gilet la chute du Palais,

 

J’ai découvert pour vous, n’en déplaise au poète,

Ce qu’est le vrai bonheur sans décor ni paillettes :

Sur la toile de fond d’un silence parfait,

Délaissez tous les bruits soient-ils beaux soient-ils laids.

 

Sentez-vous respirer. Et posé sur coussin

Ne bougez plus les pieds ne bougez plus les mains.

Au penser non-pensé d’un attentif rien-faire,

Vous le verrez passer, petit grain de lumière :

 

L’atome de plaisir où perce le bonheur

Soudainement grandi adoucit le malheur,

Et le sourire doux qui fleurit à la lèvre

Vaut bien tous les bijoux faits des meilleurs orfèvres.

 

Et de ce premier pas sur le chemin sans pas,

Peut-être au fond de vous quelque chose naîtra.

 

 

 

JCP 03 2019 Pour Les Impromptus Littéraires : D’après « Les Plaisirs minuscules » de Philippe Delerm.

 

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24 décembre 2018

Des nouvelles du Père Noël

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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Surmené depuis trop longtemps, le Père Noël a pu enfin

retrouver calme et compassion grâce à zazen.

Ainsi devrions nous recevoir le cadeau juste*.

 

 

* Faut dire qu’une session de chasse au Kenya pour ma petite voisine Chloé (11 ans) et des sex toys pour Sœur Marie-Thérèse (Carmélite à  Ste Marie de Boulaur) en 2017...

Jyssépé

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02 septembre 2018

Maintenir le maintenant

 

DU CÔTÉ DU ZEN

 

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VOUS ÊTES PRESSÉ (PRESSÉE) :

- 1 Sinapisme de Lenteur matin et soir (appliquer sur tout le corps).

- 1 Cuillérée à soupe de Rien-Faire-Attentionné le matin (renouveler le soir si nécessaire).

Essayer le traitement gratuitement et sans engagement : voir plus bas.

 

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- Dans un lieu calme et peu éclairé, asseyez-vous en position stable et détendue sur une chaise à l’assise ferme* :

               - Dos droit

               - Menton légèrement rentré

               - Mains à plat sur les cuisses

               - Yeux fermés

 

- Laissez votre respiration s’apaiser d’elle-même. Rien ne presse. Vous êtes arrivé(e).

 

- Observez attentivement votre respiration sur ses quatre temps :

Inspiration / transition / expiration / transition.

 

- Fixez toute votre attention sur les sensations de l’air qui circule à l’intérieur de votre nez.

Tout en comptant mentalement de 1 à 10 sur chaque expiration :

     Inspiration / 1

     Inspiration / 2

     Inspiration / 3

     Etc…

 

- Vous n’êtes pas parvenu(e) jusqu’à 10 :

Une, ou plusieurs pensées se sont emparées de votre mental contre votre volonté, interrompant votre décompte et votre concentration.

Curieusement, ces pensées concernent passé et futur, domaines de l’inexistant et de l’improbable, jamais le présent. Sont-elles toutes utiles ?

Reprenez alors à 1 et poursuivez. Rien ne presse. Vous êtes arrivé(e). Souriez.

 

- Au terme de plusieurs tentatives, vous êtes parvenu(e) à 10 (ou même à 8), sans que le flux des pensées ait pu vous déconcentrer : c’est une grande victoire sur vous-même !

(César lui-même, connaisseur en victoires, déclarait que ces victoires-là sont les plus difficiles).

Pratiquez assidûment cet exercice au moins vingt minutes au quotidien, et vous connaîtrez, mental progressivement apaisé, le bonheur de la méditation dans le non-penser. Bonheur qui s'insinuera progressivement dans votre vie de tous les jours si vous persistiez à pratiquer cet exercice simple.

Vous pourrez alors ajouter ce demi-sourire, à maintenir le plus longtemps possible, à votre pratique (le sourire du Bouddha). Et vous n'utiliserez le comptage de 1 à 10 que lorsqu'il vous deviendra nécessaire.

 

Et peut-être deviendrez-vous bientôt un pressé, ou une pressée serein(e).

       

* En position du lotus ou assis tailleur sur un coussin si vous en êtes capable.

 

 ◄►

 

                             Contrairement à ce que laisse supposer cet article, qui se veut simplement vulgarisateur, il est vital de ne rien attendre de la méditation car, à la manière de la pensée que l'on ne peut réprimer, mais qui s'efface en l'observant, vouloir pratiquer la méditation dans un but affirmé ne peut qu'en limiter les effets attendus, voire les détruire à terme.

Méditer dans cet esprit n'est pas méditer - c'est pourtant ce qui se pratique sous la houlette de certaines personnes, parfois de très bonne foi et même avec certains résultats, dans d'autres cas à des fins simplement mercantiles.

La méditation n'a aucun but. Sa pratique dans un esprit de profit quelconque la dénature, et ce que l'on appelle "développement personnel", terme qu'on ne s'étonnera pas d'avoir vu naître au pays du "rêve américain", est la manifestation de ce détournement.

 

 

EN RÉSUMÉ :

 

- Se concentrer.

- Ne prendre part à rien.

- Ne rien faire d'autre que ne rien faire : simplement assis (la difficulté réside là).

- Sans but ni esprit de profit.

 

 

JCP 09 2018

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13 juin 2018

La révolte des parapluies (0926)

 

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                                                                                                                                 Toulouse, rue Alsace-Lorraine, 2015

 

La révolte des parapluies

                                                                                                      Dédié à V.

 

 

                          Il plut tant cette année-là qu’un surcroît de travail fut exigé des parapluies, dont la fibre n’avait le temps de sécher entre deux averses. La structure de certains connut l’oxyde, on vit des manches trop secs se fendre sous les trombes d’eau, et leur tissu affecté de moisissure.

                       Les météorologues, dépassés par la tâche et craignant pour leur vie, n’avaient d’autre recours que percer en cachette la paroi du pluviomètre, écartant la vindicte des masses courroucées par cet astucieux stratagème.

                          Et l’on vit même, catastrophe climatique jamais signalée, des laboratoires pharmaceutiques consacrés à l’effervescent exploser sans flamme ni fumée, tant le taux d’hygrométrie des airs avait passé le connu de cadrans obsolètes. La nuée guérisseuse ainsi répandue sur tout le sud du pays offrit bonne santé à tous - jusqu’aux hypochondriaques dépités.

                    Cependant, le peuple nombreux des parapluies continuait à souffrir, et ce fut le « SPPPH », Syndicat des Protections Portables Propres à l’Homme, accru des membres du « SPFPH » (remplacer « Portable » par « Fixe »), regroupant tentes et parasols (les tentes bédouines brillèrent d’une absence peu solidaire), qui porta l’alerte à la sourde oreille humaine trop préoccupée d’essorage, quant à la gravité de la situation par de vastes manifestations dans tout le pays.

                      Sous des airs purs tant ils étaient lavés, on vit la foule large de la Gent Protectrice assemblée sur les places, réunie dans les parcs et les squares, manifester dans un silence contenu leur affliction pluvieuse, privant ainsi de leurs bienfaits des humains mécontents. Sous les accents brisés d’orateurs bronchiteux, on soutenait malades et blessés d’une foule pitoyable qui n’aurait pas dépareillé dans la gueule béante des grottes à miracle.

                       En appelant à la chaude influence ibérique, la ministre du Temps - trop fraîchement nommée -, décréta l’éradication des Pyrénées. Et n’eût été la logistique coûteuse, la libre circulation nuageuse eût été rétablie, unifiant ainsi deux climatologies.

                       Dès lors sans protection sous une ondée permanente - telle que Darwin eût prédit nageoires et branchies aux races du futur -, l’humain désespéré, triste et désemparé, ne faisait qu’accroître le déluge infernal du flot continu de ses larmes.

On vit des suicides heureux accomplis par le feu.

                      Cette situation aurait pu perdurer si, après tant de pluie, le beau temps ne fût revenu. Alors la pluie cessa. Et, flaques asséchées, parapluies apaisés, consolés et soignés, la vie reprit son cours sous un soleil radieux.

 

 

JCP 13 05 2018, sur une idée de parapluie évoquée par V.

 

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